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vendredi 18 août 2017
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AFP, 1er juin 2005

Côte d’Ivoire : Au moins 50 morts lors d’affrontements ethniques dans l’ouest


ABIDJAN (AFP) - Au moins 50 personnes ont été tuées, dont onze brûlées vives, dans la nuit de mardi 31 mai à mercredi 1er juin 2005, dans des affrontements ethniques, dans deux villages de la région de Duékoué, témoignant de l’exacerbation des tensions communautaires dans cette partie du pays.


Duékoué est située en zone loyaliste. La périphérie nord de la ville marque la limite avec la "zone de confiance", vaste bande de territoire placée sous le contrôle des forces internationales de l’ONU et de l’opération française Licorne, et qui sépare la zone loyaliste de la partie nord du pays, où est installée la rébellion des Forces Nouvelles (FN). Les deux villages de Guitrozon et Petit Duekoué, proche l’un de l’autre, sont situés entre Duekoué et la zone de confiance, à la limite de celle-ci. L’agglomération de Duékoué avait été le théâtre, fin avril 2005, et pendant quatre jours, d’affrontements entre autochtones de l’ethnie Guéré et Dioula. Plus d’une trentaine de personnes avaient été tuées, selon un bilan officiel, tandis que des responsables des deux communautés faisaient état d’une soixantaine de morts.

Des attaques ont été menées simultanément, vers 03h00, par des "individus non identifiés", contre les villages de Guitrozon et de Petit Duekoué, à quelques kilomètres au nord de Duekoué, en zone loyaliste, ont indiqué à l’AFP des élus locaux de cette région, dont le maire de Duékoué, Marcel Djahi. Les corps de "cinquante victimes" de ces attaques avaient été déposés, mercredi 1er juin 2005 après-midi, à l’hôpital de Duekoué, a affirmé M. Djahi, joint au téléphone depuis Abidjan, précisant que "toutes les personnes décédées sont des Guéré", l’ethnie autochtone de la région.

A Guitrozon, 28 habitants ont été tués, dont onze ont péri brûlé vif après que le feu eut été mis à leur case, a précisé à l’AFP un élu de la région, le ministre de la Réforme administrative, Eric Kahé. "Les assaillants sont rentrés dans toutes les cases de ce village à l’orée de la forêt, tuant et égorgeant les occupants à l’aide de pistolets, de fusils et d’armes blanches", a-t-il précisé. M. Kahé a indiqué que des témoins lui avaient affirmé que les attaques auraient été menées par des "dozos", des chasseurs traditionnels du nord de la Côte d’Ivoire actuellement sous contrôle de la rébellion des Forces nouvelles (FN) depuis le coup d’Etat raté qu’elle a tenté, en septembre 2002, contre le président, Laurent Gbagbo.

Des habitants de la région, citant des rescapés de l’attaque, ont affirmé qu’i pourrait s’agir de Dioulas, musulmans originaires du nord de la Côte d’Ivoire ou de pays voisins, qui auraient attaqué les deux villages en représailles de la mort de quatre d’entre eux tués par des guéré ces derniers jours. Le porte-parole de l’armée ivoirienne, le lieutenant-colonel Jules Yao Yao a fait état pour sa part de "41 morts et 64 blessés". "Onze personnes ont été brûlées vives", a-t-il confirmé, précisant que "les autres ont été tuées au fusil de chasse ou au couteau".

"La situation est tendue" à Duekoué où des centaines de personnes ont cherché refuge à la mission catholique de la ville, a indiqué pour sa part un responsable du Comité international de la Croix-Rouge, Kim Gordon Bates, inquiet de savoir comment le CICR allait trouver les moyens pour abriter ces réfugiés en pleine saison des pluies.

Agence France Presse

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