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AFP, 12 mars 2005

Crimes de guerre américains : Malgré les mensonges de George Walker Bush, les preuves s’accumulent sur la "délocalisation de la torture" par la CIA


WASHINGTON (AFP) - Les preuves s’accumulent sur la "délocalisation de la torture" par la CIA, qui consiste à transférer des prisonniers suspectés d’activités terroristes dans des pays pratiquant la torture afin de les faire parler, même si le gouvernement américain dément une telle politique.


Depuis quelques semaines, la presse américaine a publié une série d’enquêtes révélant l’existence de ces transferts par l’agence américaine de renseignement appelés "restitutions extraordinaires".

Le magazine The New Yorker, dans un article intitulé "La torture externalisée" publié en février 2005, affirme que de présumés terroristes ont été envoyés en Egypte, au Maroc, en Syrie et en Jordanie, "chacun de ces pays étant connu pour utiliser la torture lors d’interrogatoires". Le magazine Newsweek et l’émission "60 Minutes" de la chaîne de télévision CBS ont révélé de leur côté que la CIA utilisait un avion secret pour transférer les prisonniers dans ces pays. Selon le New York Times, la CIA aurait transféré entre 100 et 150 prisonniers depuis les attentats du 11 septembre 2001, après avoir reçu carte blanche de la Maison Blanche par le biais d’une directive secrète. En procédant à ces "restitutions extraordinaires", le gouvernement américain évite les procédures traditionnelles d’extradition, alors que le droit américain interdit l’expulsion ou l’extradition d’individus vers des pays où la torture est pratiquée. La CIA ne reconnaît pas officiellement l’existence des "restitutions extraordinaires" et la Maison Blanche a assuré que les Etats-Unis "n’exportaient pas la torture".

Selon Wendy Patten, responsable de l’organisation de défense des droits de l’Homme, Human Rights Watch, l’administration Bush se contente d’obtenir des "assurances diplomatiques" que les prisonniers ne seront pas torturés. Ces assurances ne sont qu’"un vernis de légalité", affirme-t-elle. "Nous savons qu’elles ont été dans les faits violées par des gouvernements à qui ces suspects ont été remis".

Jeudi 10 mars 2005, des élus démocrates au Congrès ont déposé un projet de loi pour mettre fin à cette pratique. "Il est devenu tout à fait clair que la "restitution extraordinaire" n’est rien d’autre que la délocalisation de la torture", a dénoncé le représentant Ed Markey, à l’origine de ce projet de loi. L’initiative a reçu le soutien de plusieurs organisations de défense des droits de l’Homme, dont Human Rights Watch (HRW), Amnesty International, Human Rights First et le Centre pour les droits constitutionnels (CCR), un groupe d’avocats américains.

Ces organisations citent le plus souvent le cas de Maher Arar, un ingénieur canadien d’origine syrienne arrêté en septembre 2002 à New York et transféré en Syrie où il aurait été torturé pendant 10 mois. "En relâchant Arar, la Syrie a déclaré qu’elle n’avait jamais eu d’intérêt à le détenir mais qu’elle l’avait emprisonné et interrogé pour s’attirer les bonnes grâces des Etats-Unis. Les enquêtes indiquent que Arar a été soumis à des chocs électriques et a été battu", dénonce Elisa Massimino, de Human Rights First. Le CCR a déposé une plainte, en janvier 2004, pour le compte de Maher Arar, mais le gouvernement américain "a tenté de manière répétée d’obtenir un non lieu, affirmant que ce cas devrait être considéré comme un "secret d’Etat", déclare le groupe d’avocats. "Même les Syriens ont dit quand ils l’ont relâché qu’ils ne pouvaient pas trouver de lien avec le terrorisme", dénonce-t-il.

Le CCR cite aussi le cas de l’Australien Mamdouh Habib, qui "a été envoyé en Egypte par les Etats-Unis pour être torturé avant d’être transféré à Guantanamo, puis d’être relâché sans charge contre lui deux ans plus tard".

Agence France Presse

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