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AFP, 21 février 2004

L’opposition haïtienne rejette tout compromis en dépit des pressions


Manifestants victimes des sbires de Jean-Bertrand Aristide, et soignés à Port-Au-Prince le 20 février 2004

PORT-AU-PRINCE (AFP) - L’opposition haïtienne a rejeté samedi tout compromis, jugeant que seul un départ du président Jean Bertrand Aristide réglera la crise en Haïti, en dépit des pressions d’une délégation ministérielle internationale visant à faire approuver un plan de règlement.


Le chef de l’Etat est "la source du problème" et "la population doit continuer à se mobiliser pacifiquement" pour obtenir son départ, a souligné lors d’une conférence de presse André Apaid, responsable du Groupe des 184 réunissant la société civile et le patronat.

"Jean Bertrand Aristide est le responsable direct de la violence en Haïti car il y a distribué des armes, a créé des gangs armés pour terroriser la population, intimider les partis politiques, et faire taire toute opposition", a ajouté ce responsable.

André Apaid

André Apaid a aussi demandé "à la communauté internationale de prendre ses responsabilités" en Haïti, pays de 8,3 millions d’habitants, le plus pauvre du continent américain.

Dans la matinée, une délégation ministérielle internationale, conduite par le sous-secrétaire d’Etat américain chargé de l’Amérique latine, Roger Noriega, était arrivée à Port-au-Prince pour faire pression sur le président et l’opposition afin qu’ils acceptent un plan de règlement.

Roger Noriega

La délégation comprend aussi le ministre canadien de la Francophonie, Denis Coderre, et des représentants de la France, de l’Organisation des Etats Américains (OEA) et de la Caricom (communauté des Etats de la Caraïbe).

"Nous cherchons à nous assurer que nous faisons passer un message de fermeté, d’urgence et d’unité de la communauté internationale", avait déclaré à son arrivée le ministre canadien.

Denis Coderre

Le plan de la communauté internationale, soumis vendredi au chef de l’Etat et à l’opposition politique, prévoit notamment une importante perte de pouvoirs pour le président et un changement de gouvernement.

Son rejet par l’opposition constitue une gifle pour la communauté internationale, qui a tardé à se mobiliser pour empêcher une dégradation de la situation en Haïti. Depuis le 5 février, 58 personnes sont mortes en Haïti et plusieurs centaines ont été blessées dans des affrontements insurrectionnels.

Scène de liesse populaire, à Hinche, le 18 février 2004

Vendredi 20 février 2004, un diplomate de haut rang à Port-au-Prince avait fait part de ses craintes que l’opposition n’adhère pas aux propositions internationales. "Il n’y a pas de plan B", avait-il prévenu.

La communauté internationale avait donné jusqu’à lundi 23 février, au président et à l’opposition, pour se prononcer. Mis au point par les Etats-Unis, le Canada, la France, la Caricom et l’OEA, le plan international prévoit notamment la nomination d’un nouveau Premier ministre, neutre et indépendant, jouissant de la confiance de la population.

Selon ce plan, le président Aristide demeurerait président jusqu’au terme de son mandat, en février 2006. Le nouveau Premier ministre, choisi par un Conseil indépendant de 9 à 15 personnes, aurait le contrôle des 5.000 policiers haïtiens dont la formation et l’entraînement seraient supervisés par l’ONU ou l’OEA.

Le plan n’évoque pas les insurgés qui contrôlent notamment les Gonaïves (nord-ouest, 200.000 habitants), quatrième ville du pays, depuis le 5 février. Dirigés par un ex-commissaire, Guy Philippe, les rebelles ont menacé vendredi d’attaquer ce week-end les villes de Saint-Marc (ouest, 160.000 habitants) et Cap-Haïtien (nord, un million d’habitants). Ils considèrent comme l’opposition que seul un départ du président peut régler la crise.

Guy Philippe

Pour la deuxième journée consécutive, plusieurs dizaines de citoyens américains, français ou canadiens ont continué samedi à quitter Haïti, à l’invitation de leur pays. La communauté étrangère en Haïti compte quelque 23.000 personnes, dont 20.000 Américains bi-nationaux et 1.600 Français.

Agence France Presse

Louis Jodel Chamblain

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