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mardi 21 février 2017
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AFP, 25 mars 2005

Irak : Appel à manifester contre l’occupation


BAGDAD (AFP) - Onze membres des commandos du ministère de l’Intérieur irakien ont été tués dans une attaque suicide perpétrée, jeudi 24 mars au soir, à l’ouest de Bagdad alors que, vendredi 25 mars 2005, un imam du courant du chef chiite Moqtada Al-Sadr a appelé à une manifestation contre l’occupation du pays.


"Je réitère mon appel à l’organisation d’une manifestation d’un million de personnes afin d’obtenir un calendrier pour mettre fin à l’occupation", a affirmé cheikh Nasser Al-Sadi, dans son prêche du vendredi 25 mars 2005, dans la ville sainte de Koufa. "J’insiste sur cette demande de retrait et j’appelle tous les partis politiques à y participer (...) Ne pas fixer de calendrier pour le départ des forces étrangères du pays est une trahison", a ajouté cette figure religieuse populaire du courant de Moqtada Al-Sadr, sans toutefois fixer de date pour la manifestation. Il a appelé les députés irakiens à "dépasser les clivages ethniques et confessionnels et à se concentrer sur l’indépendance du pays". Selon lui, "quand la Marjaïya (plus haute instance religieuse chiite) a décidé de soutenir les élections et les listes électorales, elle voulait avant tout appuyer la souveraineté irakienne et aider le pays à sortir de la crise née de l’occupation".

Au total, les violences ont fait au moins 40 morts dans le pays, depuis jeudi 24 mars, selon des sources policières et américaines, alors que les Kurdes et les chiites devaient poursuivre, vendredi 25 mars 2005, leurs négociations pour la formation d’un gouvernement.

Jeudi 24 mars au soir, à Ramadi, 11 membres des commandos du ministère de l’Intérieur irakien ont été tués et neuf autres ainsi que deux soldats américains ont été blessés dans une attaque suicide. "Une voiture conduite par un kamikaze a explosé à l’entrée d’un point de contrôle", a indiqué un communiqué de l’armée américaine. L’attaque a aussi blessé trois civils, a précisé, vendredi 25 mars 2005, un officier américain, le capitaine Jeff Pool qui a précisé que le kamikaze avait péri dans l’explosion.

Vendredi 25 mars 2005, en début d’après-midi, un officier supérieur de l’armée irakienne, Salmane Mohammad, a été abattu dans sa voiture et ses trois fils blessés par des inconnus dans un quartier du sud-est de Bagdad. L’officier, qui était général dans l’ancienne armée irakienne de Saddam Hussein, avait le rang de colonel dans l’armée actuelle et servait à Bassorah.

Au sud de la capitale, à Iskandariyah, un soldat irakien a été tué et trois autres ont été blessés, vendredi 25 mars 2005, dans un autre attentat suicide à la voiture piégée à un point de contrôle de l’armée.

Dans le nord du pays, une fusillade, jeudi 24 mars, entre des policiers irakiens et des combattants kurdes qui venaient de perdre deux hommes dans un attentat, a fait sept morts dans les rangs de la police, selon un responsable kurde irakien. "Un engin explosif a sauté au passage du convoi d’un responsable du PDK (Parti démocratique du Kurdistan) pour la région, Serbest Trawnishi, tuant deux peshmergas" (miliciens kurdes), a dit Ali Yahyah, un responsable du PDK à Erbil. Les peshmergas qui protégeaient le convoi visé, se sont déployés autour du lieu de l’attentat pour parer à une éventuelle attaque. Au même moment, des policiers irakiens d’un poste tout proche sont passés à l’attaque, se sentant menacés par ce déploiement d’hommes armés qu’ils ont pris pour des résistants. Les peshmergas ont alors tué sept policiers. Des responsables kurdes et arabes de la région se sont réunis, vendredi 25 mars 2005, pour éclaircir les détails de la méprise. Le cheikh Abdallah Adjil Al-Yaouar, de la tribu des Shumar, a averti que "pour leur propre sécurité, les peshmergas feraient mieux d’éviter la région, parce qu’on ne peut pas contrôler l’émotion des gens, qui sont très en colère après ce qui s’est produit". Les Kurdes utilisent habituellement la route reliant Mossoul à la frontière syrienne pour sortir du pays.

En marge de ces violences, sur la scène politique, négociateurs chiites et Kurdes devaient se réunir, vendredi 25 mars après-midi, pour parachever la Constitution du futur gouvernement, dont l’annonce se fait attendre, près de deux mois après les élections du 30 janvier. La deuxième session du Parlement irakien devrait avoir lieu, "en principe", lundi 28 mars, et les députés pourraient désigner le Conseil présidentiel, la plus haute instance de l’Etat, si les pourparlers kurdo-chiites, qui traînent en longueur, aboutissent d’ici là. Les chiites et les Kurdes, dont les listes peuvent compter sur respectivement 146 et 77 sièges au Parlement (sur un total de 275), négocient, depuis la fin février 2005, pour l’attribution des portefeuilles ministériels.

Par ailleurs, un collaborateur de Moqtada Al-Sadr a demandé au chef kurde Jalal Talabani, pressenti pour être le futur chef de l’Etat irakien, de l’aider à obtenir des forces américaines la libération de ses militants détenus dans leurs prisons.

Agence France Presse

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