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AFP, 3 juillet 2005

Algérie : Abdelaziz Bouteflika dénonce des "laudateurs" d’un "terrorisme crapuleux"


Scène du massacre de Sétif, le 8 mai 1945

Le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, a dénoncé, dimanche 3 juillet, des "laudateurs d’un terrorisme (...) crapuleux", à propos de la loi française du 23 février 2005 "glorifiant le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord".

Algérie


"C’est avec le plus grand mépris que nous observons les perversions de l’histoire auxquelles se livrent depuis quelque temps les nostalgiques d’une Algérie colonisée et les laudateurs d’un terrorisme aussi crapuleux que celui que nous venons de vivre au cours de cette dernière décennie". M. Bouteflika, également ministre de la Défense, dont les propos sont rapportés par l’agence algérienne APS, faisait référence aux dix années de violences islamistes (1992-2002) qu’a vécues l’Algérie. Ces violences qui se poursuivent encore sporadiquement, ont fait plus de 150000 morts, selon un bilan officiel. Il s’exprimait à l’occasion d’une remise de grades à plusieurs officiers supérieurs de l’armée à la veille de la célébration de la fête de l’indépendance, le 5 juillet 2005.

Scène du massacre de Sétif, le 8 mai 1945

"Au moment où nous fêtons notre indépendance au prix d’une lutte qui a fait frémir tous les peuples du monde, nous tenons à dire que nous avons acquis suffisamment de maturité dans cette lutte et dans notre combat contre le terrorisme pour savoir accueillir avec sang-froid ces tentatives pitoyables de falsification de l’histoire", a encore affirmé M. Bouteflika. Il a estimé que "trouver des aspects positifs à un colonialisme dont les méfaits se font encore sentir dans toutes les régions qui ont eu à le subir relèverait du ridicule s’il ne s’agissait pas, en fait, de l’immense tragédie à laquelle ont été condamnés des peuples peu soucieux de la civilisation qu’on prétendait leur imposer".

Scène du massacre de Sétif, le 8 mai 1945

La loi française "portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés" prévoit que les programmes scolaires français "reconnaissent (...) et accordent à l’histoire et aux sacrifices des combattants de l’armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit". Samedi 2 juillet 2005, M. Bouteflika avait affirmé que cette loi était "loin d’être innocente", lors d’un discours à un colloque international sur l’Armée de libération nationale (ALN) durant la guerre d’indépendance (1954-1962). "Comment un parlement peut glorifier une présence coloniale coupable de massacres contre un peuple en entier, et prétendre que cette présence a rendu service aux peuples colonisés ?", s’était-il demandé.

Scène du massacre de Sétif, le 8 mai 1945

M. Bouteflika avait déjà affirmé, mercredi 29 juin 2005, dans un discours, à Tlemcen, que cette loi constituait "une cécité mentale" proche du "révisionnisme". Il est "difficile de ne pas être révolté" par cette loi qui "représente une cécité mentale confinant au négationnisme et au révisionnisme", avait-il clamé à Tlemcen.

Scène du massacre de Sétif, le 8 mai 1945

En Algérie, des partis politiques ont condamné cette loi, estimant qu’elle "glorifiait" la colonisation. Le Front de libération nationale (FLN, ex-parti unique), majoritaire à l’Assemblée nationale a estimé qu’elle "consacre une vision rétrograde de l’histoire". En outre, les deux chambres du Parlement vont "très prochainement" adopter une résolution dénonçant cette loi, avait annoncé, le 16 juin 2005, le président de l’Assemblée nationale Amar Saadani.

Scène du massacre de Sétif, le 8 mai 1945

Début mai 2005, une autre polémique avait éclaté lors de la commémoration de la répression, par les forces françaises, de manifestations en mai 1945 dans l’est algérien. Le président Bouteflika avait alors comparé aux "fours crématoires des nazis" les fours à chaux ayant servi à incinérer des cadavres de personnes tuées lors de la répression de manifestations à Guelma (est).

Scène du massacre de Sétif, le 8 mai 1945

Le député Lionnel Luca, de la majorité parlementaire UMP, a réclamé, vendredi 1er juillet 2005, des "excuses" de la part de M. Bouteflika jugeant "particulièrement insupportables" ses propos sur cette loi.

Agence France Presse

Scène du massacre de Sétif, le 8 mai 1945

Scène du massacre de Sétif, le 8 mai 1945

Scène du massacre de Sétif, le 8 mai 1945

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