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mercredi 29 mars 2017
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AFP, 27 février 2005

L’Iran et Russie ouvrent la voie à la mise en service de la centrale nucléaire de Bouchehr


TEHERAN (AFP) - L’Iran et la Russie ont signé, dimanche 27 février 2005, un accord capital devant permettre la mise en service de la première centrale iranienne construite par les Russes, à Bouchehr, malgré la suspicion internationale pesant sur les activités nucléaires de la République islamique.


Les chefs des organisations iranienne et russe de l’énergie atomique, Gholamreza Aghazadeh et Alexandre Roumiantsev, ont paraphé, à Bouchehr, les documents relatifs à la livraison par les Russes du combustible de la centrale, et notamment au rapatriement en Russie de l’uranium usagé, a rapporté la télévision d’Etat iranienne. Cette dernière clause est censée garantir que le combustible ne soit pas réutilisé pour fabriquer la bombe atomique par la République islamique, que les Etats-Unis accusent ouvertement de chercher à se doter de l’arme nucléaire sous le couvert d’activités civiles.

"Dans ces documents, les deux parties s’entendent sur les questions touchant à la fourniture du combustible, y compris son rapatriement", a indiqué la télévision. Cet accord ouvre la voie à la mise en marche de la centrale. "Nous prévoyons le démarrage physique (de la centrale) fin 2006", a déclaré Alexandre Roumiantsev cité par l’agence russe Itar-Tass, "le combustible étant livré environ six mois auparavant". Selon lui, ce sont environ 100 tonnes de combustible qui doivent prendre le chemin de l’Iran. C’est sur le calendrier que la signature, initialement prévue samedi 26 février 2005 au matin, a butté au dernier moment. Il a fait l’objet d’un "protocole confidentiel", a déclaré M. Roumiantsev. La signature de cet accord était retardée depuis plus de deux ans. Sous la pression de la communauté internationale et en particulier des Etats-Unis, la Russie a exigé et obtenu que l’Iran accepte de renvoyer le combustible une fois qu’il aura servi. Moscou assure que Bouchehr ne rapproche pas l’Iran de la bombe atomique.

"L’installation des équipements de la centrale sera achevée dans dix mois, les essais et le début officiel des opérations auront lieu six mois plus tard", a déclaré Gholamreza Aghazadeh cité par la télévision. La visite de M. Roumiantsev visait aussi à "activer les relations entre les deux pays, en particulier sur les questions nucléaires", a dit M. Aghazadeh. Les Iraniens disaient avant la signature que les livraisons devaient commencer trois mois après l’accord, les Russes qu’elles étaient programmées six mois avant la mise en route du réacteur.

Pour la Russie, il s’agit d’affirmer l’indépendance de sa politique vis-à-vis des Etats-Unis et aussi sa place sur le marché du nucléaire civil international. Selon des sources diplomatiques, Bouchehr, un contrat de 800 millions de dollars, a "littéralement sauvé l’industrie nucléaire russe". M. Roumiantsev devait ainsi discuter en Iran de la future coopération entre les deux pays. L’Iran prévoit de construire un deuxième réacteur, à Bouchehr ou ailleurs, et aussi bien Russes qu’Iraniens se sont dits prêts à discuter. L’Iran escompte bâtir au total six réacteurs supplémentaires d’ici à 2020 pour une production de 7000 mégawatts.

L’accord rapproche Téhéran et Moscou, alors que Washington essaie depuis des mois de traîner la République islamique devant le Conseil de sécurité de l’ONU, où la Russie dispose d’un droit de veto. Si la Russie fournira le combustible de Bouchehr, la République islamique insiste depuis des mois sur sa détermination à produire elle-même son combustible, inquiétant la communauté internationale qui redoute un détournement de la technologie de l’enrichissement d’uranium.

Le dirigeant en charge du dossier, Hassan Rohani, à dit, dimanche 27 février 2005, que l’Iran reprendrait à terme l’enrichissement, suspendu en novembre 2004, et que cela "n’était pas négociable".

Agence France Presse

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