retour article original

mardi 23 mai 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Iran (1ère partie) : Du 12 janvier 2004 au 23 juin 2004
AFP, 14 février 2004

Iran : La campagne des législatives démarre doucement


Distribution de tracts à Teheran

TEHERAN (AFP) - La campagne s’est véritablement ouverte samedi en Iran, les candidats aux législatives couvrant les murs de leurs affiches pour convaincre un électorat apparemment désabusé d’aller voter le 20 février 2004.

La campagne a commencé officiellement jeudi 12 février. Mais c’était en pleins congés. Les Iraniens sont retournés au travail samedi matin, et quelque 5.000 candidats ont montré davantage d’ardeur à séduire un peu plus de 46 millions d’électeurs.

Les prétendants à l’un des 290 sièges du Majlis (parlement) ont jusqu’à mercredi soir pour parvenir à leurs fins.


Les murs de Téhéran se sont couverts de placards. Cependant, la capitale n’était pas gagnée par la fièvre électorale. Les Téhéranais paraissaient plus préoccupés, à courte vue, de réserver dans un restaurant pour la soirée de la Saint-Valentin.

"Moi, je ne fais que coller des affiches", a indiqué Hassan, un ouvrier employé à de nouvelles tâches le temps des élections, "je ne sais même pas qui est ce type, et je ne crois pas que je vais prendre la peine d’aller voter".

On colle les affiches électorales à Teheran

Parmi des dizaines de personnes interrogées par l’AFP samedi, une seule, un homme d’affaires de 47 ans, a dit avoir l’intention de voter.

La désillusion de ceux qui avaient élu triomphalement un parlement réformateur il y a quatre ans annonçait déjà une forte abstention. L’élimination, par les organes conservateurs non-élus, de 2.300 candidats, très majoritairement des réformateurs jugés coupables de manquements à l’islam et à la constitution, risque d’avoir encore accru le désintérêt des Iraniens.

Le parlement iranien

Nombre de personnalités réformatrices, dont environ 80 députés sortants, ont été interdites de se présenter.

Le ministère de l’Intérieur, chargé d’organiser le scrutin, a annoncé samedi que sur les 5.600 candidats restants recensés jusqu’alors, 550, qui avaient pourtant le feu vert des organes de contrôle conservateurs, se sont finalement désistés.

Parmi eux figurent plusieurs députés réformateurs sortants, dont l’ancien ministre de l’Intérieur Ali Akbar Mohtachami-Pour, Fatemeh Rakeie, Chams Vahabi et Nasser Khaleghi.

La censure des candidatures réformatrices a provoqué l’une des plus graves crises politiques de la République islamique. Le doute a pesé plusieurs semaines sur la tenue de la consultation à la date prévue.

Environ 130 députés sortants ont présenté leur démission, risquant de paralyser dans les prochains mois le travail du parlement sur des projets aussi importants que le budget.

Le président réformateur du parlement, Mehdi Karroubi, cité par l’agence officielle Irna, a cependant déclaré "hors de question" que ces démissions soient considérées comme valables parce que, présentées collectivement, elles empêchaient l’assemblée d’atteindre "le quorum requis pour en débattre". "Le parlement travaillera jusqu’au 26 mai et ces démissions ne seront pas acceptées".

Mehdi Karroubi

Dans la capitale, 52 candidats ont renoncé, ce qui signifie que 1.265 postulants vont se disputer les 30 mandats du Grand Téhéran, qui comprend Téhéran et plusieurs villes périphériques.

Leur campagne devrait se mener largement sur les affiches, dans les journaux et sur internet, et non au cours de réunions publiques ou à la télévision.

Certains candidats se sont prémunis contre le risque que leur tract finisse à la poubelle en imprimant des calendriers ou des professions de foi arborant des vers du Coran ou le drapeau tricolore national.

Le parlement européen a adopté jeudi une résolution affirmant que ces législatives "ne peuvent être qualifiées de libres et de loyales".

Ces élections "sont une affaire intérieure de la République islamique" et toute ingérence "ne mérite pas qu’on y prête attention", a répondu le porte-parole du ministère des Affaires étrangères. Cependant, a ajouté Hamid Reza Assefi, "nous recommandons au parlement européen de consacrer plus de temps aux violations des droits de l’Homme dans les pays européens, en particulier contre les musulmans d’Europe".

Agence France-Presse

Hamid Reza Assefi

Si vous souhaitez soutenir l’activité du site web interet-general.info, vos dons sont les bienvenus sur le compte de la Banque cantonale de Genève No Z 3267.34.01 Clearing bancaire (CB) : 788 IBAN CH48 0078 8001 Z326 7340 1

Compte de chèque postal : 12-1-2

Veuillez libeller les chèques au nom de : interet-general.info

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source