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samedi 29 avril 2017
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AFP, 21 février 2005

L’Iran refuse de transiger sur l’enrichissement et de "brader" son nucléaire


TEHERAN (AFP) - L’Iran a refusé de proposer une formule de compromis que lui demandait l’Europe sur la question ultra-sensible de l’enrichissement d’uranium parce qu’il n’est pas question de "brader ses capacités nucléaires", a déclaré, lundi 21 février 2005, un des chefs négociateurs iraniens à l’agence Irna.


"Les Européens veulent obtenir de l’Iran un arrêt total de l’enrichissement, mais devant notre forte opposition, ils insistent dans la négociation pour que l’Iran propose une alternative qui comprenne aussi l’enrichissement", a déclaré Sirous Nasseri dans un entretien avec l’agence officielle, sans préciser son propos. "Les Européens se sont rendu compte progressivement que l’Iran ne braderait pas ses capacités nucléaires", a-t-il dit. "L’Iran ne proposera d’alternative que quand l’Europe cessera de lui demander de stopper l’enrichissement", a-t-il insisté, et "un accord final dans ces négociations sera fondé sur la reprise de l’enrichissement par l’Iran". Cependant, "un accord final avec l’Europe est possible", a-t-il estimé.

L’enrichissement, qui, selon son degré, peut fournir le combustible à des centrales électriques civiles ou à des bombes, constitue une préoccupation majeure de la communauté internationale face au programme nucléaire iranien. L’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne ont obtenu, en novembre 2004, que l’Iran suspende toutes ses activités d’enrichissement. Ils lui ont promis une coopération nucléaire, technologique et commerciale contre des "garanties objectives" que ses activités nucléaires resteraient purement civiles.

Actuellement, les deux parties négocient durement ces garanties et les termes d’un éventuel accord global, sous la pression des Américains pour lesquels il ne fait guère de doute que la République islamique cherche à se doter de l’arme atomique. Les Européens réclament un renoncement durable à l’enrichissement. Les Iraniens leur répondent que les suspension ne durera pas plus de quelques mois, le temps de trouver un terrain d’entente. "Nous allons donner aux Européens une chance de parvenir" à un accord, mais "cette possibilité ne sera pas éternelle", a dit Sirous Nasseri. "L’Iran a l’intention de mener à son terme le cycle du combustible" produisant l’uranium, a-t-il insisté. "L’Iran possèdera dans les 30 prochaines années les équipements nécessaires pour alimenter plusieurs centrales et pour exporter du combustible nucléaire", a-t-il dit.

Il a écarté la possibilité de tractations directes avec les Américains, bien que les Européens pressent ces derniers de les soutenir pour donner à leur démarche une chance d’aboutir. "Les positions de la République islamique et celles du gouvernement américain sur l’enrichissement sont exactement à l’opposé les unes des autres, et il n’y a pas de place pour la négociation", a-t-il expliqué, "dans ces conditions, il est plus sage" de s’en remettre aux Européens comme "médiateurs". Il a jugé "vaines" les menaces américaines de recours à la force contre l’Iran. "Ces menaces sont davantage destinées à mettre la pression sur l’Europe que sur l’Iran", a-t-il dit.

Le porte-parole du gouvernement, Abdollah Ramezanzadeh, s’est déclaré "sûr que les Américains vont faire pression sur les Européens" lors de la tournée entamée, lundi 21 février 2005, par le président George W. Bush. "Mais les Européens connaissent notre rôle, pour la stabilité et l’instabilité dans la région", a-t-il ajouté. "Il leur appartient de décider s’ils veulent aligner leurs positions sur celles des Américains et de nuire à leurs intérêts au profit de ceux du gouvernement américain", a-t-il dit.

Réagissant à des informations de la presse américaine, Abdollah Ramezanzadeh a jugé "naturel" que les Etats-Unis espionnent les activités nucléaires iraniennes : "Nous sommes confrontés depuis le début de la Révolution à ces agissements illégaux et à l’espionnage de notre pays avec les moyens de la technologie moderne". "Les organes concernés et les forces armées ont reçu les instructions nécessaires pour les contrecarrer", a-t-il rapporté.

Agence France Presse

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