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vendredi 26 mai 2017
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La crise haïtienne détruit complètement la crédibilité de la politique étrangère de l’actuel gouvernement des Etats-Unis

par Frank BRUNNER


La crise haïtienne jette un éclairage très révélateur sur la duplicité de la politique étrangère du gouvernement des Etats-Unis.

En effet, ce gouvernement, qui se pose en défenseur de la liberté et de la démocratie dans le monde, soutient, une fois de plus, un dictateur sanguinaire, adepte notoire du terrorisme d’Etat.


Jean-Bertrand Aristide -qui vit dans le luxe de son palais alors que la plupart des Haïtiens ne font même pas un repas par jour- a proclamé sa détermination de ne pas renoncer au pouvoir, c’est-à-dire à sa dictature. Dans le même temps, le gouvernement des Etats-Unis affecte hypocritement de croire qu’une solution pacifique pourrait être trouvée.

C’est comme si, en 1944, les Etats-Unis avaient, non seulement refusé de libérer l’Europe, mais s’étaient opposés à quiconque aurait voulu le faire, en prétendant que les victimes du nazisme devaient parvenir à un accord pacifique avec leurs bourreaux... On ne saurait mieux faire étalage de son cynisme et d’une complète absence de sens moral.

Il ne fait aucun doute que Jean-Bertrand Aristide ne conserverait pas le pouvoir un seul jour supplémentaire si le gouvernement des Etats-Unis refusait de le soutenir. Dès lors, il y a lieu de se demander dans quel intérêt et plus précisément au profit de qui, le gouvernement des Etats-Unis soutient Jean-Bertrand Aristide. Quel intérêt le gouvernement des Etats-Unis a-t-il de maintenir la population la plus pauvre de la planète dans l’oppression et la misère, en s’appuyant sur une sorte de Bokassa local ?

Il ne saurait s’agir d’intérêts stratégiques, car Haïti ne présente aucun intérêt stratégique. Quel que soit son gouvernement, il ne saurait constituer une menace pour les Etats-Unis.

Il doit donc s’agir d’intérêts économiques. Dès lors, il convient de se demander quel intérêt économique peut présenter un pays aussi misérable qu’Haïti.

Tout d’abord, on relèvera que, dans un tel pays, la terre s’achète à vil prix et que les ouvriers y travaillent pour des salaires tellement dérisoires qu’on peut les considérer comme des esclaves. Il en résulte un énorme profit pour ceux qui les exploitent. De ce point de vue, la situation est réjouissante pour les géants de l’agroalimentaire américains ; et pour les « investisseurs » désireux de construire des hôtels destinés aux riches touristes adeptes des croisières dans la mer des Caraïbes.

D’autre part, il est probable que le soi-disant gouvernement haïtien s’adresse à des sociétés américaines chaque fois qu’il a une quelconque commande à passer. Or, chacun a pu constater à quel point Jean-Bertrand Aristide a des goûts de luxe. Ses goûts de luxe sont inversement proportionnels à la misère de ses compatriotes.

A cela, on peut ajouter le mépris des pauvres, sur lequel repose toute l’idéologie néo-libérale adoptée comme une religion par le gouvernement des Etats-Unis.

Ainsi, l’attitude du gouvernement des Etats-Unis dans la crise haïtienne nous contraint de considérer d’un œil neuf la politique étrangère de ce gouvernement dans le reste du monde, et en tout premier lieu sa soi-disant croisade contre le terrorisme.

De toute évidence, le gouvernement des Etats-Unis n’est nullement opposé au terrorisme lorsque celui-ci est pratiqué par ses marionnettes et au profit des intérêts de l’oligarchie américaine.

Il ne fait désormais aucun doute que le gouvernement des Etats-Unis n’est entré en guerre contre l’Irak ni en raison de prétendues armes de destruction massive -dont il y a d’ailleurs lieu de se demander pourquoi les Etats-Unis devraient en détenir le monopole-, ni parce que l’Irak était gouverné par un dictateur sanguinaire. Saddam Hussein aurait pu massacrer tout le peuple irakien sans que le gouvernement des Etats-Unis lève le plus petit doigt pour des raisons morales ou humanitaires.

Quant au discours selon lequel l’occupation militaire de l’Irak aurait pour but de restaurer la démocratie dans ce pays ou dans la région, il n’a désormais plus aucune crédibilité. La seule véritable motivation du gouvernement des Etats-Unis réside dans le pétrole irakien et dans les juteux contrats liés à la reconstruction de l’Irak.

Les soldats américains -et ceux de leurs alliés- morts en Irak ont été sacrifiés pour du fric, et uniquement pour du fric.

Frank BRUNNER

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