retour article original

jeudi 23 mars 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Côte d’Ivoire (2ème partie) : Du 10 janvier 2005 au 28 décembre (...)
Reuters, 2 avril 2005

Côte d’Ivoire : Le désarmement des rebelles au coeur du sommet de Pretoria


ABIDJAN (Reuters) - Les protagonistes de la guerre civile, en Côte d’Ivoire, se retrouvent, dimanche 3 avril 2005, à Pretoria, en Afrique du Sud, pour une nouvelle réunion de la dernière chance, centrée sur la question du désarmement des rebelles, dont l’objectif sera de sortir le pays de la crise dans laquelle il est plongé depuis deux ans et demi.


Mais à l’approche de ces pourparlers, auxquels devraient participer le président ivoirien, Laurent Gbagbo, et le chef rebelle, Guillaume Soro, chaque partie campe sur ses positions diamétralement opposées, qui bloquent depuis plus de deux ans ans la mise en oeuvre du processus de sortie de crise et de réconciliation de Marcoussis, signé sous la férule de la France, en janvier 2003.

Les "Forces nouvelles" réclament une modification de la constitution permettant au principal chef de file de l’opposition, l’ancien Premier ministre, Alassane Dramane Ouattara, de se porter candidat à l’élection présidentielle, théoriquement prévue en octobre 2005. Laurent Gbagbo soutient de son côté que cette révision de la loi fondamentale doit être approuvée par référendum et que cette consultation ne pourra être organisée qu’une fois les rebelles désarmés. "Aujourd’hui, l’unique question qui demeure est celle du désarmement. C’est pourquoi la communauté internationale devrait insister sur cette question pour que les rebelles accomplissent leur unique part de l’engagement", a déclaré le porte-parole de Laurent Gbagbo, Désiré Tagro. "Le président de la République espère que cette rencontre se traduira par l’adoption d’un calendrier clair pour le désarmement, la démobilisation et la réinsertion (des rebelles)", a-t-il ajouté.

Pessimisme

De leur côté, les "Forces nouvelles" répètent que les réformes législatives doivent être adoptées avant toute discussion sur leur désarmement. "Si le président Gbagbo estime que la priorité, c’est le désarmement, il devrait travailler pour réunir les conditions pour aller au désarmement", a affirmé à Reuters Amadou Koné, conseiller de Guillaume Soro. Amadou Koné a également accusé Laurent Gbagbo de créer des milices "mieux armées que les forces régulières".

Signe du pessimisme ambiant, avant la tenue de cette nouvelle réunion, menée par le président sud-africain, Thabo Mbeki, sous mandat de l’Union africaine, le Royaume-Uni a décidé, vendredi 1er avril 2005, de fermer son ambassade à Abidjan, par crainte d’une reprise des hostilités. Londres recommande également à ses ressortissants de quitter l’ancienne colonie française, où les rumeurs de réarmement des forces gouvernementales comme des rebelles des "Forces nouvelles" vont bon train depuis plusieurs semaines.

"Minuit moins cinq"

En dépit de la présence de 6000 casques bleus et des 4000 soldats français de l’opération Licorne, le temps presse, plus de trente mois après l’éclatement de la crise qui a conduit à la partition de l’ancien "poumon économique" d’Afrique de l’Ouest. Depuis la tentative de coup d’Etat contre le président ivoirien, en septembre 2002, la moitié sud est loyale à Laurent Gbagbo, la moitié nord contrôlée par les rebelles. "Comme les aides-soignantes d’un patient en phase terminale d’un cancer, nous fêtons chaque mois gagné", témoigne un officier des forces de l’ONU en Côte d’Ivoire cité, samedi 2 avril 2005, par l’envoyé spécial du Figaro, Patrick de Saint-Exupéry. "En cette ancienne vitrine de la France en Afrique, il est minuit mois cinq", poursuit le quotidien français.

L’Ouest ivoirien, où mercenaires et miliciens sèment la peur, concentre une partie des affrontements les plus violents de cette guerre larvée. Les tensions ont atteint un nouveau pic ces derniers jours et l’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch affirmait, cette semaine, que les forces gouvernementales avaient intensifié, le mois dernier, le recrutement d’ex-combattants au Liberia voisin. "Le gouvernement ivoirien parle de paix tout en se préparant activement à la guerre en utilisant des combattants étrangers, dont des enfants-soldats démobilisés du Liberia", accuse Peter Takirambudde, directeur pour l’Afrique de Human Rights Watch.

En mars, la France évoquait ses préoccupations face aux "nombreux signaux négatifs" enregistrés en Côte d’Ivoire. Au siège des Nations Unies, où le Conseil de sécurité doit renouveler, lundi 4 avril 2005, le mandat de l’Onuci, l’ambassadeur français, Jean-Marc de la Sablière, a souligné, cette semaine, qu’un échec des pourparlers de Pretoria serait "grave".

Le mandat de la force de maintien de la paix de l’ONU en Côte d’Ivoire expire lundi 4 avril 2005 à minuit, et la France plaide pour que le Conseil ne le renouvelle que pour une durée d’un mois afin de donner à ses membres le temps d’analyser les résultats de Pretoria et de modifier éventuellement les termes de sa présence en Côte d’Ivoire.

Reuters

Si vous souhaitez soutenir l’activité du site web interet-general.info, vos dons sont les bienvenus sur le compte de la Banque cantonale de Genève No Z 3267.34.01 Clearing bancaire (CB) : 788 IBAN CH48 0078 8001 Z326 7340 1

Compte de chèque postal : 12-1-2

Veuillez libeller les chèques au nom de : interet-general.info

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source