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samedi 25 mars 2017
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AFP, 6 mars 2005

Irak : Les services secrets italiens excluent la thèse d’une embuscade contre Giuliana Sgrena


ROME (AFP) - Les services secrets italiens excluent que la journaliste italienne, Giuliana Sgrena, soit tombée dans une embuscade quand des soldats américains ont tiré contre sa voiture, vendredi 4 mars au soir, près de l’aéroport de Bagdad, tuant un agent italien, affirme, dimanche 6 mars 2005, le journal Il Messaggero.


"Les Américains n’auraient jamais tué volontairement un agent des services spéciaux italiens mettant ainsi à risques la collaboration entre les services américains et italiens", écrit le journal citant des sources du renseignement italien. "Si les Américains avaient eu un motif pour tuer la journaliste, ils auraient fait faire ce sale travail à des Irakiens soudoyés plutôt que de tenter de la faire tomber sous des +tirs amis+ sans y réussir", ajoute Il Messaggero, citant les mêmes sources. Le journal estime en outre qu’il n’est pas crédible que les services italiens aient procédé à la libération de Giuliana Sgrena sans informer leurs collègues américains.

Le compagnon de la journaliste, retenue en otage un mois à Bagdad, avait déclaré, samedi 5 mars 2005, que Mme Sgrena était tombé dans un guet-apens et que ses ravisseurs l’avaient mise en garde, avant sa libération, que les Américains voulaient la tuer par crainte des informations qu’elle avait recueillies en Irak.

Envoyée spéciale du quotidien de gauche Il Manifesto, Giuliana Sgrena, 56 ans, travaillait à un reportage sur des fugitifs de Falloujah venus s’abriter dans une mosquée de Bagdad après les bombardements américains sur cette ville quand elle a été prise en otage, le 4 février. Sa libération, vendredi 4 mars au soir, a été endeuillée par la mort d’un agent secret italien, Nicola Calipari, venu la chercher à Bagdad, leur voiture ayant essuyé des tirs d’une patrouille américaine près de l’aéroport. Ses funérailles nationales seront organisées lundi 7 mars 2005.

Par ailleurs, Giuliana Sgrena, libérée après un mois de captivité en Irak, aurait été enlevée par d’ex-fidèles de Saddam Hussein et libérée contre rançon, selon un député irakien dont des proches auraient mis en contact les ravisseurs et les autorités italiennes. "Ils se font appeler les "Moudjahidines sans frontières". C’est un faux nom, en fait, c’est un groupe de saddamistes, des anciens du régime de Saddam", a déclaré, à propos des ravisseurs, ce député chrétien, Yonadam Kanna, dans une interview diffusée, samedi 5 mars 2005 au soir, par la télévision publique belge RTBF. "On le sait puisqu’ils ont demandé de l’argent. D’après nos informations, non officielles, ils ont exigé un million de dollars", a-t-il ajouté.

"Les négociations ont eu lieu à Bagdad et dans les environs de Bagdad. La fin du processus a été négocié directement par l’ambassade (italienne), le personnel de l’ambassade", a poursuivi M. Kanna, secrétaire général du Mouvement démocratique assyrien d’Irak, de passage à Bruxelles. Selon ce dernier, c’est l’"Institut irakien pour la paix", une association dont il est le vice-président, qui aurait établi les premiers contacts. "Nous avons commencé par récolter des renseignements. Ensuite, nous avons coopéré avec l’ambassade italienne. Ensuite apparemment, les ravisseurs ont préféré continuer à négocier directement avec l’ambassade, soit parce qu’ils voulaient de l’argent, soit pour être plus en confiance", a-t-il dit. "Ils ont peur de nous parce que nous sommes Irakiens, donc ils préfèrent négocier avec les étrangers pour ne pas risquer d’avoir des fuites vers les forces de sécurité irakiennes ou les force multinationales. C’est pourquoi ils s’adressent directement à l’ambassade, aux négociateurs officiels", a-t-il expliqué. "Nous, nous faisons les deux tiers du chemin et le dernier tiers est réalisé par l’ambassade", a conclu M. Kanna.

Le ministre irakien des Droits de l’homme Bakhtiar Amin, également à Bruxelles ces derniers jours, a refusé de se prononcer sur les affirmations du député. "Tout est possible. Je n’exclus pas, mais je n’ai pas eu d’information sur une rançon payée par qui que ce soit", a-t-il déclaré à la RTBF.

Agence France Presse

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