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lundi 26 juin 2017
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AFP, 18 avril 2005

Irak : Pas d’otages chiites à Madaïen, retard dans la formation du gouvernement


Les troupes irakiennes, aidées de soldats américains, n’ont pas trouvé trace d’habitants chiites qui auraient été pris en otages dans un bastion de bandits et résistants, au sud de Bagdad, tandis que des voix s’élèvent contre le retard pris dans la formation d’un gouvernement.


Les troupes ont pris, lundi 18 avril 2005, sans aucune résistance, le contrôle de la ville de Madaïen, à 30 km au sud de Bagdad, et n’y ont trouvé aucune trace des habitants qui, selon des sources du ministère de la Défense et des témoins, auraient été détenus par des insurgés sunnites les menaçant de mort.

Des informations contradictoires avaient circulé depuis le début de cette prise d’otages présumée, vendredi 15 avril 2005 au soir. Des témoins ayant fui Madaïen, civils et militaires, de même que des sources au ministère de la Défense, avaient affirmé que des hommes armés détenant quelque 80 habitants chiites, dont femmes et enfants, menaçaient de les tuer, à moins que tous les chiites n’évacuent la ville.

Des informations contradictoires avaient ensuite couru sur la libération d’otages dans une opération des forces irakiennes et d’une médiation du Comité des oulémas musulmans, l’association des religieux sunnites. "Toute la ville est sous notre contrôle, nous avons sécurisé les maisons où les gens disaient qu’il y avait des otages et nous n’avons pas pu en trouver un seul", a dit, lundi 18 avril 2005, le général de brigade irakien Mohamed Sabri Latif. De son côté, Abdel Salam Al-Koubeissi, un responsable du Comité des oulémas a déclaré qu’il n’y avait "pas eu de médiation proprement dite pour libérer des otages parce que selon nous il n’y a pas d’otages". Une force de 1500 hommes des commandos et policiers du ministère de l’Intérieur a pénétré sans combat à Madaïen.

Lundi 18 avril 2005 au matin, les rues de la ville étaient désertes et la plupart des 7000 habitants restaient terrés chez eux, dans la crainte d’opérations militaires. "Les (résistants) sont partis ou se tiennent tranquille", a dit le lieutenant colonel Michael Johnson, commandant le 3ème escadron du 7ème régiment de cavalerie américaine.

Cette affaire de présumés otages chiites aux mains d’insurgés sunnites a illustré le climat de méfiance profonde séparant les principales communautés, aisément alimenté par des informations invérifiables. Le Premier ministre sortant, Iyad Allaoui, a ainsi appelé "les chefs de tribus à se reprendre pour éviter les conflits intercommunautaires et la population à coopérer avec les forces de l’ordre".

Près de trois mois après les élections du 30 janvier 2005 et 11 jours après la nomination du chiite Ibrahim Jaafari Premier ministre d’Irak, le pays est toujours sans gouvernement et des députés ont affirmé que ce retard pesait sur la situation sécuritaire et économique. "Plus le processus traîne en longueur, plus nous verrons de l’instabilité et des attaques terroristes", a déclaré Hoshyar Zebari, un Kurde, ministre sortant des Affaires étrangères. Houmam Hamoudi, député chiite, a jugé "nécessaire de résoudre cette question (du gouvernement) d’ici la fin de la semaine prochaine, parce que la situation de la sécurité et de l’économie (...) se détériorent".

Au moins treize personnes ont été tuées, le 17 avril 2005, dans les violences dans le pays, dont un soldat américain dans une attaque ; et un Français, une humanitaire américaine et une personne non-identifiée dans un attentat suicide contre leur véhicule, sur la route de l’aéroport de Bagdad. Selon les derniers chiffres du Pentagone, ce décès porte à 1.551 le nombre de soldats américains morts en Irak depuis l’invasion de ce pays en mars 2003.

Dans le nord, un oléoduc de la région de Kirkouk alimentant la raffinerie de Baïji, dans le nord de l’Irak, a pris feu après un acte de sabotage.

Enfin, un premier contingent de 40 soldats sur les 450 militaires supplémentaires que l’Australie a décidé d’envoyer en Irak est arrivé au Koweït. Ces nouvelles forces qui seront en place vers la fin mai, seront chargées de protéger les troupes japonaises en mission humanitaire dans la province d’Al-Muthanna. Elles devront remplacer un corps de 1400 Néerlandais. L’Australie compte déjà quelque 450 militaires en Irak.

Agence France-Presse

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