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Archives Proche Orient (10ème partie) : De janvier 2005 à mars (...)
LE CAIRE (AFP) - Le président de l’autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, espère mettre à profit la reconduction de la trêve de facto arrachée lors des discussions du Caire aux factions armées palestiniennes pour obtenir maintenant une reprise des pourparlers de paix avec Israël.
Au terme de trois jours de "dialogue", les représentants de douze factions palestiniennes ont accordé "le bénéfice du doute" à M. Abbas qui veut désormais amener les Etats-Unis à faire pression sur Israël afin d’appliquer l’accord de Charm El-Cheikh conclu lors d’un sommet, le 8 février 2005, en Egypte et reprendre les pourparlers de paix.
Israël a pris acte de la trêve informelle. "Si toutes les organisations terroristes sont prêtes à arrêter (les attaques) même pour une période limitée, cela est en soi une chose positive", a dit le vice-Premier ministre, Ehud Olmert, à la radio militaire, ajoutant cependant qu’Israël attendait plus de l’autorité palestinienne.
La "feuille de route", adoptée le 20 décembre 2002, prévoit la création par étapes d’ici à 2005 d’un Etat Palestinien. Mais ce document du Quartette (Etats-Unis, Russie, Union européenne, Onu) précise dans son préanbule que la solution de deux Etats, israélien et palestinien, est possible à condition que la violence et le terrorisme cessent.
Les mouvements armés, en particulier le Hamas, misent pour leur part sur les prochaines élections législatives du 17 juillet 2005 pour s’imposer sur la scène politique palestinienne. Ils souhaitent se faire représenter au Conseil législatif (parlement). Même s’ils le ne croient pas trop aux "illusions d’Abou Mazen (Mahmoud Abbas) concernant des pressions américaines sur Israël", selon l’expression d’un chef de délégation, l’opposition opte désormais pour une approche "réaliste" et admet en privé que "le peuple palestinien est exténué après plus de quatre ans de conflit acharné" depuis le lancement de l’Intifada en 2000. "Toutes nos décisions (y compris la trêve) sont dictées par les intérêts de notre peuple et par notre volonté de faire cesser l’agression contre lui, mais la résistance (armée) demeure une de nos options", affirme le chef du bureau politique du Hamas, Khaled Mechaal, expliquant cette nouvelle approche.
En vertu du communiqué publié, jeudi 17 mars, à l’issue des réunions du Caire, le Conseil législatif palestinien devra amender les lois électorales, afin que les deux prochaines phases des municipales, prévues en avril et en août 2005, se déroulent à la liste proportionnelle. "La nouvelle loi électorale permettra une vrai représentation des forces politiques palestiniennes au Conseil législatif et une réelle participation au processus de prise de décision politique", a déclaré le membre du bureau politique du Front populaire de la Libération de la Palestine (FPLP), Maher al-Taher. "Les résultats du dialogue du Caire sont très positifs", a affirmé un membre de la délégation du Front démocratique de la libération de la Palestine, Saleh Zidane. Il s’est félicité "de la tenue des élections selon le système de liste proportionnelle qui reflètera le vrai poids politique de chaque mouvement".
Le plus important groupe armé palestinien, le Hamas, qui a annoncé la semaine dernière son intention de participer aux législatives, avait, dès l’ouverture du dialogue, réclamé, par la bouche de son porte-parole, Mohamed Nazzal, "le recours aux urnes pour fixer les poids relatifs des forces politiques sur la scène palestinienne". Mais selon des délégués ayant participé aux discussions, le Hamas a accepté à contre-coeur le système de liste proportionnelle, le mode uninominal étant largement à sa faveur.
Lors des dernières municipales de Gaza, le Hamas a obtenu 42 % seulement des suffrages qui lui ont permis d’obtenir environ 70 % des sièges et de dominer les municipales, note un délégué qui a requis l’anonymat. Le Jihad islamique, qui a boycotté la première phase des municipales, "a décidé de participer aux deux prochaines étapes de ce scrutin", a déclaré son porte-parole Anouar Abou Taha, mais "aucune décision n’a été encore prise concernant les législatives".
Agence France Presse
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