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Le Monde, AFP, 13 février 2004

Haïti sous contrôle de Jean-Bertrand Aristide, à l’exception de Gonaïves


Scène de rue à Port-au-Prince

Malgré la reprise en main du pays par le gouvernement, un appel à "l’insurrection" a été lancé vendredi par Butteur Métayer, le président du Front de résistance révolutionnaire de l’Artibonite, qui occupe Gonaïves, quatrième ville du pays, depuis le 5 février 2004.

Une semaine après le début d’une insurrection armée en Haïti ayant fait une cinquantaine de morts, le gouvernement du président Jean-Bertrand Aristide contrôlait, vendredi, la majeure partie du pays.

Port-au-Prince, 12 février 2004. Plusieurs centaines de partisans du président Jean-Bertrand Aristide ont empêché jeudi la tenue d’une manifestation de l’opposition dans le centre de Port-au-Prince, faisant quatre blessés, selon des opposants.


A Port-au-Prince, l’opposition politique et civile au chef de l’Etat -qui s’est désolidarisée du mouvement insurrectionnel à Gonaïves, quatrième ville du pays avec 200 000 habitants, aux mains des mutins- prépare une nouvelle manifestation dimanche dans la capitale.

Scène de rue à Port-au-Prince

Jeudi 12 février, des militants du parti Lavalas au pouvoir avaient empêché la tenue d’un rassemblement de l’opposition près du Palais national, siège de la présidence. A l’issue des troubles, qui ont fait quatre blessés selon l’opposition, "la police a procédé à des arrestations", a indiqué vendredi le secrétaire d’Etat à la communication, Mario Dupuy, en condamnant ces violences.

Mario Dupuy

Si la situation était calme vendredi à Port-au-Prince et Cap-Haïtien (Nord), un membre de l’opposition, Franck Peaultre, a dénoncé "un climat de répression" à Saint-Marc, au nord de la capitale, reprise lundi par le gouvernement.

Temple vaudou à Saint-Marc

Appel à l’insurrection

Malgré cette accalmie, un appel à "l’insurrection" a été lancé vendredi par Butteur Métayer, le président du Front de résistance révolutionnaire de l’Artibonite, qui occupe Gonaïves depuis le 5 février. "L’insurrection doit gagner le pays tout entier et j’appelle les Haïtiens à prendre les armes contre (le président) Aristide", a-t-il déclaré. "Nous n’attendrons pas jusqu’à la fin du mois de février pour marcher sur Port-au-Prince pour déloger Aristide", a-t-il ajouté.

Butteur Métayer exhibant une photo du cadavre de son frère Amiot assassiné par les sbires de Jean-Bertrand Aristide

A Gonaïves, le porte-parole du Front, Winter Etienne, a également déclaré que "toute opération policière" pour reprendre la ville serait "repoussée". "Nous en avons les moyens, la volonté et la conviction". Butteur Métayer a précisé que le Front contrôlait "plusieurs localités du département de l’Artibonite, dont Anse-Rouge et Marchand-Dessalines", ce que n’a pas confirmé le gouvernement.

"Nous remettrons nos armes au prochain gouvernement provisoire qui pourra être sous contrôle des Nations unies et qui sera formé après le départ d’Aristide", a ajouté le président du Front, âgé de 33 ans. "Il n’y a, selon lui, qu’une seule condition à la présence de troupes et de policiers étrangers dans le pays, c’est qu’ils viennent pour déloger Aristide."

"Si des policiers américains venaient pour maintenir Aristide au pouvoir, nous abaisserions le drapeau haïtien à Gonaïves et hisserions le drapeau cubain", a renchéri Winter Etienne.

Vendredi, la circulation à Gonaïves restait toujours très perturbée par des barricades. Des médecins de la coopération cubaine se trouvent dans la ville, où l’hôpital est vide de son personnel haïtien mais où des patients sont présents.

Les Gonaives, 28 novembre 2002. Un officier de police braque son fusil à pompe sur deux hommes qui veulent entrer dans l’hôpital pendant des manifestations anti-Aristide

A Genève, l’ONU a demandé à avoir à nouveau accès, le plus vite possible, aux régions du nord d’Haïti, autour de Port-de-Paix, Cap-Haïtien et Fort-Liberté. S’alarmant de la détérioration de la situation humanitaire, l’Unicef a estimé que quelque 1,2 million d’enfants étaient considérés comme très vulnérables. De son côté, la Croix-Rouge s’est déclarée "particulièrement préoccupée par les incursions de personnes armées dans les établissements médicaux" en Haïti, tandis que la France insistait pour que le gouvernement empêche l’intervention de milices contre les manifestations pacifiques.

Avec AFP

Jean-Bertrand Aristide

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