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AFP, 7 février 2005

Crimes de guerre américains : La CIA remet de présumés terroristes à des pays pratiquant la torture


L’Agence centrale du renseignement (CIA) remet de présumés terroristes à des Etats soupçonnés de recourir à la torture et ces transferts de détenus sont actuellement "hors de contrôle", selon un ancien agent du FBI cité dans un article du New Yorker.


La torture "a été bureaucratisée" par l’administration du président américain George W. Bush et la pratique des transferts de suspects est "hors de contrôle", a déclaré Dan Coleman, un ancien expert de l’antiterrorisme au FBI (police fédérale) à la retraite depuis juillet 2003.

Dans un article intitulé "La torture externalisée" à paraître cette semaine, le journal affirme que les suspects sont souvent envoyés en Egypte, au Maroc, en Syrie et en Jordanie, "chacun de ces pays étant connu pour utiliser la torture lors des interrogatoires". "Tout ce que nous avons fait c’est de créer un cauchemar", a confié au New Yorker un ancien agent chargé de l’antiterrorisme à la CIA, Michael Scheuer. Selon le journal, les suspects ne bénéficient parfois d’aucune protection légale, alors que la législation américaine interdit l’expulsion ou l’extradition d’individus vers des pays où la torture est pratiquée. Selon Scott Horton, un expert en droit international, la CIA a ainsi "transféré" 150 personnes depuis 2001.

Le New Yorker affirme que des suspects venus d’Europe, d’Afrique, d’Asie et du Proche-Orient "ont été emmenés par des agents américains au visage masqué" et parfois embarqués de force à bord d’un jet pour les conduire dans des pays étrangers. Le magazine rapporte le témoignage de Maher Arar, un homme arrêté, en 2002, par des agents américains, à l’aéroport JFK à New York, qui affirme avoir été expulsé à bord d’un jet vers la Jordanie, puis la Syrie, où il dit avoir été torturé.

En détenant des suspects sans accès à un avocat et sans inculpation, l’administration américaine "a compromis ses chances de mettre en prison des centaines de terroristes présumés, ou même de les utiliser comme témoins dans pratiquement n’importe quel tribunal du monde", souligne le journal.

Les détenus soupçonnés de terrorisme sont considérés comme des "combattants ennemis" par le gouvernement américain, qui range dans cette catégorie les quelque 550 personnes détenues sur la base de Guantanamo, à Cuba, dans le cadre de la "guerre contre le terrorisme". Selon Washington, le statut de "combattant ennemi" ne permet pas à ces détenus de disposer des droits garantis par la convention de Genève sur le traitement des prisonniers de guerre.

Agence France Presse

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