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jeudi 24 août 2017
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AFP, 21 juin 2005

France : Les travailleurs ne sont pas assez exploités, selon Thierry Breton

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Le siège du ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, à Paris

Le ministre de l’Economie, Thierry Breton, a déclaré, mardi 21 juin 2005, que "la France vit au-dessus de ses moyens", en soulignant le poids de la dette, dont la charge absorbera l’équivalent de l’impôt sur le revenu en 2006.

France


"Il faut avoir le courage de dire tout simplement que la France aujourd’hui vit au-dessus de ses moyens", a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse de présentation des grandes orientations de la politique économique. "Les Français doivent le savoir", a-t-il dit avec solennité. "La charge de la dette est en train de prendre toutes les marges de manoeuvre de notre économie", a-t-il insisté. Il a estimé cette dette à 1100 milliards d’euros en 2006. Il a rappelé la nécessité d’une "gestion rigoureuse" de l’Etat et souligné y "travailler nuit et jour" au côté du ministre du budget Jean-François Copé. Il a appelé à aller chercher la croissance économique, se disant "convaincu" que la France doit s’efforcer d’atteindre une "croissance au moins supérieure à 3 %". "On n’en est pas encore là", a-t-il reconnu. Les Français doivent "travailler plus tout au long de leur vie" afin de créer de la croissance, a-t-il dit.

Agence France Presse

Thierry Breton

Commentaire

Les propos de Thierry Breton sont du blabla néolibéral. Le même discours est tenu par les néolibéraux dans tous les pays du monde simultanément puisque, partout où elle a été appliquée, la politique néolibérale a entraîné le même désastre socio-économique. Rejeter la responsabilité de ce désastre sur des citoyens qui en sont, en réalité, les victimes, fait également partie du classique blabla néolibéral.

Un sans abri chinois à Guangdong

Au nom de leur fuite en avant dans la compétitivité internationale, les néolibéraux ont délibérément favorisé le phénomène de faillites en cascades et de licenciements massifs, tarissant ainsi les ressources fiscales des Etats, alors même que leur politique suscitait des besoins sociaux toujours accrus. Comme si cela ne suffisait pas, les néolibéraux ont délibérément aggravé la situation des finances publiques en multipliant les cadeaux fiscaux au profit des riches, c’est-à-dire au profit de ceux qui auraient aisément pu payer davantage d’impôts sans en ressentir une quelconque gêne.

Vue du Palais de l’Elysée

La dette publique a délibérément été creusée par des gouvernements totalement cyniques, vendus aux multinationales et aux spéculateurs internationaux, qui n’ont eu aucun scrupule à pousser les Etats à la banqueroute et à plonger des peuples entiers dans la précarité et la misère. Partout, cette logique de banqueroute des Etats a servi de prétexte pour "justifier" la privatisation des services publics et le démantèlement social. Les néolibéraux ont opéré de la même manière dans le monde entier, en bénéficiant, partout, de la complaisance de médias contrôlés par les profiteurs du système.

Un sans abri à Paris

Quand Thierry Breton affirme que la solution du problème consiste à exploiter davantage les travailleurs, il se moque du monde, puisque "la croissance" qu’il évoque n’est que la croissance du bénéfice des patrons et que ces bénéfices échappent toujours davantage à l’impôt. Les travailleurs pourraient trimer 24 heures sur 24 sans que cela améliore pour autant la situation des finances publiques, puisque la politique menée dans le même temps ne cessera d’aggraver les causes fondamentales de cette situation.

Manifestation pour les 35 heures, à Marseille, le 31 janvier 2005

On pourrait aisément inverser cette logique de banqueroute en instaurant une taxation des mouvements financiers, mais les néolibéraux ne veulent pas entendre parler de cette solution. Ils préfèrent achever le désastre et désigner les victimes comme boucs émissaires. Jusqu’à quand laissera-t-on ces criminels opérer en toute impunité ?

Frank BRUNNER

Des travailleurs à l’usine Renault de Blainville-Sur-Orne, le 28 septembre 2004

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