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vendredi 28 juillet 2017
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AFP, 14 février 2004

Parmalat : les banques en ligne de mire, le monde politique montré du doigt


Vue de Milano

MILAN (AFP) - La justice italienne qui enquête sur les fraudes et malversations commises par Parmalat a mis cette semaine sur la sellette les banques partenaires du groupe agroalimentaire et tenté de cerner les complicités politiques dont a pu bénéficier le fondateur Calisto Tanzi, aujourd’hui en prison.

Calisto Tanzi


Le parquet de Milan a officiellement inscrit dans le registre des personnes physiques et morales impliquées dans l’enquête, le nom d’une dizaine de banques avec plusieurs de leurs dirigeants et employés, a-t-on appris de source judiciaire.

Selon les différentes listes publiées dans la presse italienne, ce sont surtout de grands établissements internationaux, en affaire avec Parmalat, qui sont visés. Les magistrats milanais soupçonnent les banquiers en question d’avoir été informés de la situation financière désastreuse du groupe et de ne pas avoir cherché à en avertir le marché.

La liste publiée par La Repubblica comporte de grands noms de la banque internationale : Deutsche Bank, Morgan Stanley, Bank of America, JP Morgan, Banco Santander et UBS, ainsi que deux établissements italiens Banca Popolare di Lodi et Banca Intesa. La Stampa a diffusé la même liste à une exception près : Bank of America y est remplacée par Citigroup.

Le siège de la Deutsche Bank

Avec quatre personnes mises sous enquête, Deutsche Bank est l’établissement le plus impliqué dans l’enquête. La banque allemande aurait notamment aidé Parmalat en septembre 2003 à rédiger les réponses qu’il fallait pour l’agence de notation financière Standard and Poor’s qui commençait à questionner un peu trop précisément le groupe, selon La Repubblica.

Le parquet de Milan qui enquête sur les délits commis par Parmalat vis à vis de la bourse, devrait choisir une procédure accélérée pour aboutir rapidement à la mise en examen des anciens dirigeants et aussi potentiellement de banquiers et de responsables de sociétés d’audit, sous l’inculpation globale d’agiotage (manipulation de cours de bourse).

Parallèlement, un autre volet, plus épineux, a été ouvert cette semaine : celui des complicités politiques. Le chef du gouvernement Silvio Berlusconi a lui-même suggéré que Parmalat et son patron avaient bénéficié de "protections politiques".

Le carnet d’adresses politiques de M. Tanzi semble en effet bien rempli si on en croit la liste impressionnante des noms mentionnés à titres divers au fil de ses propres dépositions devant les magistrats milanais.

Selon La Repubblica, figurent dans cette énumération des noms éminents, dirigeants d’Amérique latine et grands noms actuels de la politique italienne avec Romano Prodi, président de la Commission européenne, M. Berlusconi et le numéro deux de son gouvernement Gianfranco Fini.

Romano Prodi

Le journal qui indique se baser sur un résumé écrit des dépositions de M. Tanzi, explique qu’il n’est pas question de corruption active mais de financements et services fournis par Parmalat pour gagner les faveurs des politiques italiens.

Gianfranco Fini

Ainsi, après l’entrée en politique de Berlusconi en 1994, Parmalat décide d’augmenter l’achat d’espaces publicitaires à son groupe de télévision Mediaset.

L’ancien dirigeant, incarcéré depuis fin décembre, évoque aussi son appui financier direct ou indirect en faveur de différents partis et personnalités de droite comme de gauche.

Mais il reste difficile de déterminer le niveau d’implication et le degré de complaisance du monde politique vis à vis de Parmalat, d’après ces seules dépositions, souligne La Repubblica.

Par exemple, M. Tanzi a raconté aux magistrats son ultime entrevue avec M. Berlusconi en novembre : le groupe agroalimentaire est déjà au plus mal et M. Tanzi vient demander au chef du gouvernement un appui auprès des banques créancières.

M. Berlusconi rétorque qu’il a peu de pouvoir auprès des établissements financiers et l’entretien tourne court. Mais le dirigeant affirme qu’à la suite de cette rencontre l’autorité boursière Consob s’est faite moins pressante à l’encontre de son groupe.

© AFP Agence France-Presse

Silvio Berlusconi

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