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jeudi 17 août 2017
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Reuters, 24 mai 2005

Corruption : Les magouilles continuent autour du pétrole irakien et de la reconstruction


Travaux de réparation sur le pipeline KirkoukCeyhan, le 13 juin 2004

NATIONS UNIES (Reuters) - Les autorités irakiennes gèrent leurs ressources pétrolières aussi mal que l’ont fait les Américains dans les mois qui ont suivi l’invasion de l’Irak, estime une instance de surveillance mise en place par l’ONU, en se fondant sur un audit indépendant.

Irak


Ces critiques viennent s’ajouter aux accusations formulées par des députés américains, et à une enquête indépendante de l’ONU, selon laquelle les Nations Unies ont mal géré le programme "pétrole contre nourriture" sous le régime de Saddam Hussein, et dénotent la persistance de maladresses dans la gestion des ressources pétrolières irakiennes.

Travaux de réparation sur des pipelines, près de Faw, le 17 juin 2004

Le dernier audit sur la gestion des revenus du pétrole irakien, qui couvre les six premiers mois d’autonomie des autorités irakiennes, montre que le nouveau gouvernement a répété la quasi totalité des erreurs commises, lors des mois précédents, par l’Autorité provisoire de coalition, déplore le Conseil international consultatif et de surveillance pour l’Irak. Un Fonds de développement pour l’Irak, où sont déposés les revenus du pétrole irakien, a été créé par le Conseil de sécurité en même temps que le Conseil de surveillance pour suivre la gestion des ressources naturelles de l’Irak sous la tutelle américaine, qui a débuté en mai 2003 et a pris fin le 28 juin 2004. Le mandat du Conseil de surveillance a été prolongé après l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement provisoire irakien, le 29 juin 2004. Le gouvernement actuellement en place, sorti des urnes, n’a été investi qu’il y a moins d’un mois.

Des policiers patrouillent le long de pipelines, près de Faw

Cachoteries

Dans un communiqué séparé, le Conseil note "avec regret" que l’Agence américaine d’audit des contrats de défense, chargée de surveiller l’attribution des contrats par le Pentagone, a tenté de lui cacher que ce dernier a payé plus de 200 millions de dollars en trop pour des prestations réglées, avec les revenus du pétrole irakien, à l’entreprise pétrolière Halliburton Co., dont le vice-président américain, Dick Cheney, est un ancien dirigeant.

Richard Cheney

L’Agence d’audit des contrats de défense a remis des audits en partie censurés au Conseil de surveillance, présentant ces omissions volontaires comme devant protéger des secrets commerciaux. Une version non expurgée de l’audit rendue publique par la suite a révélé que les passages préalablement censurés visaient en fait à cacher des facturations douteuses.

Un pipeline saboté par la résistance irakienne, à Al-Mishahdah, le 22 juin 2004

Un nouvel audit mené sur les revenus du pétrole irakien par la firme KMPG, qui couvre la période allant du 29 juin au 31 décembre 2004, montre que la contrebande de pétrole se poursuit, que des transactions en sous-main basées sur le principe du troc, difficiles à identifier, avaient toujours lieu, et que des contrats étaient toujours distribués, de manière injustifiée, sans appel d’offres.

Un pipeline saboté par la résistance irakienne, le 4 juillet 2004

En outre, l’équipement nécessaire pour mesurer la production pétrolière n’a toujours pas été installé malgré la promesse faite en ce sens, en 2004, par les autorités américaines, déplore le Conseil de surveillance, qui a commandé l’audit à KPMG.

Un pipeline saboté par la résistance irakienne, à Al-Fattah, le 3 août 2004

Contrebande, comptes non autorisés, comptabilité floue

Signe que du pétrole irakien circule encore en contrebande, l’audit révèle que 618000 tonnes de pétrole, d’une valeur de 69 millions de dollars, ont mystérieusement disparu, après comparaison des ventes de pétrole et des quantités produites dans la période courant du 29 juin au 31 décembre 2004.

Un pipeline saboté par la résistance irakienne, à Yusfiah, le 6 août 2004

Par ailleurs, l’entreprise publique irakienne chargée de la commercialisation de ce pétrole (SOMO) a déposé 97,8 millions de dollars provenant des revenus du pétrole sur trois comptes bancaires non autorisés, en Irak et en Jordanie, et procédé à des transactions relevant du troc pour une valeur de 461 millions de dollars, alors que les autorités américaines avaient accepté plusieurs mois auparavant de mettre un terme à de telles pratiques, difficiles à surveiller, selon l’audit. Ce dernier révèle en outre que les ministères irakiens, en dépensant les revenus du pétrole, faisaient souvent preuve d’un manque de transparence dans la distribution des contrats et n’effectuaient pas de suivi des projets une fois l’argent versé. Les rapports de comptabilité sont incomplets, ont souvent plusieurs mois de retard, et ne sont jamais recoupés pour vérifier qu’ils sont corrects, souligne KPMG.

Un pipeline saboté par la résistance irakienne, à Kirkouk, le 2 novembre 2004

En outre, toujours selon cet audit, le gouvernement ne compare jamais ses dépenses au budget de l’Etat, pour s’assurer que les dépenses destinées à la reconstruction peuvent être engagées. "Un processus formel de suivi du budget devrait être mis en place, pour permettre au ministère des Finances de contrôler les dépenses des ministères et de prévoir avec exactitude les besoins futurs", suggère KPMG.

Reuters

Réparation d’un pipeline, à Sipher, le 16 novembre 2004

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éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source