retour article original

mercredi 29 mars 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Iran (3ème partie) : De janvier à décembre 2005
AFP, 23 février 2005

Iran : Besoin d’aide internationale après le séisme

Suivi d’un commentaire


L’Iran ne lancera pas d’appel à l’aide étrangère après le séisme qui pourrait avoir fait plus de 500 morts dans le sud-est du pays, mais ne la refusera pas non plus si elle vient, a déclaré, mercredi 23 février 2005, le président Mohammad Khatami.


"Nous n’appelons pas à l’aide, mais nous l’accepterons si elle se présente, comme la fois précédente", après le tremblement de terre de Bam, le 26 décembre 2003, a déclaré devant la presse Mohammad Khatami. Evoquant en particulier l’offre américaine, il s’est contenté de relever que "cette affaire ne (devait) pas être parasitée par des considérations politiques, ni de leur part ni de la nôtre".

Malgré la rupture des relations diplomatiques entre Téhéran et Washington et l’animosité actuelle entre les deux capitales, le président américain George W. Bush a offert, mercredi 23 février 2005, l’aide des Etats-Unis à l’Iran. Les Etats-Unis vont "prendre contact avec le gouvernement iranien pour proposer une aide concrète", a dit Scott McClellan, un porte-parole de la Maison-Blanche. "Au nom du peuple américain, le président exprime ses sincères condoléances", a-t-il ajouté. "Les Etats-Unis sont prêts à assister le peuple iranien pour répondre à cette tragédie", a-t-il dit. Plusieurs pays et l’ONU ont aussi proposé leur aide.

En 2003 déjà, l’ampleur du séisme de Bam, qui a fait près de 30000 morts, avait convaincu les Etats-Unis de surmonter près de 25 années d’hostilité réciproque avec l’Iran. L’Iran avait très rapidement accepté l’aide internationale et américaine, et bénéficié d’un mouvement de solidarité internationale sans précédent sous la République islamique. Les Etats-Unis avaient envoyé huit avions d’aide et 80 médecins, secouristes et autres experts de l’humanitaire. Ils avaient suspendu partiellement et provisoirement les sanctions imposées à l’Iran. Et il avait été question à l’époque d’une "diplomatie du séisme", qui ne s’est pas confirmée par la suite.

Après le séisme de 6,4 sur l’échelle ouverte de Richter survenu, mardi 22 février au matin, dans la région de Zarand, à environ 70 km au nord de Kerman, les officiels iraniens se sont abstenus d’appeler à l’aide. Confrontés à de vives attaques contre la lenteur des secours, puis de la reconstruction après Bam, ils ont insisté, depuis mardi 22 février, sur l’efficacité de leur action, sans l’aide de personne. "Nous ne pouvons pas empêcher les étrangers de nous aider, mais nous gardons le goût amer de Bam", a déclaré le ministre de l’Intérieur, Abdolvahed Moussavi Lari, à Houtkan, entièrement détruit par le séisme de mardi 22 février 2005. "On nous a promis beaucoup de choses alors, et on a suscité beaucoup d’attentes, malheureusement une grande partie de l’aide n’est jamais arrivée", a-t-il dit.

Agence France Presse

Commentaire

L’une des spécialités des dirigeants politiques occidentaux consiste à promettre publiquement telle ou telle somme, à titre d’aide internationale, pour, ensuite, "oublier" leur promesse ou ne la tenir que très partiellement. On part du principe que l’attention des médias se sera détournée du problème quand le moment sera venu de constater que les belles promesses n’ont pas été tenues. C’est la "politique des effets d’annonce". Le but est de faire parler de soi dans les médias. Donner de soi une image humaniste, solidaire. C’est plus flatteur que d’apparaître comme une cynique crapule opportuniste.

Cette politique des effets d’annonce s’observe aussi bien sur le plan local que sur le plan international. Sur le plan local, elle permet de faire croire aux citoyens que le gouvernement se préoccupe de leur situation, alors même que sa politique vise délibérément à la dégrader.

Frank BRUNNER

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source