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mercredi 24 mai 2017
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Reuters, 9 juin 2005

Ethiopia : Addis-Abeba sous tension


Des policiers devant des manifestants, à Addis Abeba, le 6 juin 2005

ADDIS-ABEBA (Reuters) - Les autorités éthiopiennes maintiennent plusieurs responsables de l’opposition en résidence surveillée, un jour après que la police eut ouvert le feu sur une foule, faisant 26 morts.

Ethiopia


Pour la seconde journée consécutive, la plupart des commerces de la capitale demeuraient fermés, jeudi 9 juin 2005, tandis que les militaires parcouraient les rues désertées.

Des manifestants à Addis Abeba, le 6 juin 2005

L’opposition accuse depuis plusieurs semaines le parti au pouvoir d’avoir intimidé les électeurs et d’avoir truqué les résultats du scrutin législatif du 15 mai 2005 pour se maintenir au pouvoir. L’opposition et l’Union européenne ont affirmé que plusieurs dirigeants de l’opposition étaient en résidence surveillée. "La mission a fait part au gouvernement de sa condamnation des mises en résidence surveillée et des mesures de harcèlement et de menaces imposées à l’opposition", a déclaré Ana Gomez, responsable de la délégation d’observateurs dépêchée par l’Union européenne.

Des manifestants à Addis Abeba, le 7 juin 2005

Comme en 1974 ?

Bereket Simon, le ministre éthiopien de l’Information, a fait savoir que quatre personnes avaient succombé à leurs blessures dans la nuit, ce qui porte le bilan des violences de mercredi 8 juin 2005 à 26 morts. Les autorités éthiopiennes ont accusé la Coalition pour l’unité et la démocratie (CUD), principale formation de l’opposition, d’inciter la population à se livrer aux pillages et à attaquer la police. Mais la CUD a affirmé que ces affrontements, qui sont intervenus après deux jours de manifestations étudiantes au cours desquelles un étudiant a été tué et des centaines d’autres ont été arrêtés, étaient spontanées.

Des blessés transportés dans un hôpital d’Addis Abeba, le 8 juin 2005

A Addis-Abeba, certains habitants pensent que le pays est sur le point de basculer vers un régime dictatorial car la situation actuelle ressemblerait à celle qui avait précédé le renversement de l’empereur, Hailé Sélassié, par Mengistu Haile Mariam, en 1974. Et la répression des manifestations évoque étrangement pour eux le coup d’Etat de celui qui allait imposer pendant 17 ans un régime dictatorial d’obédience marxiste très sanglant. "C’est comme cela que ça c’est passé quand ils ont renversé Hailé Sélassié. Les magasins étaient fermés, il y avait une grève, puis les militaires ont pris le pouvoir", a déclaré un fonctionnaire d’une cinquantaine d’années. "Tous ces meurtres, c’est comme le régime de Mengistu."

Un blessé à l’hôpital, à Addis Abeba, le 8 juin 2005

Le Front démocratique révolutionnaire du peuple éthiopien (EPRDF) du Premier ministre, Meles Zanawi, qui est issu de la rébellion tigréenne qui avait combattu Mengistu, est au pouvoir depuis la chute de ce dernier, en 1991.

Reuters

Des blindés dans les rues d’Addis Abeba, le 9 juin 2005

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