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jeudi 23 mars 2017
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AFP, 14 avril 2005

Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara éligible à l’élection présidentielle


ABIDJAN (AFP) - La médiation du président sud-africain, Thabo Mbeki, a ouvert la voie, mercredi 13 avril 2005, à une candidature à la présidence d’un des principaux opposants ivoiriens, une percée majeure dans la tentative de règlement de la crise politico-militaire qui secoue le pays depuis septembre 2002.


Thavo Mbeki a demandé, dans une décision très attendue, que tous les responsables politiques ivoiriens signataires d’un accord de paix -parmi lesquels l’ex-premier ministre, Alassane Ouattara- puissent se présenter à la prochaine présidentielle, prévue en octobre 2005. Le médiateur sud-africain a enjoint au président Laurent Gbagbo de mettre en oeuvre "dès que possible" l’application de sa décision. La question de l’éligibilité figure au coeur de la crise politico-militaire en Côte d’Ivoire, coupée en deux par une rébellion contrôlant le nord depuis septembre 2002, après un sanglant coup d’Etat raté contre M. Gbagbo.

La demande de M. Mbeki ouvre la voie à la candidature de M. Ouattara, un musulman originaire du nord, qui avait été écarté de la course à la présidence en 2000 pour "nationalité douteuse". Cette mise à l’écart politique avait précipité l’accélération de la crise et des tensions ethniques entre le sud et les populations du nord. "Pour ce qui concerne les élections présidentielles de 2005, le Conseil Constitutionnel devrait accepter l’égibilité des candidats qui seraient présentés par les partis politiques signataires de l’accord de Linas-Marcoussis", conclu en France, en janvier 2003, a dit M. Mbeki dans une lettre adressée à tous les protagonistes de la crise. M. Mbeki "demande à son excellence le président Gbagbo de faire usage des pouvoirs attribués au président au terme de la Constitution de la Côte d’Ivoire, en particulier l’article 48, pour donner force de loi à la décision ci-dessus", selon cette lettre. Cet article donne des pouvoirs exceptionnels pour agir quand l’intégrité territoriale est atteinte. M. Mbeki a considéré que c’était le cas en raison de la partition du pays.

Le parti de M. Ouattara, le Rassemblement des Républicains (RDR), principal parti d’opposition avec le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) de l’ex-président Henri Konan Bédié s’est félicitée de cette décision. "C’est une victoire pour nous, et surtout une victoire pour les Ivoiriens. Mais ne faisons pas de triomphalisme. L’essentiel pour nous, ce sont les élections", a déclaré un responsable du RDR.

Les partisans de M. Gabgbo se sont opposés à la participation de M. Ouattara, accusé d’être le responsable de la crise et l’inspirateur de la rébellion. M. Gbagbo a soutenu que la question de l’éligibilité devait être tranchée par un référendum, ce que refusait les rebelles et l’opposition. Les principaux protagonistes de la crise avaient signé, le 6 avril 2005, à Pretoria, un accord de paix, salué par la communauté internationale, prévoyant notamment le désarmement, le démantèlement des milices et le retour des rebelles au sein du gouvernement de "réconciliation nationale". Les parties n’avaient pas pu se mettre d’accord sur l’éligibilité, et s’en étaient remis à M. Mbeki sur ce point.

Aussitôt la décision de M. Mbeki rendue publique, M. Gbagbo a convoqué toute une série de réunions de "concertation", à partir de lundi 18 avril, avec les associations de la société civile et de l’Etat. Il recevra notamment le Parlement, le 30 avril, et les forces de défense le 3 mai 2005.

Jeudi 14 avril 2005, une importante réunion doit se tenir entre les états-majors de la rébellion et de l’armée, à Bouaké, fief de la rébellion, pour la reprise du processus de désarmement, au point mort depuis plus de deux ans. Six mille casques bleus, appuyés par 4000 soldats français sont toujours déployés pour séparer l’armée loyaliste et la rébellion dans cette ex-colonie française, premier producteur mondial de cacao.

Agence France Presse

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