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jeudi 17 août 2017
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AP, 13 février 2004

Haïti : les rebelles prêts pour l’offensive policière


Les rebelles haïtiens se sont regroupés, jeudi 12 février 2004, dans le nord dans l’attente d’une offensive de police tandis que les diplomates des Etats des Caraïbes devaient se réunir vendredi à Washington, pour des négociations visant à mettre fin au soulèvement populaire qui a fait 49 morts et menace la présidence de Jean-Bertrand Aristide.

Dans la capitale Port-au-Prince qui n’est pas touchée par la violence, des militants haïtiens loyalistes, partisans d’Aristide, ont réprimé une manifestation contre Aristide avant qu’elle ne démarre jeudi, mettant le feu à des barricades le long du trajet du défilé de protestation et lançant des pierres aux manifestants.

Barricades enflammées à Port-au-Prince, dans le but d’intimider les manifestants anti-Aristide


Les chefs de l’opposition ont accusé Aristide d’orchestrer la répression. "Aristide a confirmé qu’il est un président délinquant et hors-la-loi", a déclaré Evans Paul, chef de l’opposition et ancien directeur de campagne d’Aristide.

Evans Paul

Ces accusations ont été démenties par le pouvoir. "Le gouvernement condamne ce qui s’est passé", a déclaré le porte-parole du gouvernement haïtien, Mario Dupuy.

Mario Dupuy

De son côté, le secrétaire d’Etat américain, Colin Powell a estimé jeudi à Washington qu’un "changement de régime" ne constituait pas une solution pour sortir ce pays de la violence. "La politique de l’administration (Bush) n’est pas un changement de régime", a-t-il déclaré devant la commission des relations étrangères du Sénat américain.

Colin Powell

Vendredi, les chefs d’Etat des Caraïbes doivent se retrouver dans la capitale américaine afin de discuter de la situation en Haïti.

Le soulèvement populaire qui a démarré il y a une semaine à Gonaives, la quatrième ville du pays, a fait 49 morts et bloqué l’arrivée de nourriture et d’essence dans l’ouest et le nord de Haïti.

Les prix de l’essence et de la nourriture sont ainsi multipliés par 10 dans certaines régions, tandis que plus d’une dizaine de postes de police, symboles du pouvoir d’Aristide, ont été incendiés.

Pillage d’un poste de police, aux Gonaives, le 11 février 2004

Jeudi, les rebelles qui tenaient Gonaives se préparaient à un assaut des forces de police. Alors que des résidants paniqués évoquaient une contre-attaque de la police arrivée par bateaux, des tireurs se sont lancés vers le port où ils ont ouvert le feu sur une embarcation qui a fait demi-tour. Il était impossible de dire si des policiers étaient à bord.

Selon l’un des chefs rebelles, Winter Etienne, les forces de l’opposition vont se soulever dans d’autres villes comme Saint-Marc et Cap-Haïtien.

Cité Lescot, un bidonville de Cap-Haïtien, le 13 septembre 2003. Les partisans de Jean-Bertrand Aristide ont dressé une barricade enflammée, afin d’intimider les anti-Aristide, qui ont prévu une manifestation pour le lendemain

Manifestation anti-Aristide à Cap-Haïtien, le 14 septembre 2003

Cap-Haïtien, 14 septembre 2003. Des partisans de Jean-Bertrand Aristide lancent des pierres sur les anti-Aristide, tandis que la police anti-émeute se met à couvert

Cap-Haïtien, 14 septembre 2003. Des policiers anti-émeute embarquent un partisan de Jean-Bertrand Aristide, les poches bourrées de pierres qu’il jetait sur les manifestants anti-Aristide

Cap-Haïtien, 14 septembre 2003. On emporte un manifestant victime des jets de pierres des partisans de Jean-Bertrand Aristide

Selon Raoul Elysee, président de la Croix rouge haïtienne dans la région de Gonaives, des dizaines de milliers de personnes ont fui la violence au cours des derniers mois.

Haïti a vécu 32 coups d’Etat en 200 ans d’histoire, le dernier étant survenu en 1991 lorsqu’Aristide a été écarté du pouvoir huit mois après son élection.

En 1994, le président Bill Clinton a envoyé 20.000 soldats américains sur le sol haïtien pour mettre fin à la dictature militaire, réinstaller Aristide au pouvoir et arrêter le flot d’immigrés haïtiens qui arrivaient en Floride en bateaux.

AP

Parmi les opposants de Jean-Bertrand Aristide, de gauche à droite : Marie-Denise Claude (parti chrétien-démocrate haïtien) ; René Julien (ex-maire de Port-au-Prince) ; Evans Paul et Robert Lalane (front de l’opposition du Nord)

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