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vendredi 24 février 2017
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Reuters, 25 mai 2005

Etats-Unis : Amnesty International dénonce les méthodes totalitaires de Washington


LONDRES (Reuters) - Quatre ans après les attentats du 11 septembre 2001 contre New York et Washington, les droits de l’homme régressent à travers le monde et les Etats-Unis en sont les premiers responsables, affirme Amnesty International dans son rapport annuel publié mercredi 25 mai 2005.


"Les gouvernements trahissent leurs promesses en matière de droits humains", a déclaré Irene Khan, la secrétaire générale de l’organisation, à l’occasion de la publication du rapport. "On est en train de mettre en place une nouvelle politique, qui utilise la rhétorique de la liberté et de la justice pour faire régner la peur et l’insécurité", a-t-elle ajouté dans un communiqué. "Certains cherchent par exemple, avec un parfait cynisme, à imposer une nouvelle définition, édulcorée, de la torture." Citant notamment les sévices infligés à des détenus par des soldats américains dans la prison irakienne d’Abou Ghraïb, l’ONG pointe du doigt, dans l’avant-propos du rapport, la responsabilité des Etats-Unis.

"Guantanamo est le goulag de notre époque"

"Hyperpuissance politique, militaire et économique sans égale, les Etats-Unis servent de modèle à tous les gouvernements du monde", écrit Khan dans cette préface. "Quand le pays le plus puissant de la planète foule aux pieds la primauté de la loi et les droits humains, il autorise les autres à enfreindre les règles sans vergogne, convaincus de rester impunis. "Le centre de détention (américain) de Guantanamo (à Cuba), où la pratique de la détention arbitraire et illimitée s’est pérennisée au mépris du droit international, est devenu le goulag de notre époque", ajoute-t-elle.

La secrétaire générale de l’association dénonce également les tentatives de Washington pour contourner l’interdiction du recours à la torture. "Le gouvernement des Etats-Unis a fait de grands efforts pour restreindre le champ d’application des Conventions de Genève et "redéfinir" la torture", assure-t-elle. "Il a tenté de justifier le recours à des techniques d’interrogatoire coercitives, la pratique des "détenus fantômes" (personnes dont la détention au secret n’est pas signalée) et la remise de prisonniers à des pays où la torture est notoirement en usage."

Le président des Etats-Unis, George Bush, réaffirme régulièrement le dévouement de son pays à la cause des droits de l’homme mais il existe, selon Amnesty International, un gouffre entre la rhétorique de l’administration américaine et ses pratiques.

Evoquant les efforts du gouvernement américain pour "saper le pouvoir de la Cour pénale internationale" ainsi que les conditions de détention en Afghanistan, en Irak et à Guantanamo, Amnesty conclut que les Etats-Unis sont loin d’être "les champions des droits de l’homme qu’ils proclament être".

"Marchandage entre maquignons à l’ONU"

De manière générale, Amnesty reprochent aux gouvernements de défier "ouvertement le droit international humanitaire et le droit international relatif aux droits humains au nom de leur sécurité intérieure et de la lutte contre le "terrorisme".

L’association dénonce également les atteintes aux droits des femmes et des enfants constatées aux quatre coins du monde, affirmant que "la capacité des Etats à protéger les droits humains traverse une crise" en raison notamment des "groupes armés" qui dans certaines régions "ont droit de vie et de mort sur la population".

Amnesty s’en prend également à l’ONU, qu’elle juge incapable d’"exiger des comptes de ses Etats membres". "A la Commission des droits de l’homme des Nations Unies, les droits humains font l’objet de marchandages entre maquignons : l’an dernier, elle ne s’est pas penchée sur le dossier irakien, n’a pas réussi à s’entendre sur une action concernant la Tchétchénie, le Népal ou le Zimbabwe, et ne s’est jamais exprimée sur Guantanamo", déplore Irene Khan dans son avant-propos.

Reuters

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