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Reuters, 30 mars 2005

Proche Orient : A Gaza, des colons israéliens promettent une résistance de masse


Un colon israélien manifeste, à Gush Katif, le 27 septembre 2004

NEVE DEKALIM, bande de Gaza (Reuters) - Des colons juifs ont juré de mobiliser des foules pour protester contre leur expulsion de la bande de Gaza, après avoir vu s’envoler, mardi 29 mars 2005 au soir, leur dernière chance de voir le plan de retrait du Premier ministre, Ariel Sharon, entravé par la Knesset.

Une roquette pakestinienne tirée contre la colonie israélienne de Neve Dekalim, le 10 février 2005


"Nous ne laisserons pas cela (le retrait) se produire", a déclaré un porte-parole des colons, Eran Sternberg, après l’adoption par le parlement israélien du projet de budget pour 2005 présenté par Ariel Sharon, qui lève le dernier obstacle à l’expulsion des colons, prévue en juillet. "Plusieurs centaines de milliers de personnes vont bientôt venir (dans nos secteurs). Elles vont prouver que ce retrait est impossible. La police ne peut rien faire contre des centaines de milliers de personnes, ils vont trouver de la résistance", a-t-il ajouté.

Des résistants palestiniens manifestent, à Khan Younis, le 27 mars 2005

Les représentants des colons ont promis qu’ils n’encourageraient pas les violences, mais ont prévenu que l’abandon des colonies juives de la bande de Gaza -pourtant approuvé par une majorité d’Israéliens- risquait de déclencher une guerre civile. "Il ne fait aucun doute que des gens vont être tués, combien je ne sais pas", estime Ron Bakshi, qui vit à Neve Dekalim, une colonie dont le nom en hébreu signifie "Beaux palmiers". "Les jeunes le prennent encore plus mal que leurs parents. Ils sont nés ici, c’est toute leur vie. Ils pourraient entreprendre des actions extrêmes."

Des colons manifestent contre le retrait de la bande de Gaza, à Jérusalem, le 28 mars 2005

Le plan de retrait d’Ariel Sharon prévoit qu’Israël expulse les quelque 8500 colons de la bande de Gaza vivant sur des territoires que beaucoup, au sein de cette communauté, considèrent comme leur revenant de droit en se fondant sur la Bible. Ils y vivent dans des enclaves placées sous haute surveillance, parmi 1,3 million de Palestiniens. Quatre des 120 colonies de Cisjordanie devront également être évacuées.

Des colons manifestent contre le retrait de la bande de Gaza, à Jérusalem, le 28 mars 2005

"Nous n’avons pas l’intention de renoncer"

Les Palestiniens réclament à la fois la bande de Gaza et la Cisjordanie pour l’Etat indépendant qu’ils souhaitent établir. Mais pour les colons tout retrait serait un aveu de défaite face aux résistants palestiniens jouant un rôle moteur dans la deuxième intifada déclenchée en septembre 2000. "Une corde a été nouée autour de nos cous, mais nous n’avons pas l’intention de renoncer", prévient, en larmes, Nitza Perry, qui vit à Neve Dekalim. "Ne vous attendez pas à ce que je leur donne ma clé en disant "Bon ben salut, c’était bien sympa ici", ajoute Nitza Perry.

Des colons manifestent contre le retrait de la bande de Gaza, à Jérusalem, le 28 mars 2005

Les colons ont jusqu’au 20 juillet 2005 pour accepter la somme que leur propose le gouvernement en échange d’un départ volontaire, sans quoi ils seront expulsés de force. Les familles devraient toucher entre 200000 et 400000 dollars, en fonction de leur taille.

Des colons manifestent contre le retrait de la bande de Gaza, à Jérusalem, le 28 mars 2005

Beaucoup de colons ne pardonnent pas à Sharon d’avoir changé de tactique, après avoir été pendant longtemps le champion de la colonisation. Ariel Sharon, d’un point de vue pragmatique, considère les colonies vouées à l’évacuation comme des poids économiques et politiques, le maintien de leur sécurité étant très coûteux, mais il souhaite garder les colonies de Cisjordanie, qui abritent la plupart des 230000 autres colons. Le gouvernement israélien s’attend à ce que la plupart des colons partent sans histoires, mais selon un responsable environ 300 familles pourraient être expulsées.

Des colons manifestent contre le retrait de la bande de Gaza, à Jérusalem, le 28 mars 2005

Les Palestiniens ont salué le plan de retrait, mais craignent qu’Israël ne renonce à la bande de Gaza que pour conserver le contrôle d’une partie de la Cisjordanie. "La communauté internationale doit s’assurer que le retrait de la bande de Gaza est un début, et non une fin", a déclaré un haut responsable palestinien, Saëb Erekat.

Reuters

Des soldats israéliens, à Hebron, le 29 mars 2005

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