retour article original

lundi 27 février 2017
Vous êtes ici Accueil Informations internationales
19 juin 2005

Informations internationale : Comment restaurer la démocratie et mettre fin à l’imposture des partis politiques

par Frank BRUNNER


Le Capitole, siège du Congrès des Etats-Unis, à Washington DC

Le problème fondamental auquel est confronté la démocratie réside dans les partis politiques de tous bords, qui sont les foyers de la corruption. La logique interne des partis est fondamentalement sectaire (nous contre les autres) et s’oppose à la logique de l’intérêt général.

Le Palais fédéral suisse, à Berne


Les partis politiques auront toujours tendance à s’opposer à un projet pour le seul motif qu’il émane du camp d’en face et qu’il s’agit d’empêcher ce camp de se mettre en valeur. Le même phénomène se retrouve au sein des partis, entre clans rivaux. Les partis politiques, loin d’incarner la démocratie, ainsi qu’ils voudraient le faire croire, la pervertissent. La population est continuellement prise en otage par leurs rivalités et subit les conséquences de décisions prises sans la moindre considération pour l’intérêt général.

Le Palais Bourbon, siège de l’Assemblée nationale française, à Paris

Comme les campagnes électorales coûtent trop cher pour le commun des citoyens, quiconque veut se présenter à une élection doit le faire par l’intermédiaire d’un parti et se soumettre à la logique du parti, sous peine de faire figure de "traître" aux yeux des autres membres du parti. Cela implique, notamment, de tromper les citoyens et de leur dissimuler tout ce qui pourrait les dissuader de voter pour le parti. Telle est la conception que les politiciens se font de "la loyauté". D’autre part, les dirigeants d’un parti feront tout pour barrer la route à un rival, dans le seul but de se maintenir eux-mêmes en place. Autant dire que les partis politiques, loin de représenter les citoyens, ne représentent, en réalité, qu’une poignée de personnes qui les manipulent au gré de leur intérêt personnel.

Le parlement nigérian, à Abuja

Le coût des campagnes électorales exige des moyens financiers dépassant de loin ce qu’on peut espérer obtenir avec les cotisations des membres d’un parti politique. Chaque parti s’efforce d’obtenir des financements extérieurs. A gauche, on demande le soutien financier des syndicats ; on vote des subventions à des associations bidon créées par les petits copains ; on place ces petits copains aux fonctions les mieux rémunérées de l’administration, et ces petits copains rétrocèdent au parti une fraction de leur salaire. A droite, on fait appel au soutien financier du patronat. Il en résulte une attitude de clientélisme.

Le parlement britannique, à Londres

Il faut bien voir que la logique interne des partis est indépendante des membres qu’on peut trouver dans tel parti à une époque ou à une autre. Il ne s’agit pas d’une question de personnes, mais de système. Le système favorise la promotion des ripoux et des opportunistes.

Le parlement européen, à Strasbourg

Pour mettre un terme à cette logique perverse, à cette imposture qui discrédite et corrompt la démocratie, il faut restituer la représentation populaire aux citoyens, à titre individuel, et la retirer aux partis. Concrètement, cela signifie que les citoyens devraient pouvoir se présenter aux élections à titre individuel, et non sous l’étiquette d’un parti. Le parlement se composerait ainsi d’individus, et non de marionnettes obéissant au mot d’ordre d’un parti. Ces individus auront tendance à voter ensemble sur des sujets d’intérêt commun (social, écologie, économie, etc...), et ils auront la même motivation pour trouver des solutions conformes à l’intérêt général. Il se formera toujours des groupes, au moment des votes, entre les "pour" et les "contre", mais ces groupes varieront en fonction des problèmes traités. Il n’y aura plus automatiquement un bloc "de gauche" contre un bloc "de droite". Au sein des commissions parlementaires, les individus ne se comporteront plus en marionnettes du parti. Ils pourront prendre leurs décisions en toute indépendance d’esprit. Certes, on trouvera toujours des ripoux, mais ils opéreront à titre individuel, sans bénéficier de la complicité d’un système fondamentalement corrompu.

Le parlement allemand, à Berlin

Il est clair que, si les citoyens se présentent aux élections à titre individuel, il faut que les frais de campagne (inscription des candidats, affiches, etc...) soient pris en charge par l’Etat. Même un sans abri doit pouvoir se présenter aux élections, sans qu’on lui oppose un infranchissable obstacle financier. Cette dépense doit être considérée comme un investissement dans la démocratie et elle sera toujours moins coûteuse que les magouilles actuelles auxquelles se livrent les politiciens.

Le parlement sénégalais, à Dakar

On pourrait prévoir une campagne électorale standard pour tous les candidats, ce qui réduirait les coûts et éviterait que les plus riches puissent se livrer à un matraquage médiatique. C’est-à-dire que chaque candidat aurait droit à tant d’affiches, tel espace pour s’exprimer dans un quotidien de son choix (le tarif de l’espace étant négocié avec l’éditeur pour un "prix de gros"), etc... Il est également possible de faire appel à des sponsors. Ceux-ci sponsoriseront non pas tel candidat, mais l’ensemble de la campagne électorale, et le logo des sponsors figurera sur toutes les affiches électorales sans distinction. Ces sponsors bénéficieront d’une image de civisme.

Le parlement israélien, à Jérusalem

Le résultat serait incomparablement plus démocratique que le système d’imposture des partis auquel on nous a habitués et qu’on nous présente comme "la démocratie".

Frank BRUNNER

Le parlement grec, à Athènes

Si vous souhaitez soutenir l’activité du site web interet-general.info, vos dons sont les bienvenus sur le compte de la Banque cantonale de Genève No Z 3267.34.01 Clearing bancaire (CB) : 788 IBAN CH48 0078 8001 Z326 7340 1

Compte de chèque postal : 12-1-2

Veuillez libeller les chèques au nom de : interet-general.info

AUTEURS 

  • Frank BRUNNER

  • Accueil

    éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source