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Le Monde, 6 février 2005

Irak : Le Comité des oulémas sunnites exige un calendrier de retrait des forces étrangères


Le Comité des oulémas sunnites a affirmé, samedi 5 février 2005, qu’il demandait un calendrier de retrait des forces étrangères pour participer à la rédaction de la Constitution, à l’issue d’une réunion du président de la principale association religieuse sunnite d’Irak avec le représentant de l’ONU.


L’émissaire du secrétaire général de l’ONU en Irak, Ashraf "Qazi, a demandé au Comité qu’il participe au processus politique et à la rédaction de la Constitution. Nous lui avons dit que nous avions des demandes que nous discuterons avec les parties qui ont boycotté le scrutin et nous annoncerons une position commune", a déclaré le porte-parole du Comité, Omar Ragheb. "Ces demandes sont d’atteindre avec toutes les parties politiques un consensus pour (un calendrier) de retrait des forces étrangères", a-t-il ajouté. "Alors, les sages du pays diront aux résistants : "Pas besoin de faire couler le sang", a dit le porte-parole du Comité qui a boycotté les élections du 30 janvier 2005.

Nécessaire entrée dans l’arène politique

Les dignitaires religieux sunnites irakiens ont décidé d’entrer dans l’arène politique pour unifier leur communauté totalement désemparée, en s’inspirant de l’exemple du clergé chiite avant les élections. La participation au scrutin du 30 janvier a été faible en raison des appels au boycottage, des menaces de la résistance et plus généralement de la désaffection, car le pouvoir a échappé aux sunnites, pour la première fois depuis la création de l’Irak moderne, il y a 80 ans.

Face aussi aux Kurdes, regroupés autour de leur deux partis politiques traditionnels, qui cette fois ont fait alliance, les dirigeants arabes sunnites peinent à trouver une instance unificatrice et prévenir ainsi leur marginalisation, surtout lorsqu’il s’agira de rédiger la Constitution.

Le Comité des oulémas musulmans, qui affirme gérer près de 3000 mosquées sunnites à travers le pays, semble vouloir prendre la tête de la communauté déboussolée depuis la chute de Saddam Hussein, en avril 2003. "Nous sommes la Marjaïya sunnite. Parfois nous parlons de questions politiques car nous sentons qu’il n’y a pas réellement (au sein de la communauté) de mouvements politiques d’envergure nationale", a expliqué le porte-parole de cette institution, Omar Ragheb.

Retour sur la débaassification ?

"La communauté sunnite a le sentiment qu’elle doit s’engager dans le processus politique. Mais pour cela, c’est important qu’elle trouve des dirigeants en qui elle a confiance et ce n’est pas à nous de lui dire qui doit la représenter", confie un diplomate américain qui refuse d’être identifié.

"Sous Saddam et même avant, la direction sunnite n’a jamais été religieuse. Aujourd’hui, ce sont les religieux qui agissent pour remplir le vide", explique un expert du processus politique. "Pour les élections, la Marjaïya chiite s’est transformée en force politique agissante (...) Les oulémas sunnites tentent maintenant d’assumer ce rôle, mais c’est plus difficile, car cette communauté n’a pas d’hiérarchie religieuse et peu de partis réellement organisés", ajoute-t-il.

Avec une participation faible dans les régions sunnites, qui va réduire sa représentation parmi les 275 députés de l’Assemblée nationale transitoire, il s’agit de trouver un mécanisme permettant d’associer les dirigeants sunnites à la rédaction de la Constitution. Parmi les mesures incitatives pour remettre les sunnites dans le jeu, il est envisagé de leur garantir la présidence et de revoir la politique de débaassification qui avait purgé l’appareil de l’Etat de nombreux cadres de cette communauté.

Avec AFP et Reuters

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