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AFP, 21 avril 2005

Proche Orient : Ariel Sharon, cible de critiques face à la préparation confuse du retrait de Gaza


Des colons israéliens à Sanur, le 18 avril 2005

JERUSALEM (AFP) - Au moment où l’armée a commencé à évacuer une partie de ces équipement de la bande de Gaza, le Premier ministre israélien, Ariel Sharon, est la cible de plus en plus de critiques à propos des préparatifs du retrait de cette région.

Ariel Sharon


M. Sharon a dévoilé son plan d’évacuation des 8000 juifs, en 2004, mais il a ensuite reporté la date du lancement de cette opération qui devait initialement débuter en mai 2005. Très peu de colons qui doivent être évacués savent où ils vont habiter cet automne et s’ils vont percevoir des indemnités. Le gouvernement doit également se décider sur le fait de laisser ou non les maisons des colons intactes ainsi que du sort de ceux qui sont enterrés dans le seul cimetière juif dans la bande de Gaza.

Des Palestiniens attendent que leurs cartes d’identité soient contrôlées par les Israéliens, à Hebron, le 19 avril 2005

Pour tenter d’accélérer les choses, M. Sharon a présidé, cette semaine, la première réunion d’une commission ministérielle chargée de superviser le retrait. Dans un premier temps, cette commission a décidé de l’achat de plusieurs centaines de maisons mobiles qui serviront d’habitations provisoires, ainsi que la location de plusieurs centaines de logements dans la région du Néguev, dans le sud d’Israël. Mais cette commission n’a pas été en mesure de fixer la date de l’évacuation.

Des marmites d’eau mise à bouillir pour désinfecter les ustensiles de cuisine, à jérusalem, le 20 avril 2005

Actuellement, le retrait est censé commencer vers fin juillet 2005, mais le Premier ministre a fait savoir qu’il souhaitait reporter l’échéance de trois semaines en raison d’une période de deuil observée à ce moment-là par les juifs religieux pour commémorer la destruction du Temple à Jérusalem. Zevoulun Orlev, dirigeant du Parti national religieux, porte-parole des colons, a affirmé que le gouvernement avait fait preuve de "stupidité et d’insensibilité" en prévoyant ce retrait durant cette période.

Un vendeur de livres à Jérusalem, le 20 avril 2005

La confusion générale ne porte toutefois pas seulement sur le calendrier. L’incertitude règne également à propos des indemnités qui seront versées aux colons qui n’ont pour le moment rien vu venir alors que le parlement a adopté une loi sur cette question. Une grande partie du problème provient des réticences des colons à entamer des négociations avec le gouvernement qui pourraient être considérées comme une reconnaissance de la légitimité du retrait.

Evacuation de matériel militaire, près de la colonie israélienne de Neve Dekalim, le 20 avril 2005

Naomi Granot, qui gère une petite usine textile dans la colonie de Rafiah Yam (sud de la bande de Gaza) affirme qu’elle est "dans le noir" à propos des indemnités, sur les possibilités de logements et sur les écoles que fréquenteront ses enfants à la rentrée scolaire. "Je suis inquiète pour l’avenir car personne ne nous fournit de réponse. Nous sommes les victimes de ce plan, dont nous apprenons la teneur en lisant les journaux", déplore-t-elle.

Evacuation de matériel militaire, près de la colonie israélienne de Neve Dekalim, le 20 avril 2005

De son côté, M. Sharon a rejeté les accusations d’impréparations. Incapable de trouver un terrain d’entente, le Premier ministre a ordonné au directeur général de son bureau Ilan Cohen "de faire tout son possible pour parvenir à un accord" avec les colons. Face à la confusion que fait régner le gouvernement, l’armée veut donner l’impression de se préparer sérieusement. Elle a commencé à évacuer du matériel logistique cette semaine et a procédé à une simulation pour examiner différents scénarios allant de menaces de suicides collectifs de colons à des attaques armées de Palestiniens au moment du retrait.

L’armée israélienne évacue des infrastructures, dans la bande de Gaza, le 20 avril 2005

Très critique, la presse a accusé le gouvernement d’entretenir un "balagan", un mot hébreu familier signifiant confusion, désordre, chaos. "A trois mois de l’évacuation, le plan de désengagement continue à ressembler à un fromage suisse", soulignait ainsi le quotidien Yédiot Aharonot. "Ceux qui ont tout planifié ont oublié de consulter un calendrier avant de choisir une date, ils n’ont pas non plus pris la peine d’examiner la carte pour savoir où les colons seront relogés et ils ont été incapables de prévoir la nature et l’ampleur des indemnités (...) Tout cela a terriblement mauvaise allure et relève de l’irresponsabilité", souligne le journal.

Agence France Presse

Evacuation de matériel militaire, près de la colonie israélienne de Neve Dekalim, le 20 avril 2005

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