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jeudi 22 juin 2017
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AP, 5 février 2005

France : Mobilisation massive pour la défense des 35 heures


PARIS (AP) - Pari réussi pour les syndicats. Plus de 300000 personnes -salariés du public et du privé- ont défilé, samedi 5 février 2005, dans toute la France, à l’appel de la quasi-totalité des organisations syndicales, pour protester contre la remise en cause des 35 heures et défendre les salaires, l’emploi et le code du travail.


Alors que la CFDT avait fixé la barre du succès à 300000 personnes au niveau national, le ministère de l’Intérieur en a comptabilisé 321000 à travers 140 manifestations, tandis que le nombre de 500000 participants était avancé de source syndicale. La plus grosse manifestation de la journée a eu lieu à Paris avec 30000 personnes selon la police, 90000 selon les syndicats.

Forts de cette réussite, qui constitue un sérieux avertissement pour le gouvernement et témoigne d’une mobilisation plus forte qu’au moment de la journée d’action du 20 janvier 2005 des fonctionnaires, qui avait réuni entre 210000 et 330000 personnes dans les rues selon les sources, les syndicats envisagent déjà la suite.

Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, souhaite que « dès lundi [7 février 2005], dans les entreprises, les salariés se réunissent pour discuter des formes que cette suite devra prendre ».

Le secrétaire général de FO, Jean-Claude Mailly, plaide, lui, pour le déclenchement de grèves interprofessionnelles. Les quatre confédérations à l’origine de cette journée (CGT, CFDT, FO et CFTC) doivent se revoir dans le courant de la semaine prochaine pour faire le point sur la situation.

Partout, samedi 5 février 2005, les manifestants se comptaient par milliers, voire dizaines de milliers. A Bordeaux, ils étaient 20000 à 23000 selon les sources, 14000 à 25000 à Toulouse, 10000 à 15000 à Rennes, entre 10000 et 50000 à Marseille, 7400 à 15000 à Lyon, entre 7000 et 9000 à Grenoble, 6500 à 10000 à Montpellier, 4000 à 10000 à Saint-Etienne, 2500 à 3000 à Périgueux, 5000 à Pau selon les organisateurs, et selon la police 3300 à Strasbourg, 3000 à Annecy, 2300 à Nancy, 2200 à Mulhouse, 2000 à Chambéry ou encore 1500 à Agen. A Lille, le défilé a rassemblé entre 9000 et 15000 manifestants parmi lesquels Martine Aubry, Dominique Strauss-Kahn et Jack Lang venus défendre « l’acquis social » des 35 heures.

« Les manifestations vont nous permettre d’être plus forts au Parlement, plus mobilisés, pour convaincre si possible le gouvernement de renoncer à cette régression sociale » a déclaré de son côté le premier secrétaire du parti Socialiste, François Hollande, qui défilait dans les rues de Rennes.

Partout, des salariés d’entreprises privées, pas forcément habitués à battre la pavé, avaient rejoint les cortèges. A Toulouse, par exemple, on notait la participation de manifestants d’entreprises des secteurs aéronautique, spatial ou industriel comme Liebherr Aerospace, EADS-Astrium, Microturbo, Airbus, Siemens, Thales, Freescale, mais aussi commercial comme Carrefour, ou la Fnac. « En dehors des hautes périodes comme Noël, où on travaille déjà jusqu’à 39 heures, on fait habituellement 36 heures par semaine, au lieu de 35 heures, et avec de plus en plus de travail car il n’y a pas d’embauches à la Fnac. Dans un contexte de pression sociale, il sera difficile, surtout pour les employés précaires, de refuser les heures supplémentaires que nos patrons nous proposeront », s’est inquiété Eric, salarié de la Fnac à Toulouse, qui avait débrayé pour la matinée.

A Lyon, on remarquait, parmi les manifestants, des employés de la métallurgie, de la chimie, des centres d’appel, du secteur bancaire, et de la grande distribution.

Du côté du secteur public, on croisait aussi dans tous les cortèges des cheminots, des agents de la Poste ou d’EDF et GDF, de la fonction publique hospitalière, ou encore les personnels de l’Education nationale ainsi que des lycéens et des étudiants venus, pour leur part, protester contre la loi d’orientation sur l’Ecole. La réforme des retraites de 2003, celle de la « Sécu » en 2004, ou encore les restrictions budgétaires dans la Fonction publique étaient également brocardées. A Paris, les protestataires ont défilé dans le calme derrière une banderole sur laquelle on pouvait lire : « 35 heures, salaires, emploi, code du travail : Public-privé ensemble ».

« Je ne crois pas qu’on puisse utiliser le terme de "mobilisation fourre-tout". Ce qui se passe aujourd’hui témoigne du malaise social qui s’installe suite à une série de mesures, à une politique décidée par le gouvernement. Et plus nous serons nombreux à répéter que nous ne sommes pas contents, plus nous pousserons le gouvernement à changer de ligne », a déclaré le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, qui participait à la manifestation parisienne.

« Il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre », a-t-il ajouté en prévenant qu’« il y aura une suite à cette journée ».

Jean-Marie GODARD

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