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mercredi 22 février 2017
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AFP, 16 février 2005

Irak : Des organisations sunnites demandent "un calendrier de retrait des forces étrangères"


BAGDAD (AFP) - L’otage italienne détenue en Irak a lancé, mercredi 16 février 2005, un appel au retrait des forces italiennes dans une vidéo, tandis que le vice-président sortant, Ibrahim Jaafari, a été la cible de critiques, au lendemain de sa désignation, par les vainqueurs chiites des élections, comme candidat au poste de Premier ministre.


En larmes, la journaliste italienne, Giuliana Sgrena, 56 ans, enlevée, le 4 février 2005, à Bagdad, a demandé le départ des troupes italiennes, dans une vidéo diffusée par les télévisions italiennes. "Retirez-vous d’Irak, ce peuple ne doit plus souffrir. Personne ne doit plus venir en Irak. Faites quelque chose pour moi, faites pression sur le gouvernement pour qu’il retire les troupes. Ma vie dépend de vous", a-t-elle lancé. Mais son appel est resté lettre morte, la droite italienne au Sénat ayant voté mercredi la prolongation de la mission de ses soldats en Irak, contre l’avis de l’opposition de gauche. "La mission en Irak continue", avait lancé la veille le chef du gouvernement Silvio Berlusconi lors du débat au Sénat. "Abandonner maintenant l’Irak serait une trahison des espoirs de démocratie des Irakiens".

On était par contre toujours sans nouvelles de la journaliste française, Florence Aubenas, disparue, avec son guide irakien, le 5 janvier 2005, à Bagdad. Le ministre français des Affaires étrangères, Michel Barnier, a indiqué que la France avait eu "des indications" qui lui donnent "l’espoir" qu’ils pourront revenir un jour, mais le patron du journal Libération, Serge July, a déclaré que le gouvernement n’avait "pas de preuves de vie" des deux otages, à l’issue d’une réunion avec le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin.

En revanche, deux hommes d’affaires libanais, Hassan et Ghazi Haydar, enlevés le 29 décembre 2004, en Irak, ont été relâchés, mercredi 16 février 2005, dans des circonstances inconnues.

Des critiques contre Ibrahim Jaafari commençaient à être formulées, mercredi 16 février. Il a été choisi pour le poste de Premier ministre, après des tractations avec les autres listes et un accord est intervenu à ce propos, avait déclaré, mardi 15 février 2005, à l’AFP, une candidate de l’Alliance unifiée irakienne, Janane al-Obeïdi.

Le parti du Premier ministre irakien sortant Iyad Allaoui a mis en garde M. Jaafari contre les risques d’un alignement sur l’Iran et d’un gouvernement islamique. "Il doit se comporter en Irakien. Il doit être fidèle à l’Irak et non à un autre pays", a dit Imad Chebib, adjoint de M. Allaoui au sein du Mouvement de l’entente nationale (MEN), en référence aux liens de M. Jaafari avec l’Iran. M. Chebib a aussi mis en garde contre les tentations de la liste chiite d’imposer l’islam au pouvoir. "Le Premier ministre ne doit pas être un sunnite ou un chiite. Il doit être le meilleur dirigeant pour l’Irak", a-t-il ajouté, en affirmant : "Dr Jaafari est notre ami, mais nous disons à Dawa (son parti) et au CSRII : "Soyez vigilants".

Le Conseil supérieur de la révolution islamique en Irak (CSRII) et le parti Dawa forment l’ossature de la liste de l’Alliance unifiée irakienne, arrivée en tête au scrutin du 30 janvier 2005. M. Allaoui, un chiite laïc, était candidat aux élections sur une autre liste et était également pressenti pour être reconduit à son poste. Mais sa liste n’est arrivée qu’en 3ème position.

Des organisations sunnites irakiennes ont demandé, mardi 15 février 2005, "un calendrier de retrait des forces étrangères" pour participer à un débat sur "la réconciliation nationale et la rédaction de la Constitution", tâche du prochain Parlement. Ils demandent également l’"abandon de toute distribution des postes politiques sur des bases confessionnelles, raciales ou ethniques" et "la reconnaissance du droit du peuple à résister" aux occupants.

Sur le terrain, au moins 29 Irakiens, dont plusieurs soldats et policiers, ainsi qu’un responsable de la protection d’installations pétrolières, ont été tués, depuis mardi 15 février 2005 au soir, dans des attaques, selon des sources sécuritaires.

Un soldat américain a été tué au combat et trois hors combat, dont deux dans des accidents de la route. L’un de ces accidents a coûté la vie aussi à un Irakien et en a blessés deux.

Quatre soldats américains et un policier irakien ont été blessés dans deux attaques à Mossoul.

Neuf personnes sont mortes à Baaqouba, à 60 km au nord-est de Bagdad, où la tension est vive après des accrochages entre policiers et hommes armés.

A Samarra, plus au nord, sept membres des forces de sécurité ont été tués dans des accrochages.

D’autres attaques ont fait des victimes notamment à Bagdad, à Touz, à l’est de Tikrit, à Samarra, à Doujail et à Mossoul.

Un kamikaze qui portait une ceinture d’explosifs autour de la taille a été abattu, mercredi 16 février 2005, par les gardes de la mosquée chiite Jaafar Al-Sadek, à Bagdad.

Huit corps, dont l’un égorgé, ont été découverts mercredi au nord de Bagdad et quatre d’entre eux pourraient être ceux d’étrangers.

Enfin, quatre oléoducs alimentant notamment les raffineries de Baïji et de Doura, au nord et au sud de Bagdad, ont été sabotées.

Le secrétaire américain à la Défense, Donald Rumsfeld, s’est refusé, mercredi 16 février 2005, à livrer une estimation de l’ampleur de la résistance à laquelle les troupes américaines font face en Irak, lors d’une audition devant le Congrès.

Agence France Presse

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