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AP, 13 mai 2005

Algérie : La mission d’Amnesty International a rencontré les représentants des familles de disparus


Vue d’Alger

ALGER (AP) - La délégation de l’organisation Amnesty International (AI), en mission en Algérie depuis le 7 mai, a rencontré, vendredi 13 mai 2005, les représentants des familles des personnes disparues pendant la répression de l’insurrection islamiste (1992-2001).

Algérie


"Philippe Luter (président de la délégation d’Amnesty International) a promis de faire part de nos préoccupations aux autorités algériennes", a déclaré Yasmina Iril, présidente de l’Association des familles de disparus (ANFDT). Dans le même communiqué, l’ANFDT dénonce par ailleurs les pressions dont elle fait l’objet de la part des autorités algériennes, en affirmant que "depuis maintenant plus d’une année, la répression et les intimidations sont érigées en démarche politique pour faire taire nos revendications". L’ANFDT, une association non agréée par le ministère algérien de l’Intérieur, se bat pour la vérité et la justice concernant les personnes enlevées par les services de sécurité algériens dans le cadre de la lutte contre le terrorisme.

Des victimes des terroristes

La délégation d’Amnesty International doit prochainement avoir des entretiens avec des responsables algériens, dont le ministre de l’Intérieur, Yazid Zerhouni, et son collègue de la justice, Tayeb Bélaiz. La mission d’enquête d’Amnesty International en Algérie est la deuxième depuis 2000. Cette visite intervient alors que le président algérien Abdelzaziz Bouteflika entend faire voter prochainement une loi d’amnistie générale, qui bénéficierait tant aux islamistes impliqués dans des actions terroristes qu’aux agents de sécurité coupables de dépassements dans leur mission.

Yazid Zerhouni

La commission officielle chargée de la promotion des droits de l’Homme en Algérie reconnaît l’existence de quelque 6100 personnes disparues, enlevées par "des agents de l’Etat" qui, selon le dernier rapport de cette commission, ont agi à titre individuel et n’engageant nullement les institutions auxquelles ils appartenaient au moments des faits. Cette commission propose aux familles des disparus une indemnisation financière en contrepartie de l’impunité des agents de l’Etat impliqués et de leurs instances de tutelle.

Tayeb Belaiz

Le séjour de la délégation d’Amnesty International ne fait pas l’unanimité en Algérie, notamment chez les familles de victimes du terrorisme. Principal grief, selon le quotidien El Watan de mardi 10 mai 2005, "l’obsession de l’organisation de faire porter l’entière responsabilité des assassinats durant la décennie noire aux forces de sécurité, sans évoquer plus en détails ceux commis par les groupes islamistes armés. Sans jamais évoquer le mot terrorisme".

Abdelaziz Bouteflika

Le président de la Commission consultative algérienne des droits de l’Homme, Farouk Ksentini, a ainsi tiré à boulets rouges sur l’ONG, l’accusant de vouloir "torpiller" le projet d’amnistie générale. Une amnistie qui "pourrait priver définitivement les victimes et leurs familles de leur droit à la vérité, à la justice et à des réparations", a indiqué, le 14 avril 2005, Amnesty International, dans une déclaration signée également par Human Rights Watch (HRW), le Centre international pour la justice transitionnelle, la Commission internationale des juristes et la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH).

Associated Press

Farouk Ksentini

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