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dimanche 25 juin 2017
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AFP, AP, 19 février 2005

Proche Orient : Ariel Sharon prêt à des "concessions douloureuses" pour une paix authentique avec les Palestiniens, sous réserve de la sécurité des Israéliens


JERUSALEM (AFP) - Le plan de retrait de la bande de Gaza conquise par Israël durant la guerre de juin 1967 doit franchir une nouvelle étape décisive avec son adoption prévue, dimanche 20 février 2005, par le gouvernement d’Ariel Sharon.


Les membres du cabinet doivent se prononcer par vote sur l’évacuation des 8000 Israéliens installés dans les 21 colonies disséminées dans la bande de Gaza ainsi que dans quatre petites implantations du nord de la Cisjordanie. Le Parlement a déjà adopté, mercredi 16 février, une loi d’indemnisation de ces colons. Selon les commentateurs, M. Sharon devrait faire voter son plan par le gouvernement sans difficulté avec l’appui des travaillistes entrés dans la coalition en janvier. Dix-sept ministres devraient soutenir le retrait, y compris le chef de la diplomatie, Sylvan Shalom, tandis que cinq ministres devraient s’y opposer, dont le ministre des Finances, Benjamin Netanyahu, a estimé, samedi 19 février 2005, le commentateur de la radio militaire.

Le lobby des colons ainsi que l’extrême droite et une quinzaine de députés de l’aile "dure" du Likoud, le parti de M. Sharon, qui dénoncent ce retrait et exigent la tenue d’un référendum, devraient ainsi subir une nouvelle défaite. Une fois le vote acquis au gouvernement, M. Sharon et le ministre de la Défense, Shaoul Mofaz, auront tout pouvoir pour signer des ordres d’évacuation des colonies. Ces démantèlements auront toutefois lieu à l’issue d’un délai minimal de cinq mois après la publication des ordres de MM. Sharon et Mofaz.

La deuxième chaîne de télévision a indiqué que les colonies du nord de la bande de Gaza seront les premières à être évacuées, vers le 20 juillet 2005, et que toute l’opération devrait durer sept semaines. Sur le terrain, le démantèlement se fera en quatre étapes. A l’issue de chaque étape, le gouvernement devra se réunir et examiner la situation afin de pouvoir passer à la phase suivante. Cette procédure est censée permettre aux ministres de déterminer "si les circonstances ont changé de telle façon qu’elles influent sur l’évacuation", précise le texte soumis au gouvernement.

Ce dernier doit aussi se prononcer, dimanche 20 février 2005, sur le nouveau tracé de la barrière controversée en cours de construction en Cisjordanie. Ce tracé rectifié "mord" moins sur la territoires palestiniens que le précédent. Il englobe environ 7 % de la Cisjordanie occupée, hors Jérusalem-est annexée, contre 16 % pour le tracé initial, tout en incluant les plus importantes implantations, où vivent la grande majorité des quelque 240000 colons israéliens. La barrière englobera ainsi la colonie urbaine de Maalei Adumim, la principale implantation en Cisjordanie (25000 habitants) à une dizaine de kilomètres de Jérusalem et un groupe de colonies dans le secteur de Bethléem. Ailleurs dans le sud de la Cisjordanie, la barrière de séparation doit quasiment suivre le tracé de la "Ligne verte", la ligne d’armistice de la première guerre israélo-arabe (1948-1949) séparant Israël de la Cisjordanie. Dans le nord du territoire, la barrière n’englobera pas à ce stade l’importante colonie d’Ariel, qui à l’instar d’autres implantations dispose de sa propre clôture de protection.

Décrite par Israël comme une "clôture antiterroriste", la barrière d’environ 700 km de long, se présente sur quelques dizaines de km sous forme d’une muraille de béton. Elle est qualifiée de "mur de l’apartheid" par les Palestiniens, car elle empiète sur la Cisjordanie et réduit d’autant le territoire d’un futur Etat palestinien. La Cour internationale de Justice (CIJ) a réclamé le 9 juillet son démantèlement et l’Assemblée générale de l’Onu a voté le 20 juillet à une majorité écrasante une résolution exigeant qu’Israël respecte cet avis. Mais Israël a refusé d’obtempérer. Les travaux se sont poursuivis et devraient s’achever à la fin de l’année.

Agence France Presse

La conception israélienne de la paix

LE CAIRE (AP) - Le Premier ministre israélien, Ariel Sharon, se dit prêt à faire des "concessions douloureuses" pour le bien de la paix au Proche-Orient, sans pour autant sacrifier la sécurité de l’Etat hébreu, dans un entretien publié, samedi 19 février 2005, par le quotidien égyptien "Al-Ahram". "Je suis déterminé à déployer tous les efforts pour parvenir à un accord politique", explique-t-il à l’occasion de sa première interview accordée à un journal arabe. "Je peux faire des concessions douloureuses pour une véritable paix, une paix pour les générations à venir. Mais je ne suis pas prêt à faire des concessions quand il s’agit de la sécurité des citoyens israéliens". M. Sharon affirme apprécier la paix, parce qu’il a connu les affres de la guerre. "Les généraux sont toujours jugés comme des personnes qui veulent la guerre. La vérité est toute autre", explique-t-il. Le Premier ministre israélien juge ainsi "important" de reprendre "la mission d’appuyer le processus de paix".

Le monde arabe reproche notamment à Ariel Sharon son rôle dans le massacre des camps de réfugiés de Sabra et Chatila, en septembre 1982. Trois mois après le début de l’invasion du Liban par les troupes israéliennes, des centaines de Palestiniens avaient été massacrés par des miliciens avec l’accord tacite de l’armée israélienne. Ariel Sharon était à l’époque ministre de la Défense et avait démissionné après qu’une commission d’enquête gouvernementale ait souligné sa responsabilité.

Pour le chef du gouvernement israélien, la création d’un Etat palestinien est possible, mais seulement si les Palestiniens réalisent que le terrorisme ne peut être le moteur d’un tel Etat. Et à la question de savoir si cette création aura lieu sous son mandat, il répond qu’il n’a pas l’intention de quitter son poste dans un avenir proche.

Associated Press

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