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vendredi 18 août 2017
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AP, AFP, 15 février 2004

Les rebelles haïtiens reçoivent des renforts

Suivi de : "Haïti : les insurgés des Gonaïves de plus en plus menaçants pour le pouvoir"


Barricade aux Gonaives, le 14 février 2004

LES GONAIVES, Haïti (AP) - Les rebelles haïtiens qui cherchent à renverser le président Jean-Bertrand Aristide ont reçu samedi des renforts venus de la République dominicaine voisine, selon des témoins joints par téléphone, tandis que les forces de police haïtienne se sont enfuies de deux villes du Nord du pays.


Une vingtaine de commandos sont arrivés, samedi 14 février 2004, en Haïti, menés par Louis-Jodel Chamblain, un ancien soldat haïtien, chef des escadrons de la mort en 1987 ainsi que de la milice connue sous le nom de Front pour l’avancement et le progrès de Haïti (FRAPH), responsable de la mort et de la mutilation de nombreux Haïtiens au début des années 1990.

Guy Philippe, un ex-chef de police qui s’est enfui en République dominicaine après avoir été accusé par le gouvernement haïtien d’avoir fomenté un coup d’Etat en 2002, est également arrivé aux Gonaïves pour aider les rebelles dans leur bras-de-fer avec le président Aristide.

Guy Philippe

Selon des témoins joints par téléphone, ces hommes fraîchement débarqués sur l’île travaillent avec les rebelles basés aux Gonaïves, mais se regroupent pour l’heure à Saint-Michel de l’Atalaye, à environ 45km à l’est de Gonaïves.

Les Gonaives, 11 février 2004

"Chamblain et ses hommes sont en train de profiter de la situation pour arriver à leurs propres fins, ce qui signifie la perversion du mouvement démocratique", a déclaré Himler Rebu, un des chefs de l’opposition et ancien colonel de l’armée à la tête d’un coup d’Etat raté de 1989 contre le général Prosper Avril.

Himler Rebu

Par ailleurs, les rebelles ont repris samedi la ville de Dondon dans le nord du pays, selon des témoins, et se sont emparés de Sainte-Suzanne, deux localités situées près du port de Cap-Haïtien.

Non loin de là, ils ont barré la route reliant Trou-du-Nord à Ouanaminthe, à la frontière dominicaine. Selon des marchands obligés de rebrousser chemin samedi, l’acheminement de vivres et de carburant de République dominicaine est ainsi interrompu.

Les environs d’Ouanaminthe

Les rebelles ont par ailleurs enflammé des barrages de pneus samedi matin à l’entrée sud des Gonaïves qu’ils contrôlent depuis le 5 février et patrouillaient armés de fusils alors que la rumeur prédisait une contre-attaque policière.

Barricade dans l’une des rues principales de Gonaives, le 13 février 2004

D’autres opposants au président Jean-Bertrand Aristide ont appelé à une manifestation de masse dimanche à Port-au-Prince, la capitale. Au moins 58 personnes, des opposants pour la plupart, sont mortes depuis le début du soulèvement populaire à la mi-septembre.

Les organisations humanitaires redoutent une crise alimentaire et médicale. Les Nations unies ont demandé aux belligérants d’ouvrir un couloir humanitaire menant au nord d’Haïti.

"La population, qui est complètement coupée des autres parties du pays, se trouve dans une situation très risquée, très dangereuse", a déclaré le Premier ministre Yvon Neptune depuis la capitale, Port-au-Prince.

Associated Press

Yvon Neptune

Haïti : les insurgés des Gonaïves de plus en plus menaçants pour le pouvoir

PORT-AU-PRINCE (AFP) - Les renforts armés arrivés aux Gonaïves pour soutenir les insurgés de la quatrième ville haïtienne, font désormais peser un danger réel de renversement par la force du président Jean Bertrand Aristide.

Pillage d’un poste de police, aux Gonaives, le 11 février 2004

La présence des anciens paramilitaires de l’ex-dictateur Raoul Cedras (1991-1994) avec à leur tête l’un de leurs chefs, Louis-Jodel Chamblain, et de l’ex-commissaire Guy Philippe, de retour tous deux de leur exil en république Dominicaine voisine, constitue un renfort conséquent au Front de Résistance Révolutionnaire de l’Artibonite.

Son dirigeant Butteur Métayer avait déclaré vendredi qu’il donnait jusqu’à fin février au président haïtien pour quitter le pouvoir, en menaçant de marcher sur Port-au-Prince.

Butteur Métayer exhibant la photo de son frère Amiot, assassiné par les sbires de Jean-Bertrand Aristide

Louis-Jodel Chamblain et Guy Philippe, devenus des ennemis jurés du président haïtien, le premier accusé d’exactions sanglantes et le second de tentative de coup d’Etat, ont confirmé cet objectif dans des déclarations à une radio haïtienne où ils affirment être venus avec des camions et des hommes en armes.

Personne ne sait de quelles forces disposent les insurgés du nord.

Les Gonaives, 11 février 2004

"Personne ne pourra arrêter cinq cents hommes bien armés", a déclaré samedi Jonas Petit, porte-parole du parti Lavalas au pouvoir. Mais déjà des partisans de son parti ont monté des barrages à Saint-Marc, à 40 kilomètres au sud de Gonaïves sur la route de Port-au-Prince, ont rapporté des journalistes de retour de la ville insurgée.

Pillage de containers de marchandises, sur le port de Saint-Marc

Les forces de la police haïtienne, seule force armée régulière dans le pays, se montent à moins de 5.000 hommes. "Ces forces sont insuffisantes" pour faire face aux violences qui se sont développées dans le pays depuis une semaine, ajoute Jonas Petit.

Ces forces n’ont pas été en mesure de reprendre les Gonaïves, tombée aux mains du Front de Résistance de l’Artibonite, il y a dix jours.

"Selon le schéma historique en Haïti, une insurrection victorieuse dans l’Artibonite est fatale au pouvoir", a estimé l’historien et journaliste haïtien Georges Michel, rappelant les précédents du 19ème siècle.

"S’ils ont les moyens, ils représentent la plus grande menace pour le pouvoir" du président haïtien, ajoute samedi le professeur de l’université de Port-au-Prince.

"Nous sommes entrés dans phase critique", conclut-il.

"Je m’inquiète d’une extension du mouvement des Gonaïves", soulignait pour sa part Micha Gaillard, l’un des dirigeants de l’opposition politique qui souhaite un départ du président Aristide, mais par des voies pacifiques.

Micha Gaillard

L’opposition se préparait samedi à une manifestation dimanche à Port-au-Prince.

Une marche des insurgés vers la capitale irait à l’encontre des souhaits de la communauté internationale qui s’oppose à un départ forcé du président Aristide, comme l’a rappelé vendredi le chef de la diplomatie américaine Colin Powell.

Agence France Presse

Scène de rue

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