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AFP, 25 mars 2005

Etats-Unis : Les théories de Charles Darwin contestées par les milieux fondamentalistes chrétiens

Suivi d’un commentaire


DOVER (Etats-Unis) (AFP) - La théorie de Charles Darwin sur l’origine et l’évolution des espèces subit aux quatre coins des Etats-Unis les assauts de la droite religieuse, qui veut introduire à l’école la thèse de l’origine divine du monde.


Dix-neuf Etats sont déjà concernés par des incidents anti-Darwin, selon le Centre national pour l’éducation scientifique.

Au centre de la bataille, l’enseignement du "dessein intelligent", qui soutient que la vie est si complexe qu’elle ne peut venir que d’un Créateur supérieur. La mouvance s’est développée ces dernières années à travers des organisations comme le Discovery Institute, qui revendiquent un caractère scientifique.

Pour ses détracteurs cependant, cette thèse, sans fondement scientifique, n’est qu’une variante du créationnisme, lecture littérale de la genèse biblique, interdite d’enseignement public par la Cour suprême en 1987. Elle semble en tout cas avoir trouvé une impulsion dans le conservatisme ambiant comme dans les positions du président George W. Bush qui, en 2000, avouait son scepticisme sur l’évolution en déclarant que sur ce point "le jury n’a pas encore tranché".

Le conseil des écoles de Dover (Pennsylvanie), organe de citoyens élus, fut ainsi le premier, fin 2004, à décréter le "dessein intelligent" comme alternative au darwinisme. Tandis que celui de Grantsburg (Wisconsin) votait pour que soit enseignée une approche critique de l’évolution. Selon une enquête publiée, jeudi 24 mars 2005, par l’Association américaine des professeurs de sciences (NSTA), 31 % des enseignants se sentent contraints d’inclure dans leurs cours des idées liées au créationnisme, pressions venant souvent d’élèves ou de parents.

Dans un pays très décentralisé où les causes avancent souvent par des décisions de justice, toutes les actions judiciaires sont suivies de près, comme celle engagée par des parents contre le conseil de Dover au nom de la séparation de l’Eglise et de l’Etat. En janvier 2005, un juge de Géorgie avait imposé aux écoles d’un district de retirer des autocollants apposés sur des livres et qui critiquaient l’évolution.

La théorie de Darwin, pour qui les espèces sont issues les unes des autres et qui fait descendre l’homme du singe, n’est pas contestée par les scientifiques, qui la considèrent comme le fondement de la biologie moderne.

Agence France Presse

Commentaire

La théorie de l’évolution des espèces n’est pas inexacte et l’être humain possède d’ailleurs des quantités de gènes identiques à ceux de la mouche, par exemple. Néanmoins, la théorie de l’évolution des espèces demeure superficielle dans la mesure où elle prétend expliquer l’évolution par le seul hasard. L’intelligence n’a aucune place dans cette théorie.

On retrouve cette idée d’un rôle déterminant du hasard dans la théorie de "la soupe originelle". Selon cette théorie, il suffirait de placer dans un bocal les éléments primordiaux indispensables à l’apparition de la vie, puis d’agiter ce bocal assez longtemps pour que les éléments chimiques se combinent de la manière indispensable et que la vie apparaisse. Cela revient à affirmer qu’il suffirait de prendre les pièces détachées d’un avion de ligne et de les secouer assez longtemps pour que le hasard finisse par produire "fatalement" un avion complet, avec les ailes à leur place, les éléments du moteur à leur place, les sièges bien rangés dans la carlingue et les plateaux repas prêts à être servis.

Pour peu qu’on analyse l’organisation d’un être vivant quelconque, on constate que cette organisation obéit toujours à une logique d’intérêt général : chacun des éléments contribue à la prospérité de tous les autres et bénéficie de leur prospérité. Les éléments de l’organisme s’adaptent entre eux, et l’organisme s’adapte à l’évolution de son environnement. Ce principe d’organisation s’observe aussi bien à l’intérieur d’une cellule qu’entre toutes les cellules d’un organisme ou à l’échelle d’un biotope. C’est-à-dire que la vie ne s’organise pas par hasard ; elle ne s’organise pas n’importe comment ; elle s’organise sur la base d’un principe fondamental universel, et le respect de ce principe fondamental universel est indispensable à la durée de la vie. Les pièces de l’avion ne doivent pas être assemblées "au hasard" ; elles doivent être assemblées de telle sorte que chacune contribue au bon fonctionnement des autres. Tel ne serait pas le cas si on fixait les sièges sur les ailes de l’avion et les trains d’atterrissage au sommet du fuselage.

Mieux encore : ce principe d’organisation d’intérêt général est une précondition à l’apparition de la vie. Ce n’est pas la matière qui a créé l’esprit ; c’est l’esprit qui a organisé la matière pour lui donner vie. Car ce qui distingue fondamentalement la matière vivante de la matière non-vivante, ce n’est pas sa composition atomique ; c’est son organisation. C’est-à-dire que l’idée d’une organisation d’intérêt général existait avant qu’un quelconque organisme vivant puisse exister. De même, les lois mathématiques existaient avant que l’humanité découvre leur existence.

Plus on analyse les propriétés d’une organisation d’intérêt général, plus on est frappé par l’extraordinaire intelligence de sa conception. Cette organisation d’intérêt général présente des avantages qu’on ne trouve dans aucun autre principe d’organisation. Elle a quelque chose de magique. Elle inclut des notions comme la logique, le plus élémentaire bon sens, la liberté, la justice, la solidarité. Si on part de ce principe d’organisation d’intérêt général, tout le reste coule de source et, de partout, on peut remonter, par le raisonnement, jusqu’à cette source fondamentale.

Quand un organisme ne respecte pas le principe fondamental de l’intérêt général, il provoque son auto-destruction. Par exemple, la raison d’être du cancer réside dans le fait qu’une cellule se multiplie sans tenir compte du reste de l’organisme. Elle prolifère au préjudice de l’organisme dont elle dépend, mais elle meurt en tuant l’organisme. De même, si un prédateur se met à tuer les proies sans nécessité, par pure cruauté, il fait disparaître la source de nourriture dont il dépend et provoque sa propre disparition.

La science moderne a longtemps été persécutée par la religion chrétienne, parce que les découvertes scientifiques contredisaient la Bible. Selon la Bible, Dieu aurait créé l’univers en sept jours et chacun des êtres vivants aurait aussitôt eu son apparence définitive. En démontrant l’évolution des espèces, Charles Darwin détruisait la crédibilité de la Bible. Si la Bible mentait à propos de la Génèse, quel crédit pouvait-on accorder au reste ?

En réaction au dogmatisme et à l’obscurantisme religieux, les scientifiques ont implicitement ou explicitement nié que Dieu ait eu un rôle quelconque dans l’histoire de la vie. Ils ont voulu tout expliquer par le seul fait du hasard. Ils ont élaboré des théories dans lesquelles l’intelligence -et donc l’esprit- n’a pas sa place. Etant donné que, selon leurs théories, Dieu n’a pas de raison d’être, tout étant censé se réduire à des interactions chimiques déterminées par le seul hasard, ces théories conduisent logiquement à la conclusion de l’inexistence de Dieu. En effet, pourquoi Dieu existerait-il s’il ne sert à rien ? L’erreur fondamentale de cette approche consiste à faire l’amalgame entre les religions et Dieu. Quand on a prouvé que la religion se trompe, on croit avoir prouvé que Dieu n’existe pas.

Lorsque j’ai interviewé Robin Offord -voir la rubrique Interwiews de ce même site web-, professeur de biochimie médicale, j’ai été frappé de constater qu’il niait l’intelligence de la nature. A peine admettait-il l’intelligence des mammifères les plus évolués. Selon lui, il était absurde d’imaginer qu’une cellule puisse être dotée d’une forme quelconque d’intelligence. Je lui ai donc demandé : "Si aucune des cellules de votre organisme n’est intelligente, comment se fait-il que vous soyez intelligent ?"

Frank BRUNNER

Lire, sur ce même site web, à la rubrique Sciences : "La logique interne de l’intérêt général".

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