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lundi 20 février 2017
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AFP, 24 février 2005

Iran : La France demande des "garanties objectives" sur le programme nucléaire


PARIS (AP) - "Il faut que l’Iran donne des garanties objectives assurant que son programme nucléaire n’a aucune finalité militaire", a réaffirmé, jeudi 24 février 2005, le président Jacques Chirac, à l’issue d’un entretien de plus d’une heure avec le négociateur iranien chargé du dossier atomique, Hassan Rohani.


Le président français recevait, à l’Elysée, le secrétaire général du Conseil suprême de sécurité nationale d’Iran, alors que Paris, Londres et Berlin tentent de convaincre ce pays de renoncer définitivement à son programme d’enrichissement d’uranium, activités que Téhéran s’est déjà engagé à suspendre temporairement au terme d’un accord conclu, en 2004, avec l’Union européenne.

Selon son porte-parole Jérôme Bonnafont, le président français a confirmé, jeudi 24 février 2005, "que si des garanties objectives étaient données, l’Iran pourrait bénéficier d’une part d’une coopération dans le domaine de l’énergie nucléaire à des fins civiles, d’autre part d’une coopération économique et commerciale, et enfin d’un dialogue politique et de sécurité". "Nous souhaitons arriver à ce résultat par un dialogue global avec l’Iran", a réaffirmé Jacques Chirac. Et "l’ensemble des Européens approuvent ce choix du dialogue et de la négociation conduite par l’Allemagne, le Royaume uni et la France", a rappelé le chef de l’Etat, selon M. Bonnafont. Jacques Chirac "a souligné que cette négociation était conduite en toute transparence avec les Etats-Unis et en liaison avec la Russie et la Chine". Selon M. Bonnafont, Jacques Chirac "a rappelé que pour la France l’Iran était un grand pays qui devait jouer tout son rôle dans la région". Mais "une nouvelle situation est en train de s’établir au Moyen-Orient" et Paris "souhaite que l’Iran s’inscrive dans ce cadre".

A sa sortie de l’Elysée, M. Rohani s’est montré optimiste, estimant que "nos négociations avec le président Chirac permettront d’apporter un nouveau dynamisme au processus de négociation" sur le dossier nucléaire. Le négociateur iranien a déclaré avoir "longuement parlé" de ce sujet avec Jacques Chirac. "Jusqu’à maintenant, les trois pays européens sont notre interlocuteur principal dans l’ensemble des négociations", a-t-il dit. "Il n’y avait aucun message de la part de M. (George W.) Bush qui m’ait été transmis par le président Chirac ; néanmoins nous avons parlé d’un certain nombre de points qui avaient été évoqués entre le président Chirac et M. Bush", a-t-il ajouté alors qu’il était interrogé sur ce sujet.

De "profondes divergences" persistent entre l’Union européenne et Téhéran sur le programme nucléaire iranien, avait reconnu, mercredi 23 février 2005, le président iranien Mohammad Khatami. Toutefois, "même si le rythme des discussions est lent, je ne suis pas pessimiste", avait-il dit.

Mardi 22 février, en visite à Bruxelles, le président américain George W. Bush avait catégoriquement rejeté l’idée selon laquelle les Etats-Unis prépareraient une attaque contre l’Iran pour empêcher Téhéran de mettre au point l’arme nucléaire. "Nous avons un objectif commun (avec les pays européens) : convaincre les ayatollahs de ne pas se doter de l’arme nucléaire", a-t-il dit, jeudi 24 février 2005, après un entretien avec le Premier ministre slovaque, Mikulas Dzurinda, à Bratislava. "Nous sommes unis sur cet objectif. J’espère que nous pourrons trouver une solution diplomatique".

Le Premier ministre britannique Tony Blair a également estimé, mercredi 23 février 2005, qu’une "solution diplomatique" était possible.

Le chancelier allemand Gerhard Schröder doit s’envoler ce week-end pour les pays du Golfe, pour évoquer notamment le dossier iranien. Outre l’Arabie saoudite, M. Schröder doit se rendre au Koweït, au Qatar, au Bahreïn, à Oman et au Yémen.

Associated Press

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source