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mercredi 22 février 2017
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AP, AFP, 17 février 2004

Haïti : Saint-Domingue appelle à l’aide internationale

Suivi de : "Haïti : heurts meurtriers dans une ville du centre"


Haïti et Saint-Domingue

SAINT-DOMINGUE, République dominicaine (AP) -Le gouvernement dominicain a appelé lundi à une plus grande aide internationale pour mettre fin au soulèvement en Haïti, estimant que la violence pourrait nuire à la région des Caraïbes.

Le secrétaire aux Relations internationales, Frank Guerrero Prats, a déclaré lundi que la situation en Haïti ne serait pas résolue sans l’aide apportée par d’autres pays.

Frank Guerrero Prats


"Il est temps pour la communauté internationale, les organisations multilatérales et les gouvernements amis d’agir dans l’urgence pour combattre une crise qui s’empire et qui pourrait être nuisible pour la région entière", a déclaré M. Guerrero dans un communiqué, en réponse à des questions soumises par écrit à l’Associated Press.

"Haïti ne peut être laissé seul, et la République dominicaine ne peut continuer à être le seul pays à porter le poids de la crise haïtienne", a-t-il ajouté, évoquant un éventuel exode massif des Haïtiens vers la République dominicaine voisine.

Les deux pays se partagent le territoire de l’île de Hispaniola, et sont séparés par une frontière de 360km.

Par ailleurs, les autorités dominicaines ont fermé un marché local fréquenté par des centaines de Haïtiens et de Dominicains, après des tensions provoquées par les meurtres de deux soldats dominicains samedi à Dajabon, situé à 240km au nord-est de la capitale, Saint-Domingue.

Associated Press

Saint-Domingue

Haïti : heurts meurtriers dans une ville du centre

PORT-AU-PRINCE (AFP) - La ville d’Hinche, dans le centre d’Haïti, a été prise lundi par des opposants armés au président Jean Bertrand Aristide après des affrontements ayant fait trois morts, dont un responsable de la police, ont indiqué des radios et des habitants.

Le président Aristide a dénoncé une attaque "terroriste" et souhaité lors d’une conférence de presse à Port-au-Prince que l’assistance étrangère visant à améliorer le fonctionnement de la police soit renforcée sous l’égide de l’Organisation des Etats Américains (OEA). M. Aristide a indiqué qu’il avait eu des contacts avec les chefs de gouvernement de la région qui, a-t-il dit, l’ont assuré de leur appui "contre le terrorisme".

Jean-Bertrand Aristide

La journée a été calme à Port-au-Prince, la capitale, tandis que Les Gonaïves, la quatrième ville du pays, était toujours aux mains d’insurgés décidés à provoquer le départ du président Aristide.

A Hinche, située à 130 kilomètres au nord-est de Port-au-Prince et à proximité de la frontière dominicaine, les opposants armés ont attaqué le commissariat pour prendre le contrôle de la ville. Le directeur départemental de la police, Jonas Maxime, et deux autres policiers ont été tués. La direction nationale de la police a annoncé, dans l’après-midi, avoir envoyé des renforts dans cette localité.

Cette attaque intervient alors que les groupes armés se sont montrés de plus en plus actifs, ces derniers jours, dans le nord du pays, à la suite de la prise des Gonaïves, la quatrième ville haïtienne, par des opposants locaux au président Aristide, le 5 février.

7 février 2004, aux Gonaives. Des opposants à Jean-Bertrand Aristide renversent un véhicule de la police

Depuis lors, les violences ont fait 54 morts dans ce pays pauvre de 7,5 millions d’habitants, alarmant les organisations humanitaires et la communauté internationale. Les insurgés ont reçu le soutien d’anciens paramilitaires de l’ex-dictateur Raoul Cédras, qui avait chassé du pouvoir Aristide entre 1991 et 1994.

L’opposition haïtienne a en revanche réaffirmé lundi son option "pacifiste et légaliste" pour obtenir la démission du président haïtien, qui est décidé à aller jusqu’au bout de son mandat, en février 2006.

"Nous réaffirmons notre foi et notre conviction dans la lutte pacifique et nous utilisons tous les moyens pacifiques que la Constitution a mis à notre disposition", a déclaré le socialiste Serge Gilles, un des dirigeants de la Plate-forme de la société civile et des partis de l’opposition. "Il y a deux oppositions, une légaliste à laquelle nous appartenons et une violente que nous n’approuvons pas", a souligné M. Gilles.

La Conférence Episcopale d’Haïti (CEH) a lancé un nouvel appel "aux gouvernants et hommes politiques pour qu’ils prennent de façon urgente la décision salutaire qui s’impose" pour mettre fin à la violence.

L’ambassade des Etats-Unis a pour sa part annoncé que l’ambassadeur James Foley remettrait mardi à la mission spéciale de l’OEA en Haïti un chèque d’un million de dollars à titre de contribution spéciale américaine à cette mission. La Maison Blanche a indiqué que Washington allait continuer à travailler avec les institutions multilatérales afin de parvenir à une solution pacifique à la crise.

© AFP Agence France-Presse

La Maison Blanche

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