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Le Monde, 13 juin 2005

Proche Orient : L’Autorité palestinienne reprend les exécutions de détenus


Après trois années d’interruption, l’Autorité palestinienne a repris, dimanche 12 juin 2005, les exécutions de condamnés à mort, en dépit des protestations d’organisations de défense des droits humains. La dernière exécution judiciaire dans les territoires palestiniens remontait au 7 août 2002.


Mohammad Al-Khawaja, 24 ans, Waël Al-Shoubaki, 34 ans, Odah Abou Azab et Salah Mossallem, 28 ans : "Tous ont été condamnés pour avoir commis des assassinats" et exécutés après le rejet de leur recours en grâce par le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a indiqué le porte-parole du ministère de l’intérieur palestinien, Tawfik Abou Houssa. Trois d’entre eux ont donc été exécutés par pendaison et le quatrième par un peloton d’exécution. Toujours selon le porte-parole du ministère de l’intérieur, l’Autorité palestinienne n’a jamais renoncé à faire exécuter des criminels, cette mesure étant nécessaire "pour faire respecter la loi et l’ordre". "Compte tenu du chaos et du sentiment d’insécurité chez la population, la direction (palestinienne) avait bien le droit d’ordonner de telles exécutions pour rappeler à tout le monde que la loi, l’ordre et l’autorité doivent prévaloir", a dit le chef de la police Alaa Hosni. Le procureur général Hussein Abou Aasi a également défendu les exécutions, estimant que les procès des personnes exécutées avaient "respecté les procédures légales et étaient justes".

"Abolir la peine de mor"

Du côté des organisations de défense des droits humains, le son de cloche était différent, avec la condamnation de ces exécutions. "Nous avions demandé au président (Abbas) d’abolir la peine de mort dans la législation, mais il a ignoré nos demandes", a déclaré Raji Al-Sourani, le directeur du Centre palestinien pour les droits humains. "Des exécutions ne peuvent servir de moyen pour régler les problèmes sécuritaires et sociaux, contrairement à ce que croient les services de sécurité", a-t-il ajouté.

"Nous condamnons ces exécutions et demandons à l’Autorité palestinienne de les stopper une fois pour toutes", a déclaré une porte-parole de l’organisation israélienne de défense des droits humains dans les territoires occupés, B’tselem.

L’organisation Human Rights Watch (HRW), basée aux Etats-Unis, avait, pour sa part, déjà demandé, en mars 2005, à l’Autorité palestinienne, de ne pas exécuter des condamnés, vu qu’ils n’auraient pas bénéficié d’un jugement équitable. Human Rights Watch estimait qu’au moins 27 des 70 condamnés ont été jugés par des tribunaux militaires sans respect pour les droits de la défense. La plupart des sentences de mort ont été prononcées par des cours de sûreté palestiniennes, dont les verdicts sont sans appel. Nombre d’entre elles visaient des palestiniens accusés d’avoir collaboré avec Israël.

"Reprise du cycle de la violence"

Par ailleurs, le vice-premier ministre israélien, Ehud Olmert, a vivement dénoncé le refus de l’Autorité palestinienne de désarmer des activistes, affirmant que cela constituait une "bombe à fragmentations". "Si les Palestiniens ne luttent pas contre le terrorisme, nous devrons le faire à leur place et dans ce cas la reprise du cycle de violence ne permettra pas de négocier un règlement politique", a-t-il précisé.

"Cette attitude n’empêchera pas Israël de mettre en exécution" le plan de retrait de Gaza "mais est susceptible de ruiner toute coopération en ce domaine", a ajouté, sous couvert d’anonymat, un haut responsable israélien de la présidence du Conseil.

Enfin, l’Autorité palestinienne a décidé d’interrompre la libération de membres du Djihad islamique emprisonnés à Jéricho, par crainte d’une attaque israélienne contre la ville, selon la direction de ce groupe. Samedi 11 juin, cette organisation avait pourtant annoncé que M. Abbas avait donné son feu vert à la libération de neuf de ses membres arrêtés à la suite d’un attentat-suicide perpétré, le 25 février 2005, à Tel-Aviv, qui avait coûté la vie à cinq Israéliens.

Avec AFP

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