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Le Monde, AFP, 10 février 2004

Proche Orient : La Cour suprême israélienne examine la ligne de séparation

Les Etats-Unis préparent une "Initiative pour le grand Proche-Orient"


La Cour suprême d’Israël a examiné lundi deux appels sur la barrière de séparation que l’Etat hébreu érige en Cisjordanie, tandis qu’un ministre palestinien a annoncé un sommet entre les premiers ministres Ariel Sharon et Ahmed Qoreï vers le 20 février 2004.

En Cisjordanie, un activiste palestinien a été tué dans un accrochage avec des soldats israéliens, alors que deux Palestiniens ont été retrouvés morts à Gaza. Ces décès portent à 3 745 le nombre de tués depuis le début de la deuxième Intifada en septembre 2000, dont 2 802 Palestiniens et 875 Israéliens.


A deux semaines de la réunion de la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye sur la légalité de la barrière, la Cour suprême a examiné des appels du centre de défense de l’individu et de l’association pour les droits civiques, protestant contre son tracé qui s’enfonce profondément en Cisjordanie afin d’englober les principales colonies juives.

L’instance juridique suprême d’Israël devrait rendre son arrêt dans les prochains jours.

Le mini-cabinet israélien, de son côté, a reporté à jeudi sa décision en vertu de laquelle soit il boycottera les séances de la CIJ, soit il y défendra sa cause.

Le président du Conseil national de sécurité, Giora Eiland, chargé par M. Sharon de superviser le dossier, a reconnu dimanche à Munich, en Allemagne, que des erreurs avaient été commises dans le tracé et que celui-ci pourrait être rectifié, a rapporté le journal Haaretz.

Conscient de l’importance de la bataille qui se joue sur le front de l’opinion, Israël envisage de peindre une partie de cet ouvrage pour atténuer l’impact négatif des énormes blocs de béton dressés par endroits et filmés par les télévisions, selon le ministère des affaires étrangères.

Cet ouvrage est supposé, selon Israël, empêcher l’infiltration de kamikazes palestiniens sur son territoire, mais il est qualifié de "mur de l’apartheid" par les Palestiniens, qui y voient un moyen visant à annexer de facto des secteurs entiers de leur futur Etat.

Le premier ministre palestinien, Ahmed Qoreï, a commencé à Dublin une tournée en Europe pour mobiliser l’opinion contre cet ouvrage qui s’inscrit dans un plan plus vaste de séparation unilatérale d’avec les Palestiniens dévoilé en décembre par M. Sharon.

M. Qoreï a réclamé une réunion au plus haut niveau et "le plus vite possible" du Quartet -Etats-Unis, Union européenne, Russie et ONU- afin qu’il se mobilise contre le "mur".

La direction palestinienne envisage de contrer le plan de séparation de M. Sharon en proclamant un Etat indépendant en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, a indiqué Yasser Abed Rabbo, membre du comité exécutif de l’OLP.

A Madrid, où il est en visite, le chef de la diplomatie palestinienne, Nabil Chaath, a annoncé qu’un sommet Sharon-Qoreï se tiendrait "vers le 20 février" et souligné que les Palestiniens étaient "déterminés à poursuivre le processus de paix".

M. Qoreï, qui n’a jamais rencontré Ariel Sharon depuis sa prise de fonctions à l’automne 2003, a estimé dimanche que la rencontre aurait lieu avant fin février.

Par ailleurs, M. Sharon, qui aura 76 ans le 26 février, a subi lundi soir avec succès une opération destinée à lui supprimer des calculs vésicaux et regagnera dans les prochaines heures son domicile pour s’y reposer, a annoncé la présidence du conseil.

Sur le plan de la politique intérieure, le Parlement israélien a repoussé à une faible majorité quatre motions de censure présentées par des formations de l’opposition contre le gouvernement Sharon.

Enfin, l’armée israélienne a annoncé dans un communiqué l’arrestation lundi à Naplouse, en Cisjordanie, d’un important chef du Tanzim -nom par lequel elle qualifie les groupes armés issus du Fatah-, Nasser Abou Rajeb.

Avec AFP

"Initiative pour le grand Proche-Orient"

Les Etats-Unis travaillent à un vaste plan international pour soutenir les réformes et la démocratisation au Proche-Orient, qui pourrait être lancé au sommet du G8 en juin.

Après la guerre en Irak, ce projet viserait à aider à la transformation en profondeur d’une région dont Washington craint que, faute de réformes, elle ne continue de constituer sur le long terme un foyer de tensions et de terrorisme. Les Etats-Unis souhaitent associer, en plus du G8 (pays les plus industrialisés), de grandes institutions occidentales comme l’OTAN et l’Union européenne. Outre les pays du Proche-Orient, cette initiative pourrait concerner certains pays asiatiques.

Le secrétaire d’Etat américain, Colin Powell, a déclaré que ce projet visait à fédérer diverses formes d’aide ou d’incitations à progresser sur la voie des réformes sociales et politiques, et de l’ouverture à l’économie de marché.

Le plan chercherait à rassembler ce qui se fait déjà dans ce domaine et "ce qui pourrait encore être fait, et voir comment institutionnaliser tout cela", a-t-il déclaré. "Nous regardons comment nous pourrions rassembler tout cela pour soutenir les réformes au Proche-Orient", a-t-il ajouté à l’issue d’une rencontre avec le prince héritier de Bahreïn, Cheikh Salmane ben Hamad Al-Khalifa : "Il ne s’agit pas d’imposer quelque chose à cette région, mais de voir comment travailler avec elle."

Selon le Washington Post de lundi, les gouvernements occidentaux proposeraient aux pays s’engageant dans des réformes de développer les relations politiques, d’augmenter les aides, de faciliter leur adhésion à l’Organisation mondiale du commerce (OMC) ou encore de conclure des accords sécuritaires.

Washington a fréquemment présenté la guerre en Irak comme un préalable à ce vaste dessein, assurant que la chute de Saddam Hussein et les perspectives de voir une démocratie émerger à Bagdad constituent un signal fort pour faire évoluer l’ensemble de la région, par la voie pacifique cette fois.

Les critiques font valoir que ces bonnes intentions sont battues en brèche dans les opinions arabes par la paralysie des efforts pour régler le conflit israélo-palestinien, le soutien privilégié accordé par Washington à l’Etat hébreu, et l’appui accordé à des régimes arabes répressifs mais pro-américains. Le département d’Etat a indiqué que ce projet avait été discuté vendredi lors d’une rencontre entre M. Powell et son homologue français, Dominique de Villepin, et lundi avec le chef de la diplomatie néerlandaise Ben Bot, dont le pays va assurer la présidence de l’Union européenne au second semestre 2004.

Le sujet a également été discuté avec le nouveau secrétaire général de l’OTAN, Jaap de Hoop Scheffer, lors d’une visite à Washington, fin janvier 2004.

Selon des responsables américains, le projet que Washington souhaite lancer lors du sommet du G8 sous présidence américaine en juin en Géorgie (sud-est des Etats-Unis) pourrait être baptisé "Initiative pour le Grand Proche-Orient" (Greater Middle-East Initiative).

Agence France Presse

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