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AFP, 26 juin 2005

Egypte : Manifestation contre la torture devant la sûreté de l’Etat


Des policiers égyptiens

Environ deux cents manifestants ont dénoncé la torture, en Egypte, devant le siège de la sûreté de l’Etat, au Caire, a constaté une journaliste de l’AFP.

Egypte


Les manifestants se sont rassemblés, pour la première fois, devant le siège de la sûreté de l’Etat (police politique) pour dénoncer la torture et demander la démission du ministre de l’Intérieur. La manifestation était organisée par des organisations de défense des droits de l’Homme à l’occasion de la journée mondiale contre la torture. Encerclés par des centaines de policiers casqués et armés de matraques, ils ont scandé de slogans hostiles au président, Hosni Moubarak.

Hosni Moubarak

Sur les banderoles déployées par les manifestants on pouvait lire, notamment : "Jugez les pachas de la torture". Les officiers supérieurs de police s’appellent familièrement "pachas" entre eux. Les banderoles comportaient des noms d’officiers tortionnaires, dont les manifestants demandent le jugement. Sur d’autres banderoles, portant le portrait du ministre de l’Interieur, Habib El-Adly, on pouvait lire : "Démissionnez-le, démissionnez-le".

Habib El-Adly

Les manifestants se sont séparés dans le calme aux cris d’"A bas, A bas Moubarak" et "Gamal (Moubarak, fils cadet du chef de l’Etat, NDLR) dis à ton père que tous les Egyptiens le haïssent". Les manifestants ont scandés aussi des slogans du Mouvement pour le changement "Kefaya" (Assez !), qui demande le départ de Moubarak et des changements politiques et constitutionnels profonds.

Démonstration d’une méthode de torture pratiquée en Egypte

La police a déclenché ces dernières semaines une vague d’interpellations dans les rangs des Frères musulmans, un mouvement interdit, mais toléré, qui constitue la première force d’opposition au régime de M. Moubarak. Environ 1300 membres de ce mouvement islamiste ont été arrêtés, dont 300 sont encore en détention.

Une victime de la torture

Plusieurs organisations internationales de défense des droits de l’Homme accusent la police égyptienne de pratiquer la torture pendant les interrogatoires et dans les prisons. Le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), un organisme gouvernemental, présidé par l’ancien secrétaire général des Nations Unies, Boutros Boutros-Ghali, a reconnu, en mai 2005, que "des violations regrettables contre le droit à la vie" avaient été commises, qui avaient conduit "au décès de quelques citoyens, vraisemblablement sous l’effet de la torture". Neuf cas de torture ont été recensés par le Conseil national des droits de l’Homme dans son rapport sur l’année 2004 dont des copies ont été remises au président Moubarak et aux présidents de l’Assemblée nationale et du Conseil consultatif (Sénat). Le Conseil national des droits de l’Homme a recensé deux autres cas de "flagrante négligence dans la dispense de soin" ayant conduit à la mort de deux détenus, dont un cadre supérieur des Frères Musulmans.

Agence France Presse

Manifestation des Frères musulmans, au Caire, le 6 mai 2005

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