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AFP, 11 juin 2005

Ethiopia : Accord pouvoir-opposition sur les plaintes électorales, arrestations à Addis Abeba


Vue d’Addis Abeba

ADDIS ABEBA (AFP) - Deux jours après la mort de vingt-neuf personnes au moins à Addis Abeba dans des heurts avec la police et malgré de nouvelles arrestations vendredi, l’opposition et le pouvoir éthiopiens se sont entendus, vendredi 10 juin, pour étudier ensemble les plaintes électorales déposées après les législatives du 15 mai 2005 et qui sont au coeur de la crise.

Ethiopia


L’opposition a par ailleurs remporté une petite victoire, jeudi 9 juin 2005 au soir, après que la Cour fédérale éthiopienne eut jugé "illégale" la publication par la Commission électorale des résultats provisoires des élections. L’opposition reprochait à la Commission d’avoir publié ces résultats alors que les plaintes déposées par les différents partis n’avaient pas encore été étudiées.

Vue d’Addis Abeba

Les élections du 15 mai 2005 sont les plus disputées de l’histoire de l’Ethiopie, pays pauvre de la Corne de l’Afrique et deuxième pays le plus peuplé du continent. La Commission électorale a donné vainqueur la coalition au pouvoir, le Front populaire démocratique révolutionnaire éthiopien (EPDRF), tandis que l’opposition affirme l’avoir emporté si les plaintes qu’elle a déposées sont correctement étudiées.

Meles Zenawi

Vendredi 10 juin 2005, les différents partis se sont entendus pour "participer à l’examen" des plaintes électorales déposées à la Commission. Jusqu’à présent, les plaintes étaient uniquement étudiées par la Commission électorale, dont les principaux membres sont nommés par le Premier ministre. Les partis se sont aussi engagés à "chercher la résolution de tous les problèmes à travers des moyens légaux et paisibles". Ces engagements, l’accord sur les plaintes et la décision de la Cour fédérale, pourraient contribuer à désamorcer la crise actuelle en Ethiopie, selon des sources concordantes. "Le fait que nous avons gagné le procès et que nous signons cet accord aujourd’hui va, je l’espère, casser l’impasse" entre le gouvernement et l’opposition, a estimé Beyene Petros, le vice-président de l’une des deux principales formations de l’opposition, le Front éthiopien démocratique uni (UEDF). "L’événement d’hier et celui d’aujourd’hui pourraient énormément aider à restaurer la confiance parmi les électeurs", a aussi jugé un diplomate qui a requis l’anonymat.

Des policiers face à des manifestants, à Addis Abeba, le 6 juin 2005

Cependant, une fois l’accord signé, vendredi 10 juin 2005, les parties concernées ont immédiatement émis des réserves sur ce texte. "Avec tous les meurtres, les arrestations et les harcèlements qu’a subis le pays, il serait naïf de penser que les nobles objectifs de cette déclaration soient appliqués", a déclaré Getachew Shiferaw, un responsable de l’une des principales formations de l’opposition, la Coalition pour l’unité et la démocratie (CUD).

Les funérailles d’une victime, à Addis Abeba, le 9 juin 2005

Vendredi 10 juin, les arrestations, liées aux manifestations et incidents du début de la semaine, se poursuivaient en effet. Au moins une trentaine de personnes ont été arrêtées, vendredi 10 juin, dans le quartier Urael, à Addis Abeba, selon des témoins. Une autre tentaine de personnes, menottées et entourées de policiers, marchaient dans le quartier Mexico, a constaté un photographe de l’AFP. Jeudi 9 juin 2005 au soir, une centaine de personnes avaient aussi été interpellées dans plusieurs zones de la capitale, selon des témoins.

Des blindés dans les rues d’Addis Abeba, le 9 juin 2005

Le centre Carter de l’ancien président américain Jimmy Carter, qui dispose de ses propres observateurs sur place, a exhorté, vendredi 10 juin, le gouvernement éthiopien à mettre un terme aux "mesures extrêmes" utilisées par ses forces de sécurité contre ses opposants. La tension était montée d’un cran, lundi 6 juin, avec des manifestations d’étudiants, à Addis Abeba, qui protestaient contre les résultats provisoires des élections. Mercredi 8 juin 2005, la situation avait dégénéré, dans la capitale, lors de heurts entre la police et des groupes de personnes, non formellement identifiées.

Agence France Presse

Des soldats éthiopiens patrouillent dans une rue d’Addis Abeba, le 10 juin 2005

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