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dimanche 23 juillet 2017
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AFP, 18 février 2004

Haïti : menace de crise humanitaire, la police déserte des villes dans l’est


Hinche, 18 février 2004

PORT-AU-PRINCE (AFP) -Haïti est menacée d’une grave crise humanitaire, a affirmé mardi une organisation non gouvernementale, alors que dans l’est du pays, la police a déserté plusieurs villes par crainte d’attaques d’insurgés armés.

Les localités concernées sont Maïssade, Belladère, Thomonde, Pandiassou et Savanette, où les insurgés, très armés et mobiles avec des véhicules tout terrain de fabrication récente, font des incursions sporadiques.

Scène de vie dans la région de Belladère


Venus parfois de la République dominicaine voisine, les insurgés contrôlent depuis lundi Hinche. Le président de ce pays, Hipolito Mejia, a reconnu qu’il était difficile pour son pays de contrôler la frontière avec Haïti. Il a précisé que les opposants ne pourraient plus revenir en République dominicaine.

Hipolito Mejia

Dans la localité haïtienne de Belladère, les policiers ont donné à la population le mobilier du commissariat avant de quitter la ville.

La ville de Mirebalais, à 57 km au nord-est de Port-au-Prince, comptait encore des membres de la police dans son commissariat mercredi matin. "Une atmosphère de peur règne toutefois dans la ville dont la population craint une attaque des insurgés", a précisé à l’AFP un journaliste local.

Habitants de Mirebalais

Pour l’organisation humanitaire Action contre la faim (ACF), Haïti est menacé d’une rapide dégradation de la situation nutritionnelle, si la crise perdure. Dans un communiqué à Paris, l’organisation a condamné "l’immobilisme de la communauté internationale" face à "un désastre annoncé". Elle a appelé à prévoir une distribution de nourriture et à lancer un programme d’approvisionnement en eau.

ACF est l’une des trois organisations humanitaires françaises présentes en Haïti, avec Médecins du monde (MdM) et Aide médicale internationale (AMI).

Dans un communiqué, le Conseil de sécurité de l’ONU a appelé à une solution pacifique de la crise, en demandant au président haïtien et aux dirigeants de l’opposition "de restaurer la confiance et le dialogue" et de rétablir l’ordre "démocratiquement".

Après la suggestion mardi par la France d’envoyer une force de paix en Haïti, une idée non retenue par les Etats-Unis, le Mexique a indiqué qu’il n’y était pas non plus favorable mais pouvait fournir une aide humanitaire.

Les Etats-Unis ont une nouvelle fois fait d’un accord politique un préalable à toute assistance internationale. "Ce que nous voulons actuellement, c’est trouver une solution politique, et ensuite des pays volontaires pourraient fournir une présence policière pour mettre en oeuvre cet accord politique entre les parties", a déclaré le porte-parole du département d’Etat, Richard Boucher.

Richard Boucher

Mercredi, le calme régnait à Port-au-Prince, la capitale, de même qu’au Cap-Haïtien, deuxième ville du pays et objectif déclaré des insurgés armés. Selon un témoin, des barricades de sécurité formées de vieux camions et de grosses pierres ont été installées mardi soir par des partisans armés du pouvoir sur les deux routes d’accès à la ville.

La police d’Haïti compte quelque 5.300 hommes. Ce sont les principales forces de l’ordre en Haïti depuis la dissolution de l’armée en 1995.

Les violences ont fait plus de 50 morts en Haïti depuis qu’un groupe armé a pris le contrôle des Gonaïves (nord-ouest), la quatrième ville du pays, le 5 février, réclamant la démission du président Aristide accusé de ne rien faire pour soulager de ses maux le pays le plus pauvre du continent américain.

A Montréal, la compagnie aérienne canadienne Air Transat a annoncé la suspension de sa liaison avec Haïti, en raison de l’insécurité dans ce pays.

Agence France Presse

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