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AFP, 17 février 2004

Proche Orient : Moshe Katzav et Jacques Chirac lancent un appel pour la paix entre Israéliens et Palestiniens


PARIS (AFP) - Au premier jour de sa visite en France, le président israélien Moshe Katzav a été convié lundi soir à un dîner offert en son honneur à l’Elysée par Jacques Chirac, au cours duquel il a appelé "les dirigeants religieux et politiques du monde musulman à agir pour mettre fin à l’incitation à la haine, à l’antisémitisme, aux attentats-suicide qui sont contraires aux principes de l’islam et du Coran".


"Tant que durera le terrorisme, nous n’avons pas d’autre choix que de construire la barrière de sécurité, de prendre des mesures unilatérales et de mener des actions militaires afin de défendre la vie de nos concitoyens", a déclaré le président israélien. "Si le terrorisme cesse, nous n’aurons plus besoin de tout cela, et nous pourrons reprendre les négociations politiques et il y aura alors une amélioration immédiate de la situation économique des Palestiniens et une amélioration du statut politique international de l’Autorité palestinienne", a-t-il fait valoir.

"J’appelle le monde arabe à oeuvre de concert pour le développement, la construction et la fraternité plutôt que pour la violence, la haine et la destruction", a-t-il dit. Moshe Katzav a noté dans la société palestinienne "une lutte entre les éléments constructeurs et les éléments destructeurs". "Ceux qui l’emporteront dans cette lutte détermineront l’avenir de la paix au Proche-Orient. L’extrémisme islamiste menace la paix et la stabilité des régimes en place dans la région", a-t-il dit.

Le président Jacques Chirac a pour sa part plaidé lundi soir pour "la reconnaissance incontestable du droit du peuple juif à un Etat", et pour "la création, aux côtés d’Israël, d’un Etat palestinien viable". "Après tant de siècles de dispersions et de malheurs", la légitimité de l’Etat d’Israël est une "conviction inébranlable" pour la France. Elle se montrera "intransigeante" pour "affirmer le droit absolu d’Israël à vivre en paix et en sécurité au sein de sa région", a dit Jacques Chirac dans un toast prononcé lors du dîner de gala à l’Elysée. Le président français a souligné que "d’autres connaissent aussi la souffrance" et que "les Palestiniens aussi ont droit à la paix, à la dignité, à un avenir, à un Etat".

"Aucune cause ne peut justifier le terrorisme qui frappe aveuglément hommes, femmes ou enfants", a-t-il déclaré. "Oui, la France comprend qu’Israël mette au premier plan de ses préoccupations sa sécurité et celle de ses citoyens". Mais, s’est-il interrogé, "le moment n’est-il pas venu, malgré tout ce qui sépare et oppose, de rompre le cercle de la violence et du désespoir, qui ne peut conclure qu’à plus de chaos".

Pour Jacques Chirac, la paix et la sécurité passent par la mise en oeuvre "sans retard de la feuille de route" du quartette (Etats-Unis, Russie, Union européenne, ONU). "L’objectif doit être, en tout état de cause, la création, aux côtés d’Israël, d’un Etat palestinien viable". La France, a-t-il dit, "appelle Israël à tenir tous ses engagements, notamment en ce qui concerne l’arrêt des implantations des colonies" et elle appelle l’Autorité palestinienne "à lutter résolument contre les groupes radicaux qui pratiquent le terrorisme et contestent la légitimité d’Israël".

Lors de la première journée de la visite officielle en France du président israélien, le président Jacques Chirac et Moshe Katzav ont affiché lundi leur volonté de relancer les relations franco-israélienne, s’efforçant de dissiper les tensions nées du conflit du Proche-Orient et du regain d’actes antisémites en France. Marque de ce nouveau climat de confiance, M. Katzav a invité le président français à venir en visite d’Etat en Israël, à une date non précisée. "C’est avec plaisir que j’ai accueilli son invitation", a dit M. Chirac lors d’une conférence de presse conjointe avec M. Katzav à l’issue d’un entretien d’une heure et demie au palais de l’Elysée.

Au premier jour d’une visite d’Etat en France, la première en seize ans d’un président israélien, M. Katzav a eu droit aux fastes réservés par la République à ses hôtes de marque : drapeaux israéliens décorant les Champs-Elysées, escorte de la Garde républicaine à cheval, tapis rouge dans la cour de l’Elysée, honneurs rendus par des détachements de la Garde. M. Chirac a affirmé "la volonté de densifier l’ensemble des relations bilatérales", alors que celles-ci ont été fortement affectées ces dernières années par le différend sur le conflit israélo-palestinien.

Sur ce point, le président français a rappelé avec force le droit d’Israël à se défendre contre le terrorisme, "une barbarie que rien ne peut justifier", a-t-il dit. Mais il a aussi plaidé pour réactiver la "feuille de route", le plan de paix international qui prévoit la création d’un Etat palestinien viable et pacifique à côté d’Israël. Interrogé sur la saisine de la Cour de justice de La Haye contre la clôture de sécurité édifiée par Israël en Cisjordanie pour empêcher l’infiltration de kamikazes palestiniens, M. Chirac a estimé qu’il "n’était pas certain" que cela "soit la procédure la plus efficace". "Mais elle est légitime, donc je n’ai pas d’objection", a-t-il ajouté.

En revanche, les deux dirigeants ont eu des mots à peu près semblables pour condamner le "fléau" de l’antisémitsime, alors que Paris a été récemment critiqué par des ministres israéliens pour le regain d’actes antisémites en France, qui abrite, avec quelque 600.000 personnes, la deuxième communauté juive au monde après les Etats-Unis, en dehors d’Israël.

Le président Katzav a ensuite été l’hôte d’un dîner d’Etat offert en son honneur au palais de l’Elysée par Jacques Chirac et son épouse Bernadette et auquel étaient conviés plusieurs centaines d’invités. Parallèlement, en fin d’après-midi, quelques centaines de personnes se sont rassemblées place de la Bastille à Paris pour protester contre "le mur" édifié par Israël, à l’appel d’un collectif d’organisations anti-racistes et de gauche.

Agence France Presse

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