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samedi 29 avril 2017
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AFP, SDA-ATS News Service, 16 février 2004

Haïti : l’opposition réaffirme l’option "pacifiste", 2 morts près de Saint-Marc

Suivi de : "Haïti : l’attaque d’un commissariat a fait deux morts à Hinche"


Port-au-Prince vu par satellite

PORT-AU-PRINCE (AFP) -L’opposition haïtienne a réaffirmé lundi son option "pacifiste et légaliste" pour obtenir la démission du président Jean Bertrand Aristide alors que la situation restait calme à Port-au-Prince et au Cap-Haïtien, la deuxième ville du pays, prochains objectifs déclarés de l’insurrection armée.


Dimanche 15 février 2004 au soir toutefois, deux militants du Ramicos (Rassemblement des militants conséquents de Saint-Marc, opposition armée) ont été tués près de Saint-Marc (96 km au nord de la capitale Port-au-Prince), alors qu’il tentaient d’échapper à un groupe pro-gouvernemental, a indiqué lundi à l’AFP un proche des victimes.

Les deux hommes, dont l’un a été identifié comme Nixon François, s’étaient cachés dans le hameau voisin de Jean Denis pour échapper au groupe pro-Aristide Balais Rouzé, a précisé à l’AFP Jodesty Auguste.

Scène de rue à Saint-Marc

Les violences ont fait 51 morts en Haïti depuis le 5 février.

"Nous réaffirmons notre foi et notre conviction dans la lutte pacifique et nous utilisons tous les moyens pacifiques que la Constitution a mis à notre disposition", a déclaré lundi à l’AFP le socialiste Serge Gilles, un des dirigeants de la Plate-forme de la société civile et des partis de l’opposition.

Evans Paul et Serge Gilles

"Il y a deux oppositions, une légaliste à laquelle nous appartenons et une violente que nous n’approuvons pas", a souligné M. Gilles.

"Nous rejetons la responsabilité de l’affaire des Gonaïves (aux mains de l’insurrection armée depuis le 5 février) sur Jean Bertrand Aristide, c’est un problème inter-lavalas (le parti Lavalas au pouvoir) car ces gens se sont révoltés contre leur chef", a-t-il dit.

"En ce qui concerne Louis-Jodel Chamblain et Guy Philippe qui les ont rejoints, ils ont fait leur choix mais nous ne sommes pas d’accord avec ce choix. Si la rébellion des Gonaïves n’avait pas existé, Chamblain et Philippe ne seraient pas venus de République Dominicaine", a précisé le responsable socialiste.

Les Gonaives, vu par satellite

Les insurgés haïtiens viennent de recevoir le soutien d’anciens paramilitaires de l’ex-dictateur Raoul Cédras (1991-1994) avec à leur tête l’un de leurs chefs, Louis-Jodel Chamblain, et de l’ex-commissaire de police Guy Philippe. Tous deux sont revenus en Haïti alors qu’ils étaient en exil en République Dominicaine voisine.

La Conférence Episcopale d’Haïti (CEH) a lancé un nouvel appel "aux gouvernants et hommes politiques pour qu’ils prennent de façon urgente la décision salutaire qui s’impose" pour mettre fin à la violence.

L’ambassade des Etats-Unis a pour sa part annoncé que l’ambassadeur James Foley remettrait mardi 17 février à la mission spéciale de l’Organisation des Etats Américains (OEA) en Haïti un chèque d’un million de dollars à titre de contribution spéciale américaine à cette mission.

James Foley et Jean-Bertrand Aristide

La Maison Blanche a indiqué lundi que Washington allait continuer à travailler avec les institutions multilatérales afin de parvenir à une solution pacifique à la crise.

La situation était calme lundi à Port-au-Prince, qui connaissait ses embouteillages habituels et au Cap-Haïtien (nord), objectifs déclarés de l’insurrection armée avec Saint-Marc, verrou stratégique sur la route des Gonaïves.

Au Cap-Haïtien, une barge transportant du carburant venue par mer de la capitale avait pu atteindre en fin de semaine cette ville où le courant électrique était revenu dimanche soir.

Scène de rue à Cap-Haïtien

A Saint-Marc, une médiation engagée par un missionnaire américain, Terry Snow, entre le groupe armé Balais Rouzé et les habitants du quartier de Maurepas a abouti lundi à la signature d’un accord de paix entre les deux parties (Balais Rouzé et Maurepas), a constaté l’AFP.

Le quartier de Maurepas abrite 20.000 personnes et des alliés armés du Ramicos.

L’accord a été signé par l’ex-député Amanus Mayette pour Balais Rouzé et un ingénieur et professeur, Tony Désinord, pour les "Maurepas". Ces derniers ont remis une dizaine d’armes légères illégales. Les Balais Rouzé n’ont de leur côté pas encore remis d’armes.

Agence France Presse

Habitants de Saint-Marc

Haïti : l’attaque d’un commissariat a fait deux morts à Hinche

PORT-AU-PRINCE -Deux personnes, dont un responsable de la police, ont été tuées dans l’attaque du commissariat de la ville d’Hinche, dans le centre d’Haïti. En revanche à Port-au-Prince, la capitale, la situation est restée calme.

Les affrontements semblaient se poursuivre dans l’après-midi autour du commissariat d’Hinche, une ville située non loin de la frontière dominicaine. Le responsable tué est le directeur départemental de la police, selon les autorités. Deux enfants ont également été blessés.

La direction de la police à Port-au-Prince a annoncé avoir envoyé des renforts à Hinche. Les violences ont fait 53 morts en Haïti depuis le 5 février, début de l’insurrection armée aux Gonaïves (nord) contre le président Jean-Bertrand Aristide. Ces derniers jours, les bandes armées sont restées particulièrement actives dans le nord du pays.

© SDA-ATS News Service

Vue de Hinche

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