retour article original

samedi 29 avril 2017
Vous êtes ici Accueil Corruption Corruption en Grèce
AFP, 24 février 2005

Corruption : L’étau se resserre autour du chef de l’Eglise grecque


Vue d’Athènes

L’étau s’est resserré, jeudi 24 février 2005, autour du chef de l’Eglise grecque orthodoxe, Mgr Christodoulos, avec de nouvelles accusations l’impliquant dans l’avalanche de scandales affectant actuellement la hiérarchie, et des voix ont commencé à s’élever pour sa démission.

Grèce


En ligne de mire, depuis la mi-février, dans la crise sans précédent que traverse l’Eglise grecque (non-séparée de l’Etat) autour d’affaires de moeurs, de vénalité et de corruption de magistrats, Mgr Christodoulos a dû reconnaître, mercredi 23 février 2005 au soir, des contacts avec un sulfureux archimandrite, Iakovos Giosakis, qu’il affirmait auparavant ne pas connaître. Après un témoignage en ce sens d’un juge, il a admis avoir vu M. Giosakis lors d’entrevues "protocolaires" avec des magistrats. Placé en détention préventive mi-février pour trafic d’antiquités, l’archimandrite est soupçonné de corruption de magistrats, notamment au profit de deux haut-prélats, proches de Mgr Christodoulos, dont l’un a été suspendu pour six mois de ses fonctions.

Christodoulos

Le chef de l’Eglise a aussi dû se défendre à nouveau sur ses relations avec un trafiquant de drogue recherché par Interpol, Apostolos Vavylis, après que le patriarche grec-orthodoxe de Jérusalem Mgr Eirinaios eut affirmé qu’il l’avait envoyé comme émissaire lors de son élection, en 2001. Des allégations des médias en ce sens avaient été démenties par Mgr Christodoulos, qui avait toutefois reconnu être intervenu par deux fois en faveur de M. Vavylis, dans le cadre de ses fonctions "pastorales". Mgr Christodoulos n’a "jamais envoyé quiconque comme représentant" à Jérusalem, a réitéré, mercredi 23 février 2005 au soir, son bureau de presse.

Eirinaios

Pour la première fois depuis l’élection de Mgr Christodoulos, en 1998, des voix se sont élevées, jeudi 24 février 2005, en faveur de sa démission, tant au sein de l’Eglise, par la voix d’un de ses principaux rivaux, le métropolite (évêque) de Zante, Mgr Chrysostomos, que de l’opposition de gauche. "Démission maintenant", titrait aussi en une Apogevmatini (droite populaire), tandis qu’Ethnos (socialiste populaire) évoquait un "compte à rebours pour Christodoulos". Le gouvernement ne peut pas intervenir sur cette question, alors que le chef de l’Eglise est élu par ses pairs, a pour sa part commenté son porte-parole adjoint, Evangélis Antonaros.

Vue d’Athènes

Mgr Christodoulos était passé à la contre-offensive, vendredi 18 février 2005, en annonçant des mesures anti-corruption, mais en dénonçant aussi une cabale contre l’Eglise visant à la laïcisation du pays, orthodoxe à plus de 97 %. Il s’était aussi assuré du soutien de 67 des 75 prélats composant la direction collégiale de l’Eglise, qui avaient rejeté une motion de défiance contre lui.

Vue d’Athènes

Selon une série de sondages parus depuis l’éclatement des affaires, la majorité des Grecs sont toutefois désormais en faveur d’une séparation de l’Eglise et l’Etat, tandis que la popularité de Mgr Christodoulos a atteint un bas historique, à 43 % d’avis favorables contre 68 % en mai 2004.

Agence France Presse

Vue d’Athènes

Si vous souhaitez soutenir l’activité du site web interet-general.info, vos dons sont les bienvenus sur le compte de la Banque cantonale de Genève No Z 3267.34.01 Clearing bancaire (CB) : 788 IBAN CH48 0078 8001 Z326 7340 1

Compte de chèque postal : 12-1-2

Veuillez libeller les chèques au nom de : interet-general.info

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source