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jeudi 20 juillet 2017
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AFP, 18 février 2004

Haïti : Un chef insurgé accueilli par une foule en liesse à Maissade


MAISSADE (AFP) - Le chef des militaires ayant pris le contrôle, lundi 16 février 2004, de la ville d’Hinche, Louis-Jodel Chamblain, a été accueilli mardi après-midi par une foule en liesse dans les rues de Maissade, une autre localité du centre.

"Vive Chamblain, à bas Aristide", chantait la foule de 2 à 3.000 personnes, dans une atmosphère de carnaval. La ville de Maissade compte 52.000 habitants. Elle se trouve à une vingtaine de km à l’ouest d’Hinche, chef-lieu du département du centre.

Louis-Jodel Chamblain à Hinche


"Nous contrôlons Hinche", indique Louis-Jodel Chamblain. Quand ses hommes ne sont pas dans la ville, "ils sont aux alentours", ajoute-t-il. "On bouge tout le temps", souligne-t-il.

L’ancien chef de paramilitaires sous le pouvoir de l’ex-dictateur Raoul Cédras (1991-1994) a parcouru les rues de la ville au milieu de ses hommes armés, une cinquantaine habillés en treillis militaire. Il s’est refusé à révèler ses prochains objectifs. Il a réaffirmé sa volonté de marcher sur Port-au-Prince avec le Front de Résistance de l’Artibonite, qui a pris le contrôle des Gonaïves, la 4e ville du pays. "Le peuple décidera", affirme-t-il, alors que les habitants de Maissade crient "Vive Gonaïves".

Scène de rue à Maissade, le 18 février 2004

Ses hommes, qui se présentent comme des anciens soldats de l’armée haïtienne dissoute en 1995, avaient fait auparavant une apparition à Hinche près du commissariat brûlé et pillé après l’attaque menée lundi. Ils se sont également rendus au siège du Mouvement Paysan Papaye (MPP), un groupe d’opposition au chef de l’Etat haïtien, membre de la Plate-forme démocratique de la société civile et des partis de l’opposition.

Le porte-parole des insurgés, se faisant appeler "sergent Jean-Baptiste", a demandé son aide au dirigeant du MPP, Jean-Baptiste Chavanne.

"Nous voulons assurer la sécurité de la population, votre mouvement est bon", lui a dit le "sergent" avant de lui proposer avec beaucoup de respect de collaborer. "Non", lui a répondu Jean-Baptiste Chavanne. Dans un entretien avec l’AFP, le dirigeant du MPP a souligné que si l’objectif des insurgés était le même que le sien, à savoir le départ d’Aristide, les méthodes différaient.

Le mouvement insurrectionnel, qui demande la démission du président Jean Bertrand Aristide, contrôle désormais en partie quatre départements du nord, de l’est et du centre d’Haïti.

Un groupe d’insurgés, habillés en militaires, contrôle depuis lundi la ville de Hinche, dans le centre d’Haïti : au micro mardi d’une radio locale, leur chef appelle la population à ne pas s’inquiéter.

Les insurgés à Hinche, le 17 février 2004

"Nous contrôlons la ville", lance cet homme qui dit s’appeler "sergent Jean-Baptiste". En uniforme de camouflage, casqués et lourdement armés, une vingtaine d’hommes lui obéissent au doigt et à l’oeil.

Hinche, un chef-lieu de 87.000 habitants, a été attaquée lundi par ce groupe armé, composé, selon un membre du gouvernement, d’une quarantaine d’ex-paramilitaires conduits par Louis-Jodel Chamblain, actif au cours de la dictature de Raoul Cédras entre 1991 et 1994.

Deux policiers et un prisonnier ont été tués dans l’attaque du commissariat, qui a été ensuite incendié. L’attaque a été menée par "40 à 50 hommes très bien armés", dotés de fusils automatiques qui opéraient "comme une troupe bien entraînée", raconte Joseph Peclaudin, professeur dans une école proche du commissariat, cible principale des insurgés.

Les ruines du commissariat, à Hinche, le 17 février 2004

Dans le centre-ville, le commissariat, formé de plusieurs bâtiments et d’une vaste cour entourée d’un muret, est en ruines. Après l’attaque, les bureaux ont été incendiés et pillés. Mardi, seuls des coups de marteau retentissaient encore sur le site. Sur ce qui reste du toit, des jeunes tentent de prendre des tôles de zinc. Au pied des bâtiments, d’autres arrachent les grilles de la prison, dont se sont échappés lundi une centaine de détenus. Sur le parking, sept véhicules de la police, camions et voitures, sont devenus des épaves calcinées. Après leur attaque, les insurgés ont quitté la ville.

Les ruines du commissariat, à Hinche, le 18 février 2004

Mardi en milieu de journée, une vingtaine d’entre eux, dont un en tenue de camouflage portant l’inscription US Marine, sont revenus dans les rues après qu’un hélicoptère de la police ait survolé la localité.

Agence France Presse

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