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mercredi 22 mars 2017
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AFP, 10 février 2004

Le gouvernement, qui a repris trois villes, veut rétablir l’ordre en Haïti


Un jour ordinaire à Port-au-Prince

PORT-AU-PRINCE (AFP) - Le gouvernement du président haïtien , confronté à une insurrection armée ayant fait 42 morts depuis près d’une semaine, a repris le contrôle de trois villes et affirmé mardi vouloir rétablir l’ordre dans le pays en protégeant la population.

"Nous ferons ce que nous avons à faire pour rétablir l’ordre sans nuire à la population", a déclaré mardi le secrétaire d’Etat à la Sécurité publique, Jean-Gérard Dubreuil, lors d’une conférence de presse commune avec le ministre de l’Intérieur et des Collectivités Territoriales, Jocelerme Privert, et le secrétaire d’Etat à la Communication, Mario Dupuy.

"La police n’est pas préparée pour la guerre", a-t-il ajouté, dénonçant "les terroristes qui prennent les commissariats, les brûlent et s’en vont".

Scène de rue à Port-au-Prince, le 8 février 2004

Jean-Bertrand Aristide, à Port-au-Prince, le 8 février 2004


L’opposition politique haïtienne a de son côté affirmé mardi prendre ses distances avec les actions de ces groupes armés, alors qu’une mission d’évaluation de l’ONU est arrivée.

Après avoir repris la ville de Saint-Marc, verrou stratégique entre Port-au-Prince et les Gonaïves (nord-ouest), d’où est partie jeudi l’insurrection, la police était à nouveau présente lundi soir dans les bourgades de Grand-Goâve (sud-ouest) et de Dondon (nord).

Une localité haïtienne

Mardi 10 février 2004 au matin, aucun coup de feu n’était entendu à Saint-Marc, selon un journaliste local. A Dondon, deux personnes ont été blessées par balles et neuf maisons incendiées, selon des radios haïtiennes.

Huit villes ou bourgades restaient mardi aux mains de rebelles armés : les Gonaïves (200.000 habitants, 4e ville du pays), Gros Morne, Ennery, l’Estère, Petite Rivière de l’Artibonite, Trou du Nord, Anse Rouge et Saint-Raphaël.

Dans la nuit de lundi à mardi, des incidents ont aussi été signalés par les médias dans le nord à Cap-Haïtien, 2e ville du pays, où plusieurs banques de borlette (loteries populaires) appartenant à de présumés partisans de l’opposition ont été incendiées par des hommes armés. Le Cap-Haïtien est privé d’électricité depuis lundi et aucune voiture ne circulait mardi matin, faute d’essence.

A Port-au-Prince, deux personnes ont été blessées par balles par un groupe d’individus encagoulés, qui ont volé plusieurs véhicules privés.

Le Premier ministre haïtien Yvon Neptune s’est rendu par hélicoptère à Saint-Marc (à 96 km au nord de Port-au-Prince) et Grand-Goâve afin de montrer que l’autorité de l’Etat y demeurait forte.

"Nous distinguons le mouvement populaire, que nous soutenons et qui demande le départ de Jean Bertrand Aristide, des forces insurrectionnelles armées auxquelles nous ne nous identifions pas", a affirmé mardi à l’AFP l’un des responsables de l’opposition haïtienne, le socialiste Micha Gaillard.

Micha Gaillard

"Nous nous tenons à notre stratégie pacifique car la solution ne peut-être que pacifique et non armée", a ajouté le responsable, en déplorant "vivement la violence".

Mardi, les Nations Unies ont averti à Genève que les affrontements en Haïti pourraient déboucher sur une grave crise humanitaire. "Cette insécurité et cette violence nous font craindre une crise humanitaire majeure", a déclaré Elisabeth Byrs, porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA).

Cet avertissement a coïncidé avec l’arrivée en Haïti d’une mission d’évaluation de plusieurs agences humanitaires de l’ONU, dont l’OCHA et l’Unicef. Le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan avait annoncé lundi une présence accrue de l’Organisation dans ce pays en crise politique depuis 2000.

Kofi Annan

Dans un communiqué, le Haut Commissaire aux droits de l’homme de l’ONU Bertrand Ramcharan s’est déclaré mardi "gravement préoccupé par la situation des droits de l’Homme en Haïti" et a condamné "le recours à la violence de tous côtés".

Bertrand Ramcharan

Drapeau haïtien

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