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AFP, 27 février 2005

Le Burundi aux urnes, lundi 28 février 2005, pour la première fois depuis le début de la guerre civile


Des soldats népalais de l’ONU à Isale, le 22 décembre 2004

BUJUMBURA (AFP) - Les Burundais sont appelés, lundi 28 février 2005, à approuver, par référendumm, une nouvelle Constitution qui partage plus équitablement le pouvoir entre la majorité hutue et la minorité tutsie, lors du premier scrutin électoral organisé depuis le début de la guerre civile en 1993.

Burundi


Le "oui" est assuré de l’emporter, selon les observateurs. Tous les partis de l’ethnie hutue, qui représente 85 % de la population du pays, ont en effet appelé à voter "oui", alors que la majorité des partis de l’ethnie tutsie (14 %) se sont prononcés pour le "non".

Des soldats népalais de l’ONU à Isale, le 22 décembre 2004

Les dernières élections au Burundi, qui avaient eu lieu en 1993, avaient débouché sur la guerre, opposant l’armée, dominée par les Tutsis, à des rebelles hutus. Quatre mois après son élection, le premier président hutu démocratiquement élu, Melchior Ndadaye, était assassiné, le 21 octobre 1993, au cours d’une tentative de coup d’Etat militaire. Cet assassinat va entraîner des massacres politico-ethniques qui dégénèrent en une guerre civile qui va opposer le pouvoir et l’armée à des mouvements rebelles hutus.

Melchior Ndadaye

Les premières négociations entre le pouvoir, l’opposition et une partie des rébellions remontent à la mi-1998, mais le processus de paix va prendre sept années, émaillées d’accords non respectés. Au total, le conflit aura fait quelque 300000 morts, essentiellement des civils, dans ce petit pays de quelque 7,1 millions d’habitants.

Scène de la guerre civile au Burundi

De nombreux Tutsis voient dans la nouvelle Constitution la fin d’un règne presque sans partage pour cette ethnie qui a dirigé le Burundi quasiment sans interruption depuis l’indépendance de la Belgique, en 1962. Ce texte "donne à la majorité hutue, longtemps tenue à l’écart, la possibilité de revenir au pouvoir qu’on lui a volé en 1993, en échange de garanties vitales à la minorité tutsie", explique à l’AFP un spécialiste du Burundi, qui a requis l’anonymat.

Distribution de nourriture au camp de réfugiés de Gasorwe, le 21 janvier 2005

Selon la nouvelle Constitution, le président, élu, doit être assisté de deux vice-présidents appartenant à des ethnies différentes. Le conseil des ministres et l’Assemblée nationale doivent comprendre 60 % de Hutus et 40 % de Tutsis, et le Sénat 50 % de Hutus et 50 % de Tutsis. Le texte prévoit aussi la refonte de l’armée et de la police pour qu’elles soient paritaires entre les deux ethnies. La nouvelle loi fondamentale "a pour objectif de ramener une paix définitive dans ce pays dont l’histoire est ponctuée par plusieurs guerres interethniques", ajoute le spécialiste.

Un policier au camp de réfugiés de Gasorwe, le 21 janvier 2005

Un seul des sept mouvements rebelles continue à se battre, alors que les autres participent au gouvernement. Les Forces nationales de libération (FNL, hutu), ont toutefois annoncé, le 1er février 2005, être prêt à négocier avec le gouvernement "sans condition préalable".

Des membres des Forces nationales de libération

Le référendum, dont la date a été reportée à quatre reprises pour des raisons logistiques, est le premier scrutin d’une série de sept qui doivent être organisées d’ici le 22 avril 2005 pour mener à bien la transition. "Le référendum n’a pas véritablement d’enjeu, mais il est important dans la mesure où c’est un lever de rideau avant les véritables élections", estime un diplomate en poste à Bujumbura, et qui a requis l’anonymat.Suivront notamment des élections législatives et communales, tandis que le président doit être élu par les parlementaires. La date de ces scrutins n’a pas encore été fixée.

Des soldats sud-africains de l’ONU patrouillent sur le lac Tanganika, le 27 décembre 2004

Pour la première fois, depuis 1993, les Burundais vont ainsi se doter d’institutions politiques dont les membres sont élus et non nommés. "Lundi sera une journée historique pour le Burundi, car c’est une étape très importante dans le processus de paix pour tous les Burundais", a estimé, jeudi 24 février 2005, la numéro 1 de l’Opération de l’ONU au Burundi (ONUB), Carolyn McAskie.

Carolyn McAskie

La Constitution est en fait déjà en vigueur depuis le 1er novembre 2004, date de la fin de la transition politique. Dans le cas où elle ne serait pas approuvée lundi 28 février 2005, elle resterait cependant en place jusqu’à la fin du processus électoral. Le pouvoir issu de ces scrutins serait ensuite chargé de rédiger une nouvelle Constitution.

Agence France Presse

Des soldats sud-africains de l’ONU patrouillent sur le lac Tanganika, le 27 décembre 2004

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