retour article original

jeudi 23 février 2017
Vous êtes ici Accueil Informations internationales Afrique Burundi
AFP, 21 février 2005

Burundi : Des anciens rebelles meurent de faim dans des camps placés sous la protection de l’ONU


Vue du camp de réfugiés de Rushubi, en juin 2002

Trois ex-combattants rebelles sont morts de faim dans un site de cantonnement du nord-ouest du Burundi, a annoncé, lundi 21 février 2005, à l’AFP, le chef d’état-major de l’armée burundaise.

Burundi


"Trois combattants des FDD (Forces pour la défense de la démocratie, ex-principal mouvement rebelle) sont morts de faim depuis leur arrivée dans le site de cantonnement de Buramata", à quelque 25 km au nord de Bujumbura, a déclaré le général Adolphe Nshimirimana, ancien chef militaire des FDD. "Les trois hommes ont été tués par le paludisme, mais ils étaient sans doute affaiblis par la faim", a déclaré à l’AFP un responsable de l’Opération de l’ONU au Burundi (ONUB), qui a requis l’anonymat.

Adolphe Nshimirimana

L’armée avait annoncé, mercredi 16 février, que quelque 18000 ex-combattants des FDD s’étaient déjà prêtés à l’opération de cantonnement et de désarmement lancée au Burundi le 25 janvier 2005. Les anciens rebelles sont dans un premier temps regroupés dans des sites de rassemblement sous la responsabilité de leur ex-mouvement. Ils sont ensuite désarmés par les Casques bleus de l’ONU, avant d’entrer dans les quatre sites de cantonnement sous protection de l’ONU et sous la responsabilité du gouvernement. Le site de Buramata héberge quelque 3500 membres des FDD et 300 membres de cinq autres petits ex-mouvements rebelles, tous candidats à la démobilisation, selon l’armée et l’ONU.

Des membres des FDD pendant la guerre civile

"Cest une situation explosive, toutes ces personnes n’ont pas d’abri, pas de nourriture, pas de médicaments", a expliqué le général Nshimirimana. "Si l’ONU ne fait rien pour remédier à la situation comme cela lui incombe, on court à la catastrophe", a-t-il ajouté. "C’est terrible, les gens sont dans un dénouement total", a poursuivi le responsable de l’ONUB qui, sous couvert de l’anonymat, a décrit "des milliers de gens étendus sur le sol, sous un soleil implacable, sans tentes, sans couvertures, sans rien". Les ex-rebelles sont arrivés sur place mercredi 16 février et samedi 19 février 2005, "et ils n’ont encore reçu aucun ravitaillement", a-t-il précisé. "Mais l’ONUB se charge de transporter les combattants jusqu’aux sites, puis de les sécuriser. C’est au gouvernement burundais de les nourrir", a-t-il ajouté.

Des membres des FDD

Le général Nshimirimana, de l’ethnie majoritaire Hutu, est le n°2 de la nouvelle armée burundaise, les Forces de défense nationale (FDN), créées officiellement le 31 décembre 2004 et qui incluent l’ancienne armée et les six ex-mouvements rebelles qui ont signé la paix avec le gouvernement. Les FDN sont commandées par le général Germain Niyoyankana, de l’ethnie Tutsi. L’ancienne armée burundaise comptait 43000 soldats, et on estime à 30000 le nombre des ex-rebelles. A terme, la nouvelle armée doit compter 30000 hommes, et la nouvelle police 20000. La nouvelle armée et la nouvelle police du Burundi seront constituées de 50 % de Hutus (85 % de la population) et de 50 % de Tutsis (14 %), conformément à l’accord de paix pour le Burundi signé en 2000 à Arusha (Tanzanie).

Des soldats burundais

Le Burundi tente de sortir d’une guerre civile qui oppose depuis 1993 des mouvements rebelles hutus à l’armée, dominée par la minorité tutsie, et qui a déjà fait plus de 300000 morts, essentiellement des civils.

Agence France Presse

Scène de la guerre civile au Burundi

Si vous souhaitez soutenir l’activité du site web interet-general.info, vos dons sont les bienvenus sur le compte de la Banque cantonale de Genève No Z 3267.34.01 Clearing bancaire (CB) : 788 IBAN CH48 0078 8001 Z326 7340 1

Compte de chèque postal : 12-1-2

Veuillez libeller les chèques au nom de : interet-general.info

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source