retour article original

mercredi 22 février 2017
Vous êtes ici Accueil Archives Archives Etats-Unis (7ème partie) : De janvier 2005 à décembre (...)
AFP, 27 juin 2005

Etats-Unis : La Cour suprême rejette l’appel de reporters voulant protéger leurs sources


WASHINGTON (AFP) - La Cour suprême des Etats-Unis a refusé, lundi 27 juin 2005, de se saisir de l’affaire de deux journalistes du New York Times et de Time Magazine qui risquent dès à présent la prison pour avoir refusé de révéler leurs sources dans une enquête touchant la Maison Blanche.


La Cour suprême des Etats-Unis était le dernier recours des deux journalistes, alors qu’une cour d’appel fédérale américaine avait confirmé, en avril 2005, la condamnation des deux journalistes américains, Judith Miller (New York Times) et Matthew Cooper (Time Magazine), à 18 mois d’emprisonnement, s’ils persistent à refuser de témoigner devant un tribunal.

L’affaire va désormais retourner devant la cour fédérale de Washington qui va décider si elle condamne les deux journalistes à purger leur peine. Selon le New York Times sur son site web, le procureur Patrick Fitzgerald devrait demander que Judith Miller et Matthew Cooper soient envoyés en prison immédiatement. Les avocats des journalistes devraient demander que le juge repousse sa décision et proposer que leurs clients purgent leur peine à domicile, d’après le quotidien.

La cour d’appel fédérale avait estimé que Judith Miller et Matthew Cooper, commettaient un outrage au tribunal en refusant de coopérer avec la justice et qu’il n’existait pas de "privilège découlant du premier amendement (de la Constitution, garantissant la liberté de la presse) qui protège les éléments recherchés" dans l’enquête. Elle s’était appuyée sur une décision de la Cour Suprême de 1972, selon laquelle la protection de la presse garantie par la Constitution ne s’applique pas aux journalistes dont le témoignage pourrait s’avérer essentiel pour des cas criminels.

La Cour suprême des Etats-Unis n’a pas soutenu la demande des journalistes de créer, pour la première fois, un droit des journalistes à ne pas être forcés à révéler au gouvernement leurs sources. "Nous ne réclamons pas un privilège extraordinaire", avait argumenté Matthew Cooper, "seulement l’équivalent de la clause de confidentialité qui est accordée aux psychiatres et au clergé parce que sans ça, on ne peut pas travailler".

L’enquête, dans laquelle ces deux journalistes sont appelés à révéler leurs sources, cherche à déterminer si un responsable de la Maison Blanche a divulgué à la presse l’appartenance à la CIA de Valerie Plame, épouse d’un ancien ambassadeur, Joseph Wilson. Révéler l’identité d’un membre de la CIA est un acte criminel aux Etats-Unis. Selon M. Wilson, cette fuite avait pour but de le punir pour avoir publiquement mis en doute, en juillet 2003 dans le New York Times, les arguments du président George W. Bush affirmant que Saddam Hussein avait cherché à obtenir de l’uranium au Niger. Mme Miller n’a jamais rien écrit sur l’affaire, mais elle avait mené des entretiens dans cet objectif, alors que M. Cooper a publié un article dans Time.

Judith Miller s’est dite "extrêmement déçue" par la décision de la Cour suprême. "Les journalistes ne peuvent pas faire leur travail sans pouvoir s’engager auprès de leurs sources qu’elles ne seront pas identifiées. Une telle protection est cruciale pour la liberté de la presse dans une démocratie", a-t-elle dit dans un communiqué. Le propriétaire du New York Times, Arthur Sulzberger, a estimé de son côté qu’il était "choquant" que "Judy risque d’aller en prison" parce qu’elle veut protéger ses sources.

L’organisation Reporters sans Frontières a dénoncé pour sa part une décision "rétrograde et liberticide" et appelé "la justice américaine à dispenser les deux journalistes de purger leur peine". L’organisation a aussi appelé le Congrès américain "à voter au plus vite les propositions de loi, présentées parallèlement au Sénat et à la Chambre des représentants, en février 2005, qui reconnaissent aux journalistes le privilège du secret des sources".

Agence France Presse

Si vous souhaitez soutenir l’activité du site web interet-general.info, vos dons sont les bienvenus sur le compte de la Banque cantonale de Genève No Z 3267.34.01 Clearing bancaire (CB) : 788 IBAN CH48 0078 8001 Z326 7340 1

Compte de chèque postal : 12-1-2

Veuillez libeller les chèques au nom de : interet-general.info

Accueil

éditeur : Frank Brunner | ouverture : 11 novembre 2000 | reproduction autorisée en citant la source