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dimanche 23 avril 2017
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AFP, 19 mars 2005

France : Le grand patronat fait étalage de son arrogance


PARIS (AFP) - Le vice-président du Medef, Guillaume Sarkozy, a donné, samedi 19 mars 2005, un signal de fermeté au gouvernement et aux syndicats, en affirmant qu’il n’y aurait pas d’ouverture de négociations salariales dans le privé, des déclarations reçues négativement du côté syndical et à gauche.


"Il n’y aura pas dans le secteur privé d’ouverture de négociations. Cela n’a jamais été et cela ne sera pas. Ce qui existe, par contre, dans les branches, ce sont des négociations sur les salaires minima", a déclaré Guillaume Sarkozy, samedi 19 mars 2005 au matin, sur Europe 1.

Le Medef s’était refusé à tout commentaire, vendredi 18 mars, à l’issue d’une réunion sur les salaires du privé, entre les partenaires sociaux et le ministre délégué aux Relations du travail, Gérard Larcher. Ce dernier a annoncé la tenue d’une réunion, le 10 juin 2005, pour déterminer les secteurs dans lesquels les négociations salariales sont prioritaires, et, d’ici là, a "engagé toutes les branches où il n’y a pas eu de négociations et où les grilles sont obsolètes, à commencer la discussion".

Mais depuis les déclarations de Jean-Pierre Raffarin sur le "partage de la croissance" faites à la suite de la forte mobilisation sociale du 10 mars 2005, le patronat s’est montré plus que réticent sur l’ouverture de négociations salariales, invitant le gouvernement à ne pas se mêler d’un débat du seul ressort de l’entreprise, selon lui. "Dans le secteur privé, il n’existe pas de grand manitou qui comme dans le public décide des salaires", a ainsi renchéri Guillaume Sarkozy, samedi 19 mars 2005.

"Quand on fait des négociations sur les salaires minima et qu’on essaie de les rapprocher du SMIC, si on ne renégocie pas tous les niveaux de rémunération au-dessus, on a un tassement et une smicardisation de tous les salaires", a commenté Michèle Biaggi (FO) dans une déclaration à l’AFP. "Les propos de M. Sarkozy confirment que le patronat n’a que faire des discours de bonnes intentions du gouvernement.

Tant que le gouvernement ne prendra pas des mesures à la fois incitatives et coercitives pour ouvrir les négociations, le patronat continuera à faire la sourde oreille", a souligné Maryse Dumas, secrétaire confédérale de la CGT. Mme Dumas a réitéré l’appel à la mobilisation des salariés, formulé, dès vendredi 18 mars 2005 au soir, par son syndicat à l’issue d’une réunion d’où la CGT et FO étaient sorties déçues. Les deux organisations avaient jugé que les propositions de M. Larcher manquaient de concret, à la différence de la CFTC et surtout de la CFDT qui avaient exprimé une certaine satisfaction.

Pour la CFDT, précisément, Rémi Jouan a estimé, samedi 19 mars 2005, sur RMC, après les propos tenus par Guillaume Sarkozy, qu’il "n’était pas nécessaire dans la période de jeter de l’huile sur le feu" ou "d’envenimer la situation". "Il faudrait que M. Sarkozy mesure un peu ses propos. On nous fait croire qu’on est dans une période de vaches maigres mais ce n’est pas vrai pour tout le monde. Ce n’est que pure justice que de regarder de plus près la redistribution de la richesse produite", a affirmé Jacques Voisin, président de la CFTC.

La secrétaire nationale du PCF, Marie-Gorge Buffet, sur TF1, a également critiqué vivement les déclarations de M. Sarkozy : "Qu’est-ce que c’est que ce gouvernement et ce patronat qui ne veulent pas entendre ce qui monte dans le pays, c’est-à-dire l’aspiration à une augmentation du pouvoir d’achat !", s’est-elle exclamée.

Agence France Presse

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