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dimanche 26 février 2017
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AFP, 29 avril 2005

Irak : Le monde arabe sceptique face au nouveau gouvernement


LE CAIRE (AFP) - Les pays arabes sont restés sceptiques sur la capacité du premier gouvernement irakien d’après les élections générales de janvier 2005 à contenir la violence et à ramener la stabilité dans un pays déchiré par plus de deux ans de violences.


Le ministre égyptien des Affaires étrangères, Ahmed Aboul Gheit, a indiqué que son pays "accueille favorablement cette étape essentielle du processus politique irakien, qui comprend notamment la rédaction d’une constitution", tout en estimant que les "tiraillements (entre les diverses communautés irakiennes) vont se poursuivre et que l’instabililité va durer encore quelque temps".

Oussama Saraya, directeur de la rédaction de la revue gouvernementale Al-Ahram Al-Arabi, a estimé que "l’hiver politique va se prolonger en Irak". "Nous souhaitons que l’Irak connaisse un printemps politique, mais c’est hélas l’hiver politique qui se prolonge", a-t-il dit, en incriminant la faiblesse d’une "classe politique venue de l’étranger" pour diriger ce pays après la chute du président Saddam Hussein. De nombreux dirigeants irakiens actuels, anciens opposants à Saddam Hussein, vivaient en exil à l’étranger, notamment en Iran, aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni.

Pour les journaux du Golfe, qui se font généralement écho des positions officielles, le nouveau gouvernement irakien, qui a laissé vacants plusieurs ministères importants, dont ceux de la Défense et du Pétrole, va être confronté à d’énormes défis. "C’était une naissance par césarienne (...), les pressions étaient fortes (...) Washington est intervenue ouvertement pour en finir" avec les tractations de plusieurs semaines entre les vainqueurs des élections générales du 30 janvier, écrit le quotidien Al-Bayane (Emirats arabes unis). Le "défi sécuritaire" sera le véritable test, estime le journal mais "à plus long terme, la réussite (du gouvernement) sera tributaire de sa capacité à accélérer le retrait des forces d’occupation".

Pour Al-Ittihad (Emirats), "le gouvernement est désormais tenu de restaurer la confiance et l’optimisme chez le citoyen irakien et, le plus important, contrer les vagues de violence et de terrorisme".

"Le fait que cinq portefeuilles n’ont pas été attribués après cet accouchement pénible (...) dénote la poursuite des divergences au sujet de leur attribution", indique pour sa part le quotidien Al-Charq (Qatar). "Ce gouvernement demeure (...) en-deçà des attentes des Irakiens qui aspirent à la stabilité", écrit le journal, en soulignant "la nécessité de réhabiliter les forces sunnites (...) en leur attribuant des portefeuilles conformes à leur importance et à leur poids politique".

Al-Watan (Qatar) relève que, parmi "les défis très importants (figurent) la lutte contre la corruption et l’élimination de l’injustice électorale qui a frappé les sunnites arabes". Des élus sunnites irakiens ont estimé que leur communauté avait été sous-représentée dans ce cabinet où les chiites détiennent 16 postes et les Kurdes 9.

Satisfaction, en revanche, à Téhéran, où le président, Mohammad Khatami, a offert à son voisin la coopération de la République islamique dans plusieurs domaines. Dans une lettre adressée au Premier ministre irakien, Ibrahim Al-Jaafari, un chiite, et reproduite, vendredi 29 avril 2005, par les médias iraniens, M. Khatami dit sa "satisfaction" de voir celui-ci accéder au pouvoir. "La période que le peuple et le gouvernement irakiens traversent est vitale, elle nécessite de la vigilance et la préservation de l’unité nationale", ajoute M. Khatami. L’Iran ne cesse de réclamer le départ des forces étrangères déployées en Irak. La victoire des chiites et des Kurdes aux élections de janvier en Irak passent pour faire les affaires du régime chiite théocratique de Téhéran, qui a accueilli pendant des années ses coreligionnaires irakiens opposés à Saddam Hussein. La République islamique a aussi soutenu les Kurdes irakiens contre l’ancien maître de Bagdad, notamment pendant la guerre Iran-Irak (1980-1988).

Agence France Presse

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